Après un premier volet (à retrouver ici) dans lequel Lisa MÄDER nous a présenté le fonctionnement du stud-book Holstein, découvrez dans cette seconde partie son avis sur le Salon des Étalons de sport de Saint-Lô, mais aussi sur les jeunes étalons du stud-book Selle Français…

La France était le premier pays étranger dans lequel vous présentiez vos étalons phares lors d’un salon. Pourquoi avoir choisi celui-ci ?

« Nous avons tout de même déjà participé à des événements à l’étranger avec nos étalons, mais plutôt dans le voisinage proche du Schleswig-Holstein, comme en Suède, au Danemark et un petit peu en Hollande. Ce n’était pas forcément en grande pompe non plus. Le choix du Salon des Étalons de sport de Saint-Lô revient à quelques années en arrière, lorsque la France était le premier pays à pouvoir bénéficier de la semence de Casall pour des juments n’appartenant pas au stud-book Holstein. Cela a d’ailleurs beaucoup fait râler en Allemagne, car là-bas les éleveurs des autres stud-books n’y avaient pas droit. Venir au salon de Saint-Lô était donc un peu dans la continuité de cela, et nous avons choisi de le faire parce que le marché français est un marché qui, en terme de nombre d’élevages, de juments, et de clients, est propice.

Et puis surtout, historiquement, il y a tellement d’exemples qui prouvent que les lignées françaises et les lignées allemandes s’associent bien, que nous pensons que c’est une bonne chose. On peut voir des étalons qui sont à la base issus du Holstein et qui font un travail formidable ici en France en tant que reproducteurs, que ce soit Contendro I (Contender x Reichsgraf) par exemple, ou Canturo (Cantus x Calando I), ou bien d’autres encore. Et puis nous achetons des chevaux français, donc nous pensions que c’était une bonne idée. »

Comment la venue des étalons à Saint-Lô a-t-elle été organisée ?

« Cela faisait un an et demi que je travaillais sur le fait que l’on puisse venir à Saint-Lô parce que les Allemands ne connaissaient pas du tout le Salon et son principe. Ils venaient aux approbations en France, parfois à la Grande Semaine de Fontainebleau, donc à des événements qui étaient bien connus ; mais le concept de salon des étalons au sens propre n’était pas quelque chose qui leur parlait plus que cela. Je leur ai dit que c’était une opportunité à saisir, qu’il fallait que nous venions avec les chevaux, que nous le tentions au moins une fois, et que nous verrions bien ce que cela donnerait en retombées. En effet, c’est quand même un investissement financier conséquent de venir avec trois étalons. »

Comment avez-vous choisi les trois étalons que vous avez présentés ?

« Cela me tenait vraiment à cœur de présenter Clarimo aux éleveurs français, parce que je pense que c’est un cheval qui a beaucoup à apporter à la jumenterie française. En plus, les gens ne se rendent pas compte sans le voir en vrai de son modèle. Certains sont venus me voir pour me dire qu’ils le pensaient un peu costaud, alors qu’il est très sport et qu’il sait bouger, et même très bien ! Je voulais que les gens qui n’ont pas l’habitude de voir ces chevaux-là sans cavalier se rendent compte de cela, et le pari a été assez réussi.

Concernant Connor (Casall x Cor de la Bryere), il a déjà été stationné en France, alors c’était l’occasion de le montrer : quitte à venir autant l’amener. D’autant qu’il est assez apprécié et qu’il a son petit fan club en France ! Et j’ai tenu à amener le petit dernier, Del Arko d’Henvet (Tsunami de Hus x Quartz de Frely), parce que je trouve qu’il est juste de donner la possibilité aux Français de bénéficier de leur propre génétique qui marche à l’étranger. Del Arko n’est peut-être pas issu du croisement le plus commercial qui soit à la base, puisque la lignée maternelle est bonne, mais utiliser Tsunami de Hus (L’Arc de Triomphe x Argentinus) sur une fille de Quartz de Frely (Vidoc x Arlequin) n’est pas ce qui vient à l’esprit en premier.

