Découverte aujourd’hui d’un cavalier qui s’est ouvert les portes du haut niveau cette année avec sa Umbrella Messipierre. Alexandre CUISINIER, origine de Bourgogne, s’est emparé du titre de champion de France jeunes cavaliers il y a quelques semaines. Une performance qui lui ouvre les portes du CSI U25 de Göteborg, qui se déroulera en même temps que les championnats d’Europe seniors, du 23 au 27 août prochain. Rencontre !

Tout d’abord, présente toi. D’où viens-tu ? As-tu toujours monté à cheval ? Tes parents sont-t-ils issus de ce monde ?

« Je me présente, Alexandre CUISINIER, je suis jeune cavalier première année, âgé de dix neuf ans. Je suis né à Dijon, en Bourgogne, et y réside toujours. Mes parents m’ont fait découvrir l’équitation dès l’âge de trois ans. Ils s’étaient rencontrés grâce au cheval, lorsqu’ils pratiquaient encore tous deux ce loisir. J’ai quasiment toujours fait partie des écuries de Champmoron, sous la coupe de Jean-Yves LEGATE. »

Quelles études fais-tu ? Tu as des horaires aménagés ? Veux-tu te professionnaliser dans le monde du cheval ?

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« Je vais passer en 2018 le bac S. Je n’ai aucun horaire aménagé, mais cela ne m’empêche pas de monter à cheval. J’aimerais me professionnaliser petit à petit, et cherche à me faire confier des chevaux, qui viendront épauler ma fidèle Umbrella Messipierre… »

Es-tu passé par le circuit poney ?

« Je ne suis pas du tout passé par le circuit poney. J’ai eu ma première jument à huit ans, Nana de Bourgogne. Nous formions un super duo, passant des épreuves club aux Grands Prix 1.15m amateur, dont un titre de champion de France en 2008 à l’âge de dix ans. Réole avait pris la relève en m’emmenant jusqu’aux 1.35m. Umbrella a été notre dernière acquisition, et quel bonheur… »

Parles nous de ton piquet de chevaux.

« Cela fait maintenant deux saisons que je me consacre pleinement à Umbrella, qui est devenue ma seule monture. Nous avons progressé ensemble, nous nous connaissons par cœur. Nous l’avions acheté à l’âge de six ans chez Benoit CERNIN, avec aucune expérience. Nous avions débuté doucement sur les cycles libres six ans, et avions gagné le CIR de Cluny dans cette catégorie. L’année d’après, nous terminions quatrièmes du CIR de Mâcon dans les sept ans, et avions classé le Grand Prix du CSI YH d’Equita Lyon. L’année passée, nous classions régulièrement en 1.35m/1.40m et nos premières 1.45m, avec une sixième place au championnat de France Junior. Cette année, nous nous sommes endurcis sur les GP 1.45m en CSI 2*, avec des classements au CSIO Jeunes Cavaliers d’Opglabbeek en Belgique. Beaucoup de patience, de travail, de soins, qui nous ont permis de décrocher le titre de champions de France Jeunes Cavaliers… »

Comment as tu préparé les championnats de France ?

« Ma préparation pour les Championnats s’est basée sur la complicité avec ma jument. Nous avions fait deux concours, en baissant de pieds (1.30m/1.35m/1.40m), permettant de se mettre en confiance avant d’aborder une telle échéance, même si tout ne s’était pas déroulé comme je l’aurais souhaité… Durant deux semaines avant le départ, j’allais m’occuper d’Umbrella deux fois par jour, matins et soirs, alternant promenades, trottings et travail sur le plat. Tous les matins après sa sortie, j’avais pour petit rituel de lui faire une bouillie de son mouillé avec quelques pommes, pouvant en faire rire certains… Mais cette complicité, je le pense, a été très bénéfique. »

Parle nous du championnat.

« Durant les championnats de France, je n’ai rien changé, promenade le matin, et épreuve l’après-midi. Nous partions entre amis en promenade durant une heure environ. On était entre six et dix cavaliers, cela dépendait des jours, mais c’était vraiment sympa et convivial. Je me suis même défoulé avec Umbrella en allant galoper dans les prés ; le moral de ma jument était très important pour moi, et cela n’allait pas la dégrader en piste. Nous avions dans la chasse à 1.45m un double d’oxers en avant-dernier, et nous avions malheureusement fait tomber ces deux barres, nous plaçant à la treizième place des championnats. Cependant, nous avons signé le seul sans-faute, et dans le temps, de la deuxième étape à 1.50m, où nous avons pris la tête. En attente de la finale, j’ai profité de moments festifs avec mes amis, permettant de faire redescendre la pression qui commençait à monter. Mes amis sont également très importants à mes yeux, j’adore passer mon temps à leurs côtés, on s’amuse, ils me soutiennent, c’est nécessaire. Je passais donc en dernier dans cette dernière 1.50m. Nous avons fait tomber le dernier vertical de la première manche, mais nous étions toujours en tête. Ce championnat était interminable… Pendant la deuxième manche, j’ai su, avant de m’élancer sur le numéro un, que j’avais le droit à une barre et du temps dépassé pour gagner. J’ai alors caressé ma jument en espérant ne pas faire huit points.. Après l’avant dernier obstacle, j’étais toujours sans-faute, mais dans le feu de l’action, je ne me souvenais plus : avais-je le droit à une faute ..? J’ai alors aidé ma jument dans son dernier effort, pour signer un nouveau sans-faute… Le comportement de ma jument fut incroyable, différent des précédents concours ; je n’avais jamais ressenti cette envie au-dessus des barres, elle volait, elle me donnait tout. C’est une jument incroyable : un style particulier, un vrai caractère de jument, des moyens, mais surtout un grand cœur…! Je me suis alors dit que j’avais eu raison de passer autant de temps auprès de ma jument : aimez votre cheval, il vous le rendra. »

Qu’elle sensation cela fait-il de passer la ligne d’arrivée victorieux ?

« Après la ligne d’arrivée, ma première réaction a été de lever le point en l’air, le sourire jusqu’aux oreilles, en écoutant les applaudissements du public. J’ai caressé ma jument jusqu’à la sortie du terrain… Ma famille, mon coach, mes ami(e)s, des connaissances, sont venus me féliciter. Je n’oublierai jamais ce moment rempli d’émotions. Nous étions nombreux à verser notre larme de joie, même des ami(e)s encore à cheval… C’était magique, de voir tous ces sourires sur les visages, et de voir que nous touchions beaucoup de personnes avec cette performance…! »

Quels sont tes prochains objectifs ?

« Pour la suite, j’aimerais être de plus en plus intégré au groupe de Jeunes Cavaliers, participer à des CSI 3*, 2*, U25 et CSIO. Thierry POMEL m’a proposé de concourir le CSI U25 (1.45m/1.45m/1.50m) de Göteborg en Suède, durant les championnats d’Europe Séniors, puisqu’il avait la possibilité de sélectionner deux jeunes Français. Ce sera donc notre prochaine destination, qui va nous permettre de prendre encore beaucoup d’expérience, en parcourant de belles épreuves, et en observant les grands cavaliers. Chaque année, j’ai également une réelle motivation pour performer au CSI d’Equita Lyon. D’autre part, je recherche des chevaux à confier, à valoriser pour la vente, ce qui me permettra de progresser davantage et d’épauler ma jument ! Pour tous ces événements futurs, nous aurons le soutien de mes parents, de mon coach, et aussi de Childéric Sellier, notre nouveau partenaire. »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL.

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