Cavalier belge passé quelques années sous les couleurs ukrainiennes, Grégory WATHELET retrace avec nous ses meilleurs et pires souvenirs de la décennie qui vient de s’écouler.

Ma dernière décennie…

2010 : « 2010 signifie la mise en route de ma société. Je suis devenu indépendant après avoir monté pour le compte de professionnels. J’ai eu mes propres propriétaires avec mon propre fonctionnement. Cette année-ci est le point de départ de mon système actuel. »

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2011 : « J’ai décroché ma première participation avec la Belgique dans un championnat européen. Même si j’avais déjà concouru à un tel concours sous couleurs ukrainiennes, celui-ci a été très significatif. Nous n’avons pas fait un très bon résultat par équipe (septièmes, ndlr.