Il s’appelle Fabio ANDRES RODRIGUEZ et fait partie de cette jeune génération de cavaliers colombiens. Issue d’une famille de cavaliers, Fabio n’a pas mis longtemps à mettre le pied à l’étrier et à voler de ses propres ailes afin d’apprendre l’excellence chez les plus grands de la discipline. Jump’inside est parti à la rencontre de ce jeune espoir actuellement basé en France, véritable bourreau de travail, qui n’a qu’une obsession : participer aux Jeux Olympiques.

Présente-toi et parle nous un peu de tes débuts à cheval !

« Je m’appelle Fabio ANDRES RODRIGUEZ, j’ai vingt-quatre ans et je suis originaire de Bogota en Colombie. J’ai étudié les langues et la communication tout en pratiquant l’équitation dès mon plus jeune âge car mon père est cavalier dans l’armée colombienne. C’est lui qui m’a transmis cette passion et une grande partie de mes acquis actuels. J’allais à l’école de six heures à quatorze heures, puis montais l’après-midi avec lui aussi bien des chevaux de l’armée que des chevaux de ses clients. Mon frère Fabian, est lui aussi cavalier militaire mais dans la discipline du complet. »

Depuis quand veux-tu être cavalier professionnel ?

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« Lorsque j’ai commencé la compétition, j’ai tout de suite su que c’était la vie que je voulais avoir. En plus d’avoir baigné tout petit dans le monde de l’équitation, j’ai vraiment un esprit de compétiteur. Je mets tout en œuvre pour atteindre le très haut niveau et pouvoir vivre de mon sport. »

Quelles sont les personnes qui t’ont permis d’en arriver là-aujourd’hui ?

« Mon père a été mon premier entraîneur, celui qui trouvait et travaillait les chevaux avec moi. Lorsque j’ai commencé à sauter plus haut, il a passé le relais à Camillio ALVAREZ avant de me rendre chez Manuel TORRES qui a quand même participé six fois aux Jeux Olympiques. Il m’a proposé de le suivre aux États-Unis, chose que j’ai faite sans hésiter une seconde étant donné l’opportunité qui se pressentait à moi. Après avoir passé six mois chez lui, je suis revenu en Colombie dans le but de terminer mes études tout en continuant de monter. Une fois diplômé, je me suis rendu plusieurs fois en Argentine pour continuer à me construire un bagage technique indispensable pour atteindre le haut niveau. Je m’entraînais alors avec Herman AGUIRRE DEL CASTILLO, cavalier bolivien, et Matias ROQUEPOSSE, instructeur au Centre Hippique de Cirse. J’ai choisi de repartir à nouveau aux États-Unis, où je montais pour Andrea KING de l’écurie Hollow Creek Farm. Elle m’a donné l’opportunité de travailler avec de grands noms tels que Mclain WARD, George MORRIS et Hugh GRAHAM. »

Quel cavalier t’inspire le plus ?

« Sans aucun doute McLain WARD ! Je lui dois énormément car j’ai pu participer à mes premiers Grands Prix avec l’une de ses juments : Wings. C’est vraiment mon plus grand exemple dans tous les sens du terme, que ce soit aussi bien dans son équitation que dans son organisation. On ne le présente plus, son palmarès parle de lui-même. Il vient tout juste de remporter le Grand Prix de Dinard avec Clinta, une jument qu’il ne monte que depuis quatre mois et avec laquelle il avait déjà gagné à New-York et Aix-la-Chapelle. Il n’y a que les grands champions qui sont capables de ça ! »

Quand est-ce que tu as quitté ton pays natal pour rejoindre l’Europe, et pourquoi as-tu fait ce choix ?

« Mon visa a été refusé aux États-Unis et j’ai donc dû partir et j’ai décidé de tenter ma chance en Europe. Sur ce continent, il est vraiment plus facile d’aller en concours car ces derniers sont plus nombreux et surtout moins onéreux… La Belgique, la France et les Pays-Bas sont en plus de ça de véritables pays d’élevage, là où naissent les futurs cracks. C’est plus facile de trouver des chevaux, détecter les jeunes et les construire. »

Parmi tous tes voyages, quelle est ta plus belle expérience ?

« Ma période aux États-Unis reste ma plus belle expérience, aussi bien au niveau des rencontres faites, des épreuves gagnées, des chevaux que j’ai pu monter. C’est là-bas que j’ai en effet remporté mes plus beaux succès. Mon plus beau souvenir reste mes deux victoires obtenues deux week-ends consécutifs avec Vénus, une ancienne jument de Kent FARRINGTON. Remporter l’épreuve d’ouverture réservée aux cavaliers de moins des vingt-cinq ans à Tryon avant d’être deuxième du Grand Prix, puis s’imposer dans le Grand Prix la semaine suivante à vraiment été un moment très fort dans ma jeune carrière. »

Maintenant, quel est ton quotidien et quelles sont tes ambitions ?

« Je suis actuellement basé à proximité de la frontière franco-belge, à La Flamengrie plus précisément. Je monte à mi-temps pour l’élevage du Seigneur et je travaille l’autre partie de mon temps à mon compte avec mon amie Pauline COGNIOT, dont le père est l’un des organisateurs du Jumping de Maubeuge. Je me lève tous les matins avec une seule obsession, comme c’est le cas pour de nombreux sportifs : participer un jour aux Jeux Olympiques.« 

Propos recueillis par Raphaël GARBOUJ.