Rencontré en début d’année après une saison 2018 incroyable, le cavalier de saut d’obstacles belge, Niels BRUYNSEELS, se livre sur plusieurs aspects de sa vie notamment. Passionné et discret, celui qui vient de fêter ses trente-cinq ans a également la chance d’accueillir de nouvelles montures que l’on ne présente plus. Un avenir proche qui promet donc d’être riche en sport…

Comment avez-vous démarré dans le monde du cheval ?

« J’ai commencé à monter à cheval quand j’étais très jeune, chez mon grand-père qui avait un club d’équitation. J‘ai fait un petit peu de dressage mais je me suis vite tourné vers le jumping. Par la suite mon père a commencé le commerce de chevaux, que j’ai ensuite continué par mes propres moyens. C’est comme ça que je suis rentré, si on peut dire, dans le monde du cheval et du jumping.« 

Vous n’avez qu’un oeil fonctionnel, est-ce un vrai handicap pour le sport ?

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« J’ai ce problème depuis toujours. Au début de ma carrière, ce n’était pas facile, c’était surtout très compliqué dans les tournants. Et puis à force de pratiquer, on s’habitue, on apprend à vivre avec. Bien sûr, ce n’est pas « aussi facile » que pour quelqu’un qui n’a pas ce handicap mais je me suis adapté. »

Vous avez récupéré les chevaux de William WHITAKER et notamment Utamaro d’Ecaussines, pouvez-vous nous en dire plus ?

« Mon père et moi connaissons bien le propriétaire, Ludwig CRIEL, depuis très longtemps maintenant. C’est un de nos amis et il habite à quinze minutes de chez nous. Il ne voulait plus de cavalier de haut niveau directement chez lui, dans ses installations mais souhaitait juste conserver un cavalier pour les jeunes chevaux. C’est donc naturellement qu’il nous a confié les chevaux qui étaient auparavant montés par WilliamMonter un cheval comme Utamaro d’Ecaussines donne beaucoup de confiance ! C’est quand même un cheval qui a gagné une Coupe du Monde et qui a un palmarès important, j’en suis très honoré. »

Comment fonctionne votre système ?

« Je suis très heureux car je peux compter sur une très bonne équipe à la maison comme au concours. J’ai de super grooms et de super cavaliers, ça joue beaucoup sur les performances. Je ne suis pas beaucoup chez moi donc j’ai vraiment besoin d’une bonne équipe de confiance à mes côtés. En ce qui concerne le programme sportif, j’écoute mes chevaux ! S’ils sont en forme, je fais un bon planning bien complet. S’ils ne sont pas en forme je fais un peu plus tranquille. Mes chevaux n’ont pas besoin de sauter toutes les semaines. Par exemple, Gancia de Muze ne sautait pas pendant trois semaines, après elle est allée Amsterdam puis de nouveau elle ne sautera pas pendant trois semaines. Mon programme dépend des mes chevaux, si j’ai un cheval blessé, si je peux compter sur tous mes chevaux en même temps ou pas, si il y a un cheval qui saute mieux sur l’herbe, un qui saute mieux sur le sable… »

Niels Bruynseels Cas de Liberté
Niels Bruynseels et Cas de Liberté © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Avez-vous des chevaux d’avenir ?

« Oui, j’ai beaucoup de jeunes chevaux, c’est comme ça que je travaille. On achète des jeunes et c’est nous, à la maison, qui les amenons plus vers le haut niveau. J’ai maintenant beaucoup de jeunes chevaux, six de huit ans, trois ou quatre de sept ans, deux ou trois de six ans, et des cinq ans. Avec mes beaux frères, on travaille ensemble les plus jeunes et nous leur accordons énormément d’importance. Ils seront peut être les prochains avec qui j’irai en championnats ! J’espère en tout cas, sur le court terme, pouvoir compter sur mon piquet de chevaux de tête actuel, qu’ils restent en bonne santé. Et si je fais la même chose que 2018, je serai déjà très content. J’espère aussi surtout avoir des bons moments dans le sport !« 

Propos recueillis par Pauline GRAFF, photo Scoopdyga.com.