Si Jump’inside vous proposait il y a quelques mois deux articles au sujet de la place des femmes dans les sports équestres (à retrouver ici et ici), Bruno POMART, Georges KUMUCHIAN et Pierre COSTABADIE (photographe sportif connu dans le milieu pour ses photos équestres dont l’interview est à retrouver ici), ont eux mis en avant les femmes dans le sport dans sa généralité, grâce au Salon International du Sport au Féminin.

Ainsi, du 15 au 17 juin derniers, au Parc des Expositions de Paris Versailles, a été organisée la première édition de cet évènement sportif alliant démonstrations, initiations, conférences, dédicaces, et de nombreuses animations valorisant les femmes sportives ! Pendant trois jours, sur une superficie de 7 000m², les visiteurs ont pu découvrir cette salle de sport gigantesque et ses pas moins de 70 exposants. Du cours de zumba à l’initiation au saut à la perche, en passant par le karaté, l’escalade ou bien des disciplines moins connues telles que le double dutch ou le piloxing, et même un simulateur de ski, il y en avait pour tous les goûts.

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Les moins sportifs ont aussi pu trouver leur bonheur grâce aux nombreuses conférences abordant des thèmes centraux, tant au niveau de la place de la femme dans le sport que du monde sportif en général. En effet, les intervenants ont ainsi discuté des Jeux Olympiques de Paris en 2024, du sport et de la maternité, du sport comme vecteur de reconstruction ou bien même encore de la médiatisation de la pratique féminine.

Pour cette première édition, les personnalités auront elles aussi fait le déplacement, puisque parmi les ambassadeurs nous pouvons retrouver les danseurs professionnels Katrina PATCHETT et Maxime DEREYMEZ, les anciennes Miss France Flora COQUEREL et Elodie GOSSUIN ou bien encore les athlètes Youna DUFOURNET et Priscilla GNETO pour ne citer qu’elles.

Outre les nombreux essais à de nouveaux sports, l’équipe de Jump’inside a eu la chance de rencontrer l’incontournable Laure MANAUDOU, nageuse multi médaillée lors des Jeux Olympiques, championnats du monde, d’Europe et nationaux. L’athlète a eu la gentillesse de se confier à nous, et de partager ses impressions non seulement sur ce salon et la médiatisation des femmes dans le sport, mais aussi de l’équitation.

Pourquoi avez-vous accepté de venir à ce salon ?

« Je représente la marque DIM Sport, ça fait maintenant six mois et la campagne se fait avec mon petit frère (Florent, ndlr), et comme là c’est le sport féminin je suis venue toute seule. On s’est fait confiance mutuellement avec DIM parce que c’est une marque que tout le monde connaît, populaire, qui est abordable et qui est hyper confortable. On a l’impression qu’on pourrait faire du sport toute la journée avec leurs produits, rien ne gratte ou ne fait mal. C’est une très belle collection donc je suis contente d’être associée à cette marque. Pour moi c’est aussi évidemment important d’être ici parce qu’on associe souvent le sport aux hommes et pouvoir le développer au niveau féminin est important. On a le droit d’en faire autant que les hommes.« 

Que pensez-vous du fait qu’il soit nécessaire en France d’avoir une championne nationale dans un sport féminin, pour qu’il soit médiatisé ?

« Je pense que c’est un état d’esprit qui est présent depuis longtemps maintenant, malheureusement pour la natation en ce moment c’est un peu bas et on n’entend plus trop parler des épreuves de natation féminines. C’est vrai que c’est dommage de devoir attendre qu’il y ait une sportive médaillée championne olympique pour pouvoir médiatiser le sport en question ! Il y a plein de sports, certains qui ne sont pas connus du tout et qui méritent de l’être, c’est dommage de voir que le sport féminin n’est pas au même niveau que le sport masculin ! »

Pensez-vous qu’à l’inverse le sport peut aider à l’égalité entre hommes et femmes ?

« Dans certains sports c’est possible, comme l’équitation, mais après l’homme est plus puissant donc je pense que niveau égalité c’est compliqué. Même en athlétisme, en basket, dans beaucoup de sports, il y a quand même une différence physique qui fait qu’on ne peut pas mettre l’homme et la femme au même niveau de performances, mais ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas les mettre au même niveau de reconnaissance, en fait. »

Serait-il possible de faire des épreuves mixtes en imposant un handicap supplémentaire de poids pour les hommes, comme on peut le voir dans certains sports pour les personnes « trop » légères ?

« Il y a des épreuves mixtes, des relais, mais ce n’est pas aux Jeux Olympiques, ni aux championnats du monde, ce n’est dans aucune grande compétition, c’est juste pour s’amuser, entre guillemets. Je pense que ça serait une bonne idée de pouvoir mettre des épreuves mixtes même aux Jeux Olympiques ! De toute façon, je ne vois pas où est le problème, chacun a un niveau de performance, que ce soit les hommes ou les femmes, et si on mélange, tous les pays seront égaux finalement. C’est faisable, et ce serait bien ! »

Vous qui êtes amie avec Fanny SKALLI, cavalière française, que pensez-vous de l’équitation où hommes et femmes se battent à armes égales ?

« Je connais l’équitation à travers elle parce qu’elle était la compagne de mon petit frère, et c’est un sport que j’aime beaucoup : il y a aussi une relation avec l’animal qui est importante, naturelle et au final c’est plus que du sport, c’est une passion. Comme l’animal fait une grande partie de la performance, je ne sais pas si c’est 50-50 ou 60-40, mais en fait vu qu’il y a une aide, c’est comme la Formule 1, ce n’est pas que l’humain qui fait toute la performance, et je pense que c’est pour ça justement qu’on peut mettre les hommes et les femmes au même niveau. Après je ne suis pas une spécialiste de l’équitation, mais c’est bien que ça soit mixte parce que finalement, ça met tout le monde à égalité. »

Cela fait une quinzaine d’années que vous êtes dans le sport de haut niveau, avez-vous vu une évolution quant à la place de la femme dans le sport et notamment au niveau de la médiatisation ?

« Au niveau de la natation pendant quatre ans, qui est le cible olympique, les hommes sont le plus médiatisés, puis c’est au tour des femmes, ça dépend vraiment de la performance des nageurs en fait. Il y a eu une période en 2012 à Londres où ça s’est un peu équilibré, où il y a eu un peu des médailles des deux côtés, mais on sent quand même que le public est plus intéressé par le sport masculin. Le cent mètres nage libre par exemple, on l’appelle l’épreuve reine chez mes hommes, elle pourrait prendre une place tout aussi importante chez les femmes. C’est vrai que c’est dommage mais on ne désespère pas de pouvoir faire connaître le sport féminin ! »

Un mot à dire à toutes les femmes qui vous admirent ?

« De faire le sport, leur passion, mais de ne pas oublier d’avoir quelque chose à côté, de ne pas faire que ça, c’est ce qui leur permettra d’avoir une plus longue carrière. »

L’équipe de Jump’inside remercie les organisateurs pour ce Salon International du Sport au Féminin, et nous espérons vous retrouver l’année prochaine pour la deuxième édition !

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.
Photo © Eric KNOLL