Bernard BRIAND CHEVALIER n’est pas un nom qui vous est inconnu depuis quelques semaines. Membre à part entière de l’équipe de France deuxième de la Coupe des Nations de Lummen il y a quelques semaines, puis cinquième du Grand Prix deux jours plus tard avec son excellente fille d’Hélios de la Cour, Qadillac du Heup. Le couple a signé un début de saison détonnant ! Nous avons profité de sa présence à l’Officiel de France pour partir à la rencontre de ce cavalier discret mais rempli de talent, d’amour et de reconnaissance envers la jument de sa vie. Bernard BRIAND CHEVALIER nous a raconté son histoire…

Bonjour Bernard, présente-toi !

« Je ne suis pas complètement issu du milieu du cheval, mes parents ont un métier à côté. Mon père montait un petit peu à cheval et faisait de l’élevage amateur. Donc nous avons toujours eu beaucoup de chevaux à la maison mais ce ne sont pas de vrais professionnels. »

Tu as donc commencé à monter à poney ?

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« J’ai monté très jeune dans un club mais après je n’ai pas trop fait de concours à poney. Je n’ai pas eu d’assez bons chevaux pour faire le circuit Junior ou Jeune Cavalier donc j’ai fait de simples épreuves amateurs avec les chevaux de l’élevage. En parallèle j’ai décidé d’arrêter la faculté de droit après une année pour essayer de me lancer. J’avais l’avantage d’avoir beaucoup de jeunes chevaux à sortir, ce qui m’a permis de me former autrement que sur le circuit Junior. Mes parents m’ont un peu aidé en m’installant, nous avons acheté des jeunes chevaux. Nous cherchions des trois ans, plutôt des juments dans le but de faire de l’élevage après. Dans ce lot là il y avait la fameuse Qadillac du Heup. »

Est-ce que ce sont tes parents qui t’ont poussé à faire des études de droit ?

« Si je ne l’avais pas fait je pense que j’aurais eu des regrets tôt ou tard. Il y a peut-être un petit côté traditionnel dans le droit, dans la famille on en a fait pas mal, mais c’est aussi quelque chose qui me plaisait à titre personnel. Plusieurs débouchées m’intéressaient mais dans un coin de ma tête, je pensais toujours à me lancer dans les chevaux. »

Parle nous un peu de ta jument de tête Qadillac du Heup.

« On a déjà commencé par acheter sa sœur qui s’appelle Oriane du Heup. Elle m’a permis de faire mes premières épreuves à 1.50m il y a six ans. Lorsque j’ai qualifié cette jument à la finale des cinq ans, ses éleveurs sont venus la voir, on a discuté et ils nous ont parlé de Qadillac qui avait alors trois ans. Peu de temps après cela, on est allés la voir et on l’a achetée. Il y a très peu de personnes qui l’ont montée à part moi finalement. J’ai fait le circuit des quatre, cinq, six ans, un petit peu de sept ans sans aller à la finale, puis le Grand National et ainsi de suite. »

A quel moment t’es-tu rendu compte de son potentiel ?

« Elle a toujours eu beaucoup de qualités. Au départ on ne pensait pas qu’elle arriverait à ce niveau là. Quand elle a commencé les 1.40m elle les sautait bien mais sans mettre trop de marge, puis on est passés aux 1.45m puis aux 1.50m, elle faisait pareil et ainsi de suite. »

Comment est-elle à la maison et en concours ?

« Elle est un petit peu sensible. Il y a des choses qu’elle n’aime pas et il faut y faire un peu attention. Par exemple ce n’est pas évident de la promener en main sur les concours donc en général je la monte avec le bonnet anti-bruit. Elle est un petit peu sensible mais elle est très guerrière ! »

Comment es-tu organisé dans tes écuries ?

« Quand j’ai commencé à faire le Grand National je cherchais quelqu’un pour m’encadrer. A l’époque je faisais des stages à droite et à gauche. Mais ce n’était pas sur du long terme et pas assez encadré sur les concours. J’ai rencontré Jean-Louis ROUDAUT, l’ancien cavalier de Paladin des Ifs. Cela s’est très bien passé, on s’est très bien entendus. Maintenant il est très investi, cela fait trois ou quatre ans que l’on travaille ensemble, il me suit sur tous les concours. Il nous a beaucoup fait progressé la jument et moi. Cela fait aussi un an et demi maintenant que j’ai un cavalier maison qui monte les jeunes chevaux. Lorsque l’on part sur des concours comme celui-ci à La Baule cela dure quatre ou cinq jours, il me reste beaucoup de jeunes chevaux à la maison. Même si je continue de les monter encore beaucoup, sa présence me permet de partir tranquillement. C’est un bon cavalier qui a beaucoup d’expérience, je peux partir au concours sans inquiétude.  J’ai aussi un groom qui m’accompagne et je peux compter sur mes parents. Ma mère surveille et nourrit les chevaux en mon absence. »

Hormis Qadillac, as-tu des jeunes chevaux prêts à prendre la relève ?

« Oui j’ai déjà sa fille de neuf ans. Je ne l’ai pas emmenée à la Baule mais elle a commencé les épreuves à 1.50m à Vejer de la Frontera puis à San Giovanni. Elle a déjà obtenu de bons classements sur ces hauteurs. J’espère qu’elle pourra faire comme sa mère. Hormis cela j’ai un bon lot de six ans. Il y en a deux qui montrent de très belles qualités L’élevage s’est pas mal amélioré aussi donc on espère avoir de bons quatre ans à l’avenir. »

A froid, comment analyses-tu tes performances de ces dernières semaines ?

« C’était ma première Coupe des Nations en ligue 1 à Lummen. Cela met un peu de pression parce que l’on sait que c’est quelque chose qui compte dans le classement général 2017. Il est important de ne pas se retrouver relégués en ligue 2. On voit de grandes nations comme la Belgique qui doivent présenter des équipes importantes en ligue 2 pour pouvoir remonter en ligue 1. Il y a donc un enjeu assez important. Personnellement je trouve que cela s’est plutôt bien passé. Deux parcours à quatre points c’est régulier. »

Comment as-tu préparé ton début de saison ? A quel moment Philippe GUERDAT a-t-il commencer à te parler d’une nouvelle sélection en CSI 5* ?

« La jument a malheureusement été arrêtée au CSIO 5* de Calgary. Elle a repris au Sunshine Tour de manière à la repréparer pour les beaux concours. Avant son arrêt, elle a fait Gijon où cela s’était bien passé et j’avais obtenu une sélection à Calgary justement. J’avais donc envie de refaire des concours de ce niveau là. Vejer était l’idéal pour la préparer avec ses grandes pistes en herbe et ses parcours de niveau CSI 3 ou 4*. Ce sont des bons parcours pour débuter la saison. Là-bas le niveau est bon. La jument a montré qu’elle était bien revenue et régulière sur les quatre Grands Prix qu’elle a couru là bas. A ce moment là, Philippe GUERDAT m’a dit qu’il y aurait peut-être une place à Lummen en fonction des cavaliers de tête et des chevaux en forme à ce moment là. Et cela s’est confirmé un peu plus tard. »

Quelle va être maintenant la suite du programme pour toi et ta jument ? Quels sont tes objectifs ?

« Je sais que je dois faire normalement partie de l’équipe de Saint-Gall, sauf changement de dernière minute, ce qui peut toujours arriver. Je n’ai pas vraiment d’objectifs précis mais j’aimerais que le sélectionneur continue à me faire confiance et j’aimerais pouvoir faire d’autres Coupes des Nations en 5* et que cela continue de bien se passer. J’aimerais juste confirmer les bonnes performances de Lummen. »

Propos recueillis par Charlotte MARICHAL et Théo CAVIEZEL.

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