Son retour dans le circuit international a fait du bruit en France ! La jeune Lalie SACLIER a eu le culot de s’imposer, après une pause hivernale, dans le Grand Prix 2* de Macon ainsi qu’une autre épreuve comptant pour le classement mondial dans le CSI 2* de l’Accorhotels Arena de Paris. La cavalière française voit grand pour sa dernière année en Jeunes Cavaliers, et se livre pour Jump’inside sur ses principaux objectifs sportifs.

Comment vas-tu depuis l’année dernière ?

« J’ai arrêté les concours après Equita’Lyon fin octobre 2017 et Tescari Jac, mon cheval de tête, n’avait pas tourné lui depuis juin dernier pour cause de blessure. D’autres chevaux ont donc pris le relais toute la suite et fin de la saison mais je sentais qu’ils avaient besoin d‘une bonne pause pendant l’hiver. J’ai donc recommencé la saison sur des concours nationaux autour de chez moi afin de tous les mettre bien en route. Je vois que tout le travail hivernal a payé ! On a fait beaucoup de travail de dressage, sur le plat notamment avec Carlos PINTO qui nous fait travailler avec ma sœur depuis maintenant trois ans.  Ça nous apporte beaucoup ! Sinon, nous travaillons aussi sur des cavalettis pour avoir nos chevaux bien souples et en ordre sur des toutes petites barres. »

Justement, certains cavaliers préfèrent ne pas montrer une seule barre à leurs chevaux de tout l’hiver, que pensez-vous de cette méthode ?

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« Je ne pense pas spécialement que ça soit une si bonne idée de laisser les chevaux sans passer une barre de tout l’hiver. La reprise sera encore plus compliquée et on sera finalement obligés de les travailler deux fois plus à l’obstacles avant de reprendre les concours, donc au final continuer à les routiner sur des choses très simples et ultra basiques, mais les réaliser à la perfection, c’est plutôt ça ma méthode. »

Tu es proche de la région Rhône Alpes, qui accueille de nombreux beaux concours, quels circuits as-tu suivi pour te remettre dans le bain ?

« Avec Jérôme RINGOT qui gère Horse’Events, on a la chance d’avoir le circuit Winter Tour à Chazey-sur-Ain et Macon tout l’hiver. C’est super pour faire prendre de l’expérience aux jeunes chevaux et je m’en suis aussi servi justement en janvier et février pour mes chevaux de tête. »

On t’a vu tout de suite au niveau avec Tescari Jac, comment as-tu planifié ta montée en puissance ?

« Il a couru son premier gros concours au Grand National de Jardy où il s’est très bien comporté, puis le CSI 2* de Macon, où nous avons remporté le Grand Prix ! C’était mon premier vrai objectif de l’année et le cheval a tout de suite répondu présent ! Il était très frais au début du week-end mais il a directement retrouvé pleine possession de ses moyens et je le retrouve comme avant sa blessure en juin dernier, voir même encore mieux.

Grâce à Sylvie ROBERT, j’ai pu ensuite courir le CSI 2* de Paris-Bercy qui permet de continuer d’évoluer sur ces hauteurs en vue des championnats d’Europe Jeunes Cavaliers; En plus, j’ai remporté une épreuve Ranking avec Perle Fine du Val ! »

Pour un jeune cavalier français, gagner une épreuve comptant pour le classement mondial comme tu l’as fait à Macon et Paris, quel bilan en tires-tu ? Est-ce que tu sais combien de points tu accumules ? Comment le classement marche ?

« Jusqu’à maintenant je n’y portais pas spécialement d’attention, je ne me sentais pas tellement concernée par cette ranking list. Mais c’est vrai qu’avec les nouveaux règlements qui sont en train de passer avec le système de points pour être accepté sur les concours internationaux, je commence à y réfléchir pour ne pas être prise au dépourvu au moment venu. »

Quelle est la suite de la saison pour toi ?

« Je suis ce week-end à Fontainebleau pour le CSIO Jeunes Cavaliers avec Tescari, c’est un objectif assez important puisqu’il permet de bien préparer les championnats d’Europe qui auront lieu au mois de juillet et où je souhaite vraiment réaliser une belle performance pour ma dernière année dans cette catégorie. »

Tu travailles avec ta sœur, comment vous vous organisez au quotidien ?

« On loue une douzaine de boxes près de Macon. Ces deux dernières années, j’ai travaillé un peu avec Michel ROBERT et Cyril BOUVARD, ce qui nous a beaucoup apporté dans la gestion des chevaux et d’une écurie. On vient de se professionnaliser avec ma sœur et on essaie de se débrouiller un maximum toutes les deux et ça fonctionne plutôt bien pour le moment ! On analyse beaucoup de choses, on réfléchit beaucoup, on travaille beaucoup sur nos vidéos…

Maintenant que je viens de finir mes études, on vient de se mettre à notre compte : « LS Jumping ». On vient de finir toutes les formalités administratives et tout est normalement bien construit pour que ça marche sur le long terme ! »

Quels sont vos parcours scolaires ?

« J’ai fait un l’IAE à Dijon, une école de gestion pour avoir des bases solides dans la comptabilité, le droit, etc. Ça m’a bien apporté. Ma sœur Lolita a elle fait une licence de biologie mais elle ne peut pas ne pas monter à cheval ! Donc elle se lance aussi là-dedans et elle est en train de passer son DE, avec moi comme élève (rires) ! »

Tu n’as jamais pensé de partir à l’étranger pour te former à d’autres systèmes ?

« Je suis assez indépendante, c’est vrai que partir à l’étranger m’aurait apporté aussi beaucoup d’expérience mais là j’ai la chance d’avoir un super piquet de chevaux donc j’ai envie d’en profiter tant que j’ai les opportunités d’être bien équipée. Peut-être que ça se fera un jour, je ne sais pas ! Mais pour le moment travailler avec ma sœur c’était assez évident, on s’est toujours bien entendus. »

Question pour Lolita…

ta sœur est beaucoup mise en avant ces derniers temps. Sachant que tu fais aussi des concours internationaux, comment réagis-tu ? Plutôt à s’effacer pour pousser ta sœur vers le haut niveau, ou entre dans une sorte de compétition entre vous ?

« Je prends énormément de plaisir à monter et j’ai aussi des objectifs sportifs, mais je suis vraiment à fond derrière ma sœur. Je n’ai jamais eu la moindre jalousie envers elle, au contraire. Je fais tout pour qu’elle réussisse à haut niveau et nous sommes très complémentaires. Je suis autant heureuse quand c’est elle qui gagne ! Elle fait pareil pour moi, dès qu’elle a finit son épreuve elle se dépêche de descendre pour venir me soutenir, je me rend compte que ça fonctionne super alors tant que je peux lui rendre service, je suis à fond ! »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL.