Leur ascension est impressionnante et les résultats ne se sont pas fait attendre. Alexandra FRANCART et Volnay du Boisdeville font une entrée plus que remarquée en équipe de France et imposent leur style avec une victoire dans la Coupe des Nations du CSIO 5* de Saint-Gall. Rencontre sur cette talentueuse préparatrice de grands chevaux…

On vous voit gravir les échelons avec Volnay du Boisdeville, depuis quand l’avez-vous ?

« Volnay est né à quelques kilomètres de mes écuries, en Champagne Ardenne (08). Son naisseur propriétaire Hubert HOSTEAU est un ami de longue date et c’est donc naturellement que le cheval a débuté sa carrière sportive à la maison. C’est un cheval qui a été débuté par mon ancien cavalier jeunes chevaux, Sofian MISRAOUI. Il a très vite démontré un très gros potentiel ! On a organisé sa vie au fur et à mesure pour essayer d’accéder à ce qu’il est en train de faire à l’heure actuelle. »

Avez-vous toujours senti que c’était un futur cheval de CSI 5* ?

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« La première barre que j’ai sautée avec il y a maintenant trois ans, qui devait faire un mètre, je me suis arrêtée à la réception et me suis dit : « Wahou ! C’est lui le grand cheval qui me ramènera à haut niveau ». Cependant attention, il a toujours démontré de très grandes choses, il n’arrive pas de nulle part ! Toutes les échéances dans lesquelles nous l’avons mis, il a toujours brillé, à n’importe quel âge : dans les premiers du championnat des trois ans, Elite à quatre ans, Elite à cinq ans, deuxième du championnat des sept ans, obtient le meilleur indice de sa génération à huit ans… Sa victoire aujourd’hui n’est pas un hasard !

alexandra francart csio la baule
© Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Mais entre mes premiers sauts avec où il m’a montré qu’il était un très très grand cheval, et une victoire en CSIO 5*, il y avait quand même un fossé et quelques inconnues. Sa vie a été organisée autour de son ascension vers le haut niveau et nous en sommes aujourd’hui récompensés. Il crève l’écran depuis le CSIO 5* de La Baule et beaucoup sont impressionnés, mais pas nous finalement puisqu’on savait que c’était un cheval extraordinaire ! »

En temps que préparatrice de chevaux, quelle sensation ressentez-vous quand vous montez dessus, lui qui a tant de qualités ?

« C’est très excitant, c’est vraiment super ! On a quand même une certaine pression de vouloir préparer le cheval au plus juste, mais c’est finalement pareil pour tout le monde. C’est compliqué de préparer au mieux un cheval, il faut prendre en compte énormément de paramètres même si on a la chance d’avoir en France un circuit de préparation pour les sept ans qui est exceptionnel. L’année de huit ans est par contre plus difficile : il a fallu le lancer dans le grand bain, sans en demander trop, en essayant de le faire monter en grade au fur et à mesure… C’est ça qui est un peu difficile à définir, mais le cheval est tellement bon ! »

Quel est son caractère ?

« Il est vraiment sympa, en plus d’être très canon ! Il fait la monte en parallèle de sa carrière sportive mais il n’est pas chaud, il est très intelligent, très volontaire… Dès qu’on le met devant une difficulté, il essaie de la résoudre de manière incroyable. Il est vraiment très facile à vivre. Il est parfait ! »

Pour en revenir à Saint-Gall, vous saviez que vous courriez la Coupe des Nations ?

« Non pas forcément, mais j’avais, sans prétention, des projets derrière la tête depuis quelques temps et cela se réalise. Il s’est d’abord aguerri sur trois Grands Prix de niveau CSI 3* où j’ai commencé à appeler Philippe GUERDAT, le sélectionneur de l’équipe de France, en lui disant que j’avais un très bon cheval et que je me sentais prête, j’étais prête à me lancer dans le grand bain ! Le CSIO 5* de La Baule il y a quelques semaines n’était pas prévu à la base, et suite à cette compétition qui s’est bien passée, il a commencé à me faire un programme. On avance concours après concours. »

Quel est votre sentiment après cette victoire ?

« Je n’ai pas porté la veste de l’équipe de France depuis 2009. C’est toujours très agréable je vous l’accorde. J’avais à cœur que tout se passe bien, que mon cheval se comporte bien, qu’on soit tous les deux à la hauteur. J’avais un peu de pression car le cheval n’a que neuf ans et n’est donc encore pas aguerri à 100%, il fallait savoir si on allait être à la hauteur. Et finalement nous avons gagné, en alignant tous que des sans-faute donc la victoire est encore plus belle, tous les scores ont compté. Quand on porte la veste bleue, on n’y va pas pour enfiler des perles. Maintenant on était une équipe nouvelle et donc pas favorite mais l’équipe était vraiment chouette avec des chevaux très réguliers, des cavaliers qui vont bien et une super entente ! C’était vraiment sympa ! »

alexandra francart QUELSTAR DU VIC BILH
Alexandra FRANCART et Quelstar du Vic Bilh en 2015 © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Vous avez eu de très bons chevaux auparavant, qui ont été vendus. Ce cheval est-il sécurisé pour vous ?

« On n’en est pas encore là. Volnay nous fait vivre de magnifiques aventures actuellement et nous statuons dans ce sens là pour le moment. Je n’ai que lui pour faire ce genre d’épreuves, c’est donc lui qui va nous donner le tempo pour la suite de son programme. J’aurai certainement Philippe GUERDAT au téléphone la semaine prochaine, donc j’attends, comme tout le monde. »

Avez-vous des chevaux qui arrivent derrière ?

« Du calibre de Volnay, non… Le haut niveau c’est vraiment sympathique, il n’y a rien à dire, mais je reste consciente qu’à l’heure actuellement je n’ai qu’un seul cheval de CSI 5*. Donc quand on saute ces échéances, on se fait extrêmement plaisir et ça nous prouve qu’on a misé sur le bon cheval, mais on ne fait pas de plans sur la comète pour le moment. Mon écurie s’articule autour de beaucoup de choses, on vend beaucoup de chevaux, on fait beaucoup de concours par an, on accueille aussi des élèves cavaliers qu’on forme, on fait pas mal de choses… »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL.