Evénement incontournable dans les sports équestres poneys, le Bonneau International Pony est devenu le seul événement français d’une telle résonance à l’international. Le BIP est né d’une histoire de famille et continue de durer dans le temps grâce à cette ambiance si familiale qui règne autour du Grand Parquet depuis tant d’années. Jump’inside est parti à la rencontre d’André BONNEAU et de sa fille Mélanie BONNEAU !

 

Bonjour André, pouvez-vous vous présenter ?

« Bonjour, je suis entré dans le monde du cheval très jeune, en tant que palefrenier. J’ai ensuite crée un centre équestre, qui était au tout départ une écurie de propriétaire mais qui s’est rapidement développée. En parallèle, j’ai été sélectionneur de l’équipe de France poneys. J’ai créé le BIP en 2001. Nous voulions nous différencier et innover en créant un concours uniquement pour les poneys, mais l’idée est vraiment venue après les deux titres de Mélanie aux Championnats de France et sa sélection pour les Championnats d’Europe, à force de parcourir les concours poneys pour l’accompagner.  Ma fille nous a d’ailleurs rejoints dans l’organisation de l’événement en 2015. »

 

Le BIP grandit d’années en années, pouvez vous retracer son évolution ?

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« À sa création, en 2001, le BIP était un concours national, mais dès l’année suivante il est devenu international. Trois ans après, le concours international étant une véritable réussite, nous avons mis en place CSIOP et accueilli notre première Coupe des nations. En 2007, j’ai décidé de créer un CSIYP, des épreuves internationales réservées aux poneys de six et sept ans. J’avais vraiment à cœur de proposer ce type d’épreuves, car elles permettent à des poneys en devenir de faire des épreuves intermédiaires, qui les préparent au haut niveau sans qu’ils soient obligés de se confronter à des poneys plus expérimentés sur des épreuves plus techniques, pas forcément adaptées à leur âge. En 2012, nous avons organisé les Championnats d’Europe poneys. Cela a été une telle réussite que la FEI nous a demandé de les organiser de nouveau en 2013, ce que nous avons refusé. Nous avons estimé avoir réussi en 2012 et nous ne voulions pas faire une seconde édition au risque de décevoir, de ne pas être à la hauteur de la première édition. En 2015, j’ai pris ma retraite, donc nous nous sommes rapprochés avec mes filles, Mélanie et Christelle, pour créer l’association AMC BONNEAU. L’année prochaine nous fêterons les vingt ans du BIP, j’espère que cela sera une édition toute particulière qui marquera les esprits. »

 

Selon vous, pourquoi le BIP est-il une grande réussite chaque année ? Quels sont les paramètres primordiaux ?

« Tout d’abord, le Grand Parquet est vraiment un terrain mythique, connu et reconnu, que beaucoup rêvent de fouler. Nous avons vraiment de bons terrains, ce qui fait que peu importe la météo, leur qualité n’est jamais dégradée. Nous disposons également de suffisamment de place, autant en ce qui concerne les boxes pour loger tout le monde sur place qu’en ce qui concerne les divers parkings. Par ailleurs, le BIP est avant tout un grand événement convivial. Nous n’aurions pas cette ambiance si au sein de l’équipe organisatrice même, il n’y avait pas une bonne ambiance. Une dernière chose est très importante pour nous : nous ne nous privons pas financièrement. Cela nous permet de ne pas faire de différences entre les catégories. Nous construisons de beaux parcours, fleuris, pour tous, pour toutes les épreuves. Le Bonneau International Poney a su évoluer au fil des années : s’adapter aux situations, s’améliorer, analyser les points forts et faibles de cet évènement. Je pense que ce  qui fait la force et la réussite du BIP c’est que cet évènement est organisé et animé par une équipe de passionnés, qui a envie de partager, de donner et d’offrir du beau spectacle. Le BIP c’est avant tout une belle aventure humaine et sportive dans laquelle les cavaliers, parents, coachs ont envie de participer.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que la première année, les nations étrangères sont venues en grand nombre, alors que l’année suivante il y avait beaucoup moins d’engagés. Ne comprenant pas, j’ai demandé au sélectionneur de l’équipe des Pays-Bas une explication, et il m’a alors dit que le niveau était trop important et qu’il ne pouvait pas emmener n’importe quel couple. En Irlande comme en Allemagne, ils organisent des concours de sélection pour les couples voulant aller au BIP. En Irlande, il y en a trois, et deux en Allemagne. C’est d’ailleurs pour cela que Bertram ALLEN était absent une année : il n’avait fait que deux concours de sélection sur les trois. Autant dire qu’ils ne viennent pas pour faire de la figuration ! »

 

Que pensez-vous de l’évolution du site du Grand Parquet ? 

« Je pense que l’évolution est plutôt favorable. Notre sport évolue d’années en années et nous devons nous y faire. Quand on voit que Dinard n’a pas pu organiser les Championnats d’Europe parce que le terrain est en herbe, à quoi bon vouloir conserver les terrains en herbe ? Même si ce sont des terrains mythiques, ce sont des habitudes que nous avons et que nous devons perdre pour aller dans le sens de l’évolution de notre sport. De plus, les terrains en herbe sont très compliqués à entretenir, cela a un coût important. »

 

Le BIP est un événement d’une grande envergure mais qui reste néanmoins gratuit au public, c’est important pour vous ?

« Tout d’abord, le Grand Parquet étant un lieu public nous n’avons pas le choix que de l’offrir gratuitement au public. Au delà du respect du cahier des charges il est important pour nous de conserver la gratuité de l’événement. À l’étranger, en Allemagne par exemple, les concours sont inaccessibles aux extérieurs, dans le quartier ils ne sont pas au courant de ce qu’il est en train de se passer. Cela ne va pas dans notre état d’esprit ni dans le fonctionnement du BIP. L’idée est de démocratiser l’équitation, rendre ce sport considéré parfois comme élitiste : accessible. Offrir du beau spectacle aux gens de la région et des alentours.« 

 

Qui voyez-vous remporter la Coupe des Nations du BIP cette année ?

« On a quatre nations forte : l’Allemagne, les Pays Bas, la France évidemment et l’Irlande qui a récupéré beaucoup d’excellents poneys Français, qui ont déjà brillé au BIP. C’est difficile de dire qui gagnera mais ces quatre nations seront aux quatre première places. »

 

Que peux-t-on vous souhaiter pour les années à venir ?

« Dans un premier temps avoir une belle dix-neuvième édition : du beau spectacle, une ambiance conviviale et chaleureuse. Pour la suite, nous fêterons l’année prochaine, les vingt ans du BIP !

Nous allons tout mettre en œuvre pour que ça soit une grande réussite, un anniversaire qui marque, une fête toute particulière. Ce que nous souhaitons particulièrement, c’est que cet évènement perdure encore et encore dans le même état d’esprit qui l’anime depuis bientôt dix-neuf ans.« 

Propos recueillis par Alice BONNEMAINS.
Photo à la Une : PSV Photos.