Par contre, c’est un cheval qui nous a beaucoup plu aux approbations quand on l’a acheté en France. En Allemagne, quand il a gagné son testage sportif à cinq ans, cela lui a fait tellement de pub qu’il a sailli deux-cent-quarante juments dans son année de cinq ans. Et ce sont des saillies achetées plein tarif, ce ne sont pas des saillies offertes pour une offre promotionnelle ou ce genre de choses. Nous pensons que lui aussi peut très bien marcher, et nous voulions au moins le remontrer aux Français, même s’ils ne l’utiliseront peut-être pas pour le moment étant donné qu’ils préfèrent les étalons confirmés. Comme ça, quand il ressortira plus tard, les gens se diront : « Ah, mais oui, on l’avait déjà vu à Saint-Lô en 2019 », il leur restera à l’esprit. »

Qu’avez-vous pensé du Salon des Étalons de sport de Saint-Lô ?

« Le Salon de Saint-Lô est unique en Europe, je pense peut-être même unique au monde tout court ! C’est en fait le seul endroit où vous pouvez avoir tous ces grands étalons de plein de stud-books différents réunis, et que les étalonniers fassent le déplacement. Le fait que bon nombre de grands étalons soient stationnés en France est un plus. Dans la mesure où presque toute la France élève sous la même bannière du Selle Français, alors qu’en Allemagne nous avons des stud-books régionaux, cela rallie tout le monde à la même cause et crée un pôle de passionnés, d’amateurs et de gens de chevaux assez conséquent, qui a amené par exemple à la présence de Big Star (Quick Star x Nimmerdor). Même notre équipe, qui ne connaissait pas le Salon, nous disait « On est dans la même allée qu’Orient Express*HDC (Quick Star x Le Tot de Semilly) ! » Nous sommes assez contents des retombées. »

Il y a également des présentations d’étalons en Allemagne. Sont-elles très différentes de ce que nous pouvons voir à Saint-Lô ?

« Oui, c’est très différent dans la mesure où les shows d’étalons en Allemagne sont soit organisés par des stud-books, qui rassemblent du coup les étalons qui sont approuvés ou stationnés chez eux ; soit et le plus souvent d’ailleurs, par des étalonniers privés. Ceux-ci vont donc présenter leurs étalons, et peut-être ceux de leurs associés s’ils travaillent un peu avec d’autres haras, mais c’est quelque chose de bien différent de ce qui est fait en France. En plus, en Allemagne, tous ces événements-là sont payants, et on monte vite dans des quinze, vingt voire trente euros pour les tickets d’entrée.

Il y a des manières de présenter les chevaux qui varient un petit peu aussi entre les deux pays. Pour le Salon de Saint-Lô, mes collègues m’ont d’ailleurs demandé comment ils devaient présenter nos étalons. Je leur ai répondu que de toute façon, nous étions du Holstein et que nous présentions des chevaux Holsteiners, mais que s’ils pouvaient donner un peu plus d’allant à leurs chevaux pour qu’ils montrent au public qu’ils avaient un peu de caractère et de volonté propre, ce n’était pas de refus. C’est vrai que chez nous, les étalons comme Livello (Limbus x Ahorn Z) par exemple, qui ont tourné pendant des années en CSI 5*, sont présentés en main avec des enrênements, comme les Allemands aiment bien. En France, on a tendance à privilégier le côté un peu plus naturel du cheval, ce que je ne trouve pas forcément déplaisant, et cela se ressent aussi dans la sélection des jeunes étalons.

