Elle avait ouvert les portes des CSI 5* il y a quelques années avec son Giovani de la Pomme, avant la vente du cheval au Haras des Grillons. Maëlle MARTIN s’est reconstruit un piquet de chevaux pour le plus haut niveau, grâce à l’écurie Chev’el et Olivier SADRAN. Comment fonctionne ce système et quelles sont leurs ambitions ? Rencontre avec la jeune française.

Quel est ton rôle dans l’écurie Chev’el ?

« Comme dans toute écurie qui tend vers le haut niveau, il y a ici un rêve de médaille et de grand sport. Mon rôle est donc, en temps que cavalière de tête, de faire évoluer tout ce système vers les objectifs fixés. L’idée est que je sois aussi présente au quotidien pour les filles d’Olivier SADRAN, Jeanne et Louise. Nous avons un entraineur, mais il n’est pas avec nous en permanence, donc je fais le relais entre lui et toute l’équipe que nous avons aux écuries pour tirer tout le monde vers le haut. Je forme aussi des chevaux dans le but de les amener le plus haut possible dans le sport, sans aucun but commercial derrière. Olivier est assez attaché au circuit du Longines Global Champions Tour, vers lequel nous nous orienterons tous ensemble l’année prochaine, avec ses filles mais aussi avec Nina MALLEVAEY et Mathis BURNOUF. »

Vous formez une équipe très jeune ! Est-ce un choix stratégique ?

Publicité

« C’est effectivement le projet d’Olivier, de débuter l’écurie Chev’el autour d’une équipe de jeunes auxquels il donne toutes les clés nécessaires pour une ascension vers le haut niveau équestre. L’équipe est naturellement jeune puisque ses deux filles le sont aussi. Nous nous tirons tous vers le haut, travaillons tous les jours pour le même objectif, nous suivons sur tous les concours jusqu’en sortie de piste. C’est très agréable de se sentir tous ensemble, soudés. Le travail est fait dans la bonne humeur et le professionnalisme, nous sommes confiants pour l’avenir. »

On voit que tu es toute proche d’un retour à haut niveau, peux-tu nous parler de tes deux chevaux de tête ?

« Come On Jumper et Kosmo van hof ter Boone sont mes deux chevaux de tête, âgés de neuf ans. Je monte le premier depuis un an maintenant, le deuxième est arrivé dans les écuries en juillet dernier. Ce sont deux chevaux qui ont un énorme potentiel. L’idée était de leur laisser le temps de se former l’an passé, en sautant occasionnellement quelques belles épreuves. Après un bon hiver de repos, nous avons débuté cette saison à Oliva puis Gorla Minore pour les remettre tranquillement dans le bain des concours. Le but est qu’à dix ans, ils soient prêts mentalement et physiquement pour sauter les CSI 5*.

Ce sont deux chevaux totalement différents mais ils ont tout les deux de gros moyens. Ils sont intelligents, et respectueux ; ce sont deux chevaux de sport par excellence. Je suis vraiment ravie, au point où je ne sais même pas qui mettre dans le Grand Prix quand j’ai les deux sur le même concours ! On essaie de ne pas en faire trop pour les préserver, mais en même temps de ne pas en faire trop peu pour qu’ils continuent à prendre de l’expérience. »

Deux chevaux de grande qualité, c’est une grande chance. Mais on sait que cela ne suffit pas si on veut être performant toute une saison sur le circuit du LGCT. Avez-vous d’autres chevaux en devenir ?

« Nous avons de très bons jeunes chevaux, notamment trois qui sont vraiment chouettes et que nous formons petit à petit. On va déjà prendre le temps avec mes deux chevaux de tête, Olivier ne me met aucune pression et nous avons des objectifs en tête mais nous écoutons avant tout nos chevaux. Ce sont eux qui vont dicter les prochains mois. Mais ne vous inquiétez pas, il y a encore quelques bonnes cartouches aux écuries ! »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL. Photo à la Une : Eloise DURAND / Jumping Bourg