Chouchou des Français et star des réseaux sociaux, le cavalier Thierry ROZIER revient sur ses dix dernières années, qui l’ont emmené à la veste bleue et qui sait, aux prochains Jeux olympiques.

Ma dernière décennie…

2010 : « Le début de cette décennie a été marqué par la confiance de la famille d’Electra NIARCHOS. Elle est arrivée en 2010 avec ses chevaux dans mes installations. Travailler avec des personnes aussi importantes et prestigieuses a été pour moi formidable : un rêve et un aboutissement. La cavalière venait pour être entraînée et monter en concours. Puis, en parallèle, j’étais passionné par ses chevaux de courses qui ont gagné les plus belles courses de la planète ainsi que cet environnement. »

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2011 : « J’entraînais des cavaliers, j’allais de concours en concours, je montais également certains chevaux de mes clients jusqu’à des CSI 2*. Je me souviens d’un très bon cheval de Charlotte CASIRAGHI, Tintero. C’était un beau cheval gris pour elle mais assez coquin alors je l’ai monté en compétitions et nous en avons gagné beaucoup dans les années 2011, 2012 et 2013. »

2013 : « Avec ce même cheval, Tintero, nous avons été deuxièmes du championnat de France Pro 1 à Fontainebleau. C’est un cheval qui m’a vraiment marqué puisque normalement j’entraînais vraiment mes cavaliers et montais quelques chevaux pour me faire plaisir. C’était un cheval sympathique ! »

2016 : « La plus belle chose qui puisse m’arriver cette année-ci a été d’avoir eu des chevaux pour concourir au haut niveau ! Pour rappeler l’anecdote : j’étais avec des copains lors d’une soirée bien arrosée à l’occasion du Jumping de Dinard. Ils m’ont demandé pourquoi je ne faisais plus de compétition… je ne me pensais pas assez bon. À la fin de la nuit, nous avons fait un pari « Si je remonte, ce sera pour taper le très haut niveau ». Le lendemain au réveil, je me rappelais bien du pari mais je n’avais pas de chevaux et en réalité, je ne montais plus vraiment à cheval. Ce jour-même, Electra a souhaité me parler et m’a annoncé qu’elle souhaitait que je reprenne ses chevaux en compétition car elle devait se retirer des terrains de concours pour ses obligations professionnelles. Alors, d’un pari presque idiot, nous nous sommes retrouvés avec une réalité : j’avais des chevaux le lendemain, Venezia D’Ecaussinnes et Star ! Je connaissais leur potentiel mais dire qu’on irait faire du très haut niveau ça aurait été de la prétention. »

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Venezia d’Ecaussinnes, la jument qui a permis à Thierry ROZIER de retrouver la veste bleue © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

2017 : « Je ne suis pas du genre à aller dans un endroit si je n’ai pas ma place, j’ai toujours estimé qu’une sélection se mérite et veut dire résultat. J’ai appelé mon ami Gregory MARS, le directeur sportif du Jumping de Dinard, en lui disant que j’avais des ambitions très hautes et que je voulais passer en premier par ce concours. J’ai fait de bons parcours dont une deuxième place dans le Prix Suez puis deux fautes dans le Grand Prix. Ce concours m’a fait décollé et m’a surtout donné le déclic. »

2018 : « Cette année signait mon retour avec la veste bleue. À la fin de la tournée d’Oliva début 2018, Philippe GUERDAT, alors sélectionneur, m’a demandé si j’étais prêt à représenter la France en CSIO. Il a conclu cette conversation en me disant de rester près de mon téléphone. J’ai pu participer à plusieurs CSIO 5* comme Sopot, Rotterdam où là j’ai couru dans la Coupe des nations puis, Aix-la-Chapelle. Des bruits ont commencé à courir… je serai du voyage pour les championnats du monde à Tryon. Je n’y ai pas fait attention, j’ai continué à travailler. Puis, mon téléphone a sonné : Sophie DUBOURG, la DTN au saut d’obstacles. « Tu fais parti de l’aventure pour les prochains Championnats du monde » ! Au moment de l’événement, à la fin de la warm-up, Sophie DUBOURG et Philippe GUERDAT étaient tristes de m’annoncer que je serai remplaçant. Je leurs ai répondu « ne vous tracassez pas je m’en doutais, mais je vais être le meilleur coéquipier qui puisse exister, je prends mon rôle à 200% ». Je pense qu’à ce moment, tout le monde a appris à me connaître, sans filtre, déconneur et près de mes chevaux. »

2019 : « La Coupe des nations de La Baule est un très beau souvenir pour ma jument et moi. C’est la première fois que je montais en équipe A dans une Coupe des nations en France. À mes yeux, courir dans mon pays et réaliser un double sans-faute dans la Coupe des nations… je n’ai pas de mots. Ce souvenir me restera toute ma vie, j’ai su répondre présent et j’en suis fier. »

En route pour 2020 : « Pour cette nouvelle année, Venezia et Star sont en grande forme. Elles vont s’épauler et c’est ça qui me donne le moral. Je vise comme objectif les plus gros concours mondiaux et surtout les Jeux Olympiques. Venezia a quinze ans, je compte m’amuser et profiter avec elle. Ce sera sa dernière année de concours mais pour moi aussi, je pense que ça s’arrêtera là. Je suis très proche de mes chevaux et je pense que je n’aurai plus la flamme après mon objectif ultime. »

La dernière décennie de Thierry POMEL
La dernière décennie de Grégory WATHELET
La dernière décennie de Kévin STAUT
La dernière décennie de Filippo BOLOGNI

Propos recueillis par Léa TCHILINGUIRIAN. Photo à la Une : © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE