Grand passionné du monde équestre, Georges Edmond NGAN SASSI vit auprès des chevaux depuis son plus jeune âge. Nous avons tenté d’en savoir plus sur le Champion de France des Jeunes Cavaliers 2011, âgé désormais de vingt-huit ans et basé en Meurthe-et-Moselle.

Comment la passion de l’équitation est-elle venue ?

« La passion est née grâce à mes parents. Habitants auparavant en ville, ils ont eu l’opportunité de prendre le large dans une ferme rurale avec du terrain. Ma mère étant attirée par les chevaux, nous avons accueilli notre toute première jument pur-sang anglais à la maison. De fil en aiguille, ma sœur et moi avons commencé à nous tourner vers le monde équestre en prenant des leçons dans un centre à proximité. A l’origine, je rêvais d’être jockey. J’aimais la course et la vitesse. Mais entre temps, j’ai mangé beaucoup trop d’épinards (rires). »

Quel a été l’élément déclencheur pour que tu te consacres à ta passion et au haut niveau ?

« Mes parents m’ont toujours soutenu, que ce soit au quotidien ou dans ma vie de cavalier. Au delà de l’aspect financier, c’est une passion extrêmement chronophage qui demande beaucoup d’organisation. J’ai eu la chance d’avoir des parents présents qui ont su me donner l’élan nécessaire pour démarrer. Évidemment, les chevaux que j’ai eu sous la selle ont été de vrais guides vers le haut niveau et l’enthousiasme de la compétition. »

Dès les épreuves benjamines, tu étais très compétitif. comment t’organisais-tu durant cette période ?

« En premier lieu, la confiance des personnes qui m’ont permis de monter des chevaux de choix, est un paramètre essentiel. A l’époque, ni moi ni mes parents, n’avions un recul et les connaissances suffisantes dans le milieu. C’est pourquoi je dois beaucoup à Guy MORTIN, propriétaire de l’élevage de Lusse (88), car il m’a permis de me lancer avec Kalif de Lusse à ses cinq ans. Avec lui, j’ai concouru des épreuves benjamines aux épreuves Jeunes Cavaliers. J’ai notamment pu remporter les championnats cadets, juniors et être vice-Champion de France pro 2. Par la suite, il y a eu Othello de Lusse que j’ai eu à la fin de ces quatre ans et qui m’a porté vers la victoire durant la Grande Semaine de Fontainebleau dans l’épreuve vitesse des six ans et, quelques années plus tard, il m’a offert le Championnat de France Jeunes Cavaliers. J’étais comblé. Enfin, j’ai rencontré Marcel DELESTRE quand je courrais dans les cadets et ses conseils m’ont fait avancer car il m’a toujours laissé libre expression dans mon équitation. »

Tu as également monté quelques années à l’élevage des blés, comment cela s’est-il déroulé ?

« J’ai effectivement eu l’opportunité de rencontrer très tôt Liliane FROMER. A l’âge de onze ans j’y allais pour un stage d’été, à douze ans je quittais le foyer familial pour m’installer dans son élevage. Une belle opportunité, dans laquelle mes parents m’ont encouragé, mais ce n’était pas évident de partir si jeune de chez soi. Durant trois années aux côtés de Liliane, j’ai acquis beaucoup d’expérience en concours, majoritairement sur les territoires allemands et helvètes. J’ai également pu bénéficier de l’appui technique de plusieurs cavaliers allemands dont Richard BAHYA, cinq fois vainqueur de la Volvo Cup. »

Parmi tes chevaux à l’écurie, est-ce que tu fondes de l’espoir en certains ?

« Oui tout à fait, j’ai la chance d’avoir un système avec de bons chevaux et des personnes de confiance autour de moi, que ce soit les éleveurs, les partenaires ou les personnes de mon entourage quotidien. Mon équipe est présente pour assurer l’avenir. Oui, bien sûr. J’ai de très bons jeunes chevaux en formation avec pour la plupart des souches maternelles ayant fait des épreuves cinq étoiles. Notamment une très bonne jument de sept ans par Diamant de Semilly avec la souche d’Electra van’t Roosakker. J’ai également une jument de six ans qui est la soeur utérine de Venezia d’Écaussines. Par ailleurs, cette mère a déjà produit quatre autres chevaux parcourant les concours cinq étoiles. Ensuite, il y a quelques autres très bons chevaux mais qui restent assez verts dans le travail. Néanmoins, je suis certain que l’avenir fera parler d’eux. »

Avec l’impact du confinement, comment vois-tu l’avenir des jeunes chevaux ? 

« L’avenir semble assez flou pour le moment mais je ne doute pas que la vie équestre reprenne son cours là où nous l’avons laissé. Pour ma part, cela m’a permis de rattraper le retard de certains et d’en faire souffler d’autres. J’ai la chance de ne pas avoir de pression en ce qui concerne la formation des jeunes chevaux car la plupart sont des chevaux d’avenir et le tout est de leur apprendre leur métier dans les meilleures conditions qui soient. »

Lorsque tu pourras retourner en piste, quels seront tes objectifs ?

« Actuellement, je n’ai pas un piquet très étoffé de chevaux expérimentés donc sportivement parlant, je n’ai pas d’objectif particulier. Cependant, pour les jeunes chevaux, mon but est de les conduire vers de bons tours d’apprentissage pour qu’ils puissent arriver préparés dans les plus belles maisons possibles. »

Propos recueillis par Liza JONES. Photo à la une : Gaëlle REINHARD