Les deux côtés ont leurs avantages et inconvénients, mais ce serait bien de trouver un bon mélange des deux. Nous avons essayé de faire au mieux pour que cela puisse plaire aussi aux Français, parce que je pensais que si nous présentions trop à l’allemande, ça ne parlerait pas à l’éleveur d’ici. Mes collègues ont également été très impressionnés par l’organisation, capable de respecter les horaires du début à la fin avec cent quatre-vingt-dix étalons dans le même week-end, et je pense qu’il y a pas mal de bonnes idées à prendre pour améliorer nos présentations d’étalons. »

Jeune Selle Français, Del Arko d’Henvet est très apprécié en Allemagne où il saillit de nombreuses juments © Holsteiner Hengsthaltungs GmbH

Durant le salon, avez-vous repéré de jeunes étalons qui pourraient potentiellement être approuvés au Holstein de par leur intérêt pour votre jumenterie ?

« Le patron (Norbert BOLEY, directeur de l’étalonnage du stud-book, ndlr) vient tous les ans au meeting d’automne à Saint-Lô, donc les jeunes étalons que nous avons vus durant le Salon en février, nous les connaissions déjà. Après, ce qui nous intéresse aussi, c’est de voir la descendance de certains étalons confirmés. Je sais que le patron est très fan d’Eldorado d’Elle (Qlassic Bois Margot x Richebourg). S’il y a bien deux chevaux français qui lui ont tapé dans l’œil ces dernières années, ce sont Eldorado d’Elle et Cher Epoux (Network x Qyou de Longvaut), le premier pour son style à l’obstacle ainsi que sa conformation, et le second surtout pour le côté sang et la génétique car il trouvait ce croisement avec du pur-sang très intéressant.

De là à aller jusqu’à une approbation, je ne sais pas, dans la mesure où la méthode que nous avons au stud-book est de faire tourner les étalons approuvés jeunes localement, pour que les gens les voient, parce que chez nous les éleveurs sont un peu réticents à utiliser des étalons qu’ils n’ont pas vus, surtout quand ils sont jeunes. D’ailleurs, à moins qu’ils ne soient vraiment exceptionnels, nous ne faisons pas courir les Championnats d’Allemagne à nos chevaux de quatre et cinq ans car nous préférons mettre l’accent sur la reproduction et qu’ils fassent uniquement quelques sorties pour s’habituer. Cela nous permet d’avoir un retour sur leur production assez rapidement. Donc, c’est vrai que concernant les chevaux étrangers, nous préférons les acheter pour qu’ils tournent chez nous avec nos cavaliers, afin d’être sûrs qu’ils bénéficient d’une bonne visibilité et qu’ils aient des juments. »

Quelles sont les principales différences que vous avez pu remarquer entre le circuit réservé aux jeunes mâles candidats à l’approbation Selle Français, et celui qui existe dans le Holstein ?

« Je pense que la première différence se situe au niveau de la préparation du cheval, qui n’est pas du tout la même en France qu’en Allemagne en général. Les chevaux allemands sont très manipulés, très musclés. Lorsqu’un cheval allemand est présenté aux qualificatives, il faut presque qu’il soit déjà approuvable parce que sinon il n’a aucune chance, alors qu’en France, il n’y pas forcément cette notion de préparation assez poussée du cheval avant les approbations, le candidat a peut-être un peu plus de chances naturelles d’être approuvé.

Il est vrai qu’en Allemagne, on met aussi beaucoup l’accent sur le standard et l’extérieur, sur une conformation et un look homogènes que l’on retrouve moins dans le Selle Français. En Allemagne, un cheval qui a quelques anomalies ou qui, en termes de modèle, ne répond pas à toutes les attentes, n’a aucune chance. En France, c’est peut-être plus ouvert pour des chevaux hors standard, même en termes de pedigree. Je pense qu’un cheval au pedigree moins commercial aura toujours la chance de s’en sortir via les approbations qui se font par exemple à la Grande Semaine de Fontainebleau. En résumé, il y a un peu moins de pression sur les jeunes chevaux français que sur les jeunes chevaux allemands.

Une chose qui a aussi surpris mes collègues, c’est le fait que dans les catalogues français, il y ait différents statuts ostéo-articulaires. Chez nous, soit c’est excellent ou très bon, soit c’est rédhibitoire pour l’approbation. Les radios sont d’ailleurs l’un des principaux critères de sélection à deux ans et demi. Cela n’enlève cependant rien à la qualité du vivier de jeunes chevaux français qui est indéniable. La principale différence sur l’événement en lui-même des approbations, est que chez nous, en Hollande ou bien encore en Belgique, ce sont des événements qui sont cruciaux d’un point de vue commercial pour la survie des éleveurs et celle des stud-books. »

Des différences existent-elles également sur le circuit des jeunes chevaux, par exemple en ce qui concerne les championnats nationaux qui leur sont réservés ?

« Je pense que les titres de champions nationaux allemands sont aussi prestigieux que ceux obtenus à Fontainebleau pour les chevaux français. Cela est cependant difficile à dire dans la mesure où nous, à l’interne, on ne met pas trop l’accent sur ces championnats de jeunes chevaux. Par contre, il est vrai qu’en France, les chevaux étrangers ont la possibilité de concourir sur le circuit des jeunes chevaux, même s’ils ne courent pas vraiment le championnat de la même façon et qu’ils n’ont pas les mêmes gains. En Allemagne, seuls les chevaux nés et inscrits dans le pays peuvent concourir, ce qui nous complique un petit peu la tâche aussi lorsque nous achetons des chevaux à l’étranger, comme Del Arko ou Million Dollar (Plot Blue x Vigo d’Arsouilles) par exemple, car ce sont des chevaux qui ne peuvent pas concourir sur le circuit classique. Nous leur faisons donc faire par-ci, par-là, des épreuves de jeunes chevaux qui ne sont pas qualificatives pour le Championnat d’Allemagne. C’est à partir de l’âge de six ans que l’on peut réellement mettre l’accent sur le sport pour ces étalons, avec comme objectif le Championnat du monde FEI – WBFSH des jeunes chevaux de saut d’obstacles à Lanaken, comme c’est le cas pour Million Dollar cette année à sept ans. »

Million dollar
Acheté en Belgique par l’étalonnage du stud-book Holstein, Million Dollar pourrait intéresser les éleveurs français © Holsteiner Hengsthaltungs GmbH

Quels sont les reproducteurs de votre stud-book qui sont désormais disponibles en France ?

« Nous avons créé une liste de quatorze étalons en sélectionnant d’abord ceux qui nous semblaient intéressants pour le marché français, et dans un deuxième temps ceux dont nous sommes sûrs d’avoir de la semence qui réponde aux standards d’export. Cependant, théoriquement, tous les étalons vivants du stud-book Holstein sont disponibles pour les Français. Il suffit de demander et puis on peut s’arranger. Tous les étalons n’ont pas de semence stockée en France, car nous voulions voir quelle était la demande, mais dans les étalons que j’ai stockés sur le sol français, il y a déjà Casall et Clarimo, forcément.

Casall est disponible chez nos six partenaires en France (Haras de Semilly, Béligneux Le Haras, Gènes Diffusion, Amelis-Equitechnic, et France Étalons, ndlr) mais je pense que nous avons passé l’époque de la nouveauté avec lui. Pendant trois années, tous les contrats étaient vendus en février alors que maintenant, la demande tend à se stabiliser, notamment parce que tous les premiers qui souhaitaient l’utiliser l’ont fait. C’est un cheval qui maintient seul son nombre de saillies, mais j’avais quand même demandé à ce qu’il vienne à Saint-Lô, ce qui a été refusé par le Conseil d’Administration qui ne voulait pas prendre le risque d’un si long voyage pour le cheval le plus précieux des écuries. Il y a aussi Connor qui est disponible en Insémination Artificielle Réfrigérée Transportée puisqu’il est stationné en Belgique. J’ai de la semence de Uriko (Untouchable x Lavito), de Dinken (Diarado x Cassini I), de Diarado forcément et de Million Dollar aussi, car on commence à avoir de la demande. Tous les autres, je ne les ai pas stockés sur place, mais on peut les envoyer si la demande est là. »

Parmi eux, sur lesquels misez-vous le plus ?

« Je pense qu’un étalon comme Uriko par exemple, qui est un fils d’Untouchable (Hors La Loi II x Heartbreaker) qui marche très bien au niveau national sur 1.50m en Allemagne et qui depuis ses premières générations fait des poulains absolument magnifiques, peut potentiellement plaire. Dès ses premières générations (l’étalon a douze ans, ndlr), nous avons eu un fils champion d’approbation (Unlimited, ndlr), et un fils vice-champion. Il les marque beaucoup, il les fait très étalons.

S‘il y a vraiment un seul étalon à citer parmi ceux sur lesquels nous misons pour la France, Clarimo est mon premier cheval de bataille parce que je pense que de par son profil, il peut vraiment plaire aux éleveurs français. Jusque-là, ce sont des éleveurs avertis qui l’ont utilisé, des gens qui se renseignent beaucoup et qui ont bien fait de le faire. Le Haras d’Ick, par exemple, a vendu un foal de Clarimo (Cillenium DK, ndlr) pour trente mille euros aux ventes Z, donc il est vrai que ce sont des poulains qui sont très recherchés sur le marché. Je crois que quasiment tous les Clarimo qui sont nés l’an dernier étaient déjà réservés avant de naître, donc la demande est là.

Dans les plus jeunes, je pense que mon prochain cheval de bataille en France sera Million Dollar, qui pour le coup n’est pas du tout cent pour cent Holsteiner ! C’est un cheval que nous avons acheté parce qu’il faisait fureur en Belgique et que nous pensons qu’il a énormément à apporter à notre jumenterie. J’étais enchantée quand je l’ai vu, d’observer qu’il n’y avait pas que le papier glacé, mais que derrière il y avait les aptitudes naturelles et le style de saut qui allaient avec. C’est de ce côté-là que je le trouve remarquable parce que des chevaux avec de bons papiers on en voit plein, mais des chevaux qui après concrétisent ça en montrant qu’ils ont le saut dans le sang, et ce de façon naturelle, on en voit beaucoup moins. »

Performant sur 1.50m, Uriko est un étalon très en vue au stud-book Holstein © Holsteiner Hengsthaltungs GmbH

Dans les prochaines années, pensez-vous réitérer l’expérience menée en France dans d’autres pays ?

« Nous l’avons déjà un petit peu fait, car nous avons des agents à l’étranger depuis très longtemps, en Italie par exemple où notre agent représente le stud-book Holstein depuis vingt ans, en Suède aussi où notre référent avait déjà édité un petit catalogue en suédois. Mais ce sont des marchés qui n’ont pas la force d’impact du marché français : ce sont de plus petits pays d’élevage, et pas forcément avec des événements comme le Salon de Saint-Lô. Je sais que nous sommes en discussion pour renouveler éventuellement notre venue à Saint-Lô l’année prochaine, pour voir dans quelle mesure nous pouvons faire quelque chose sur cet évènement-là. Pascal CADIOU était enchanté que nous soyons venus avec des étalons approuvés, donc ce n’est pas impossible que l’on revienne, l’année prochaine, mais nous n’irons pas forcément dans les autres pays. Nous avons commencé à nous exporter vers l’Australie, où nous avons trouvé un agent qui distribue les semences de Casall et Clarimo, donc nous avons quand même une ouverture vers les autres marchés, mais pas toujours avec autant d’investissement. Cela dépend forcément des agents et des gens que nous avons sur place. »

Propos recueillis par Timothée PEQUEGNOT. Photo à la Une : © Chloé BECAERT / Jump’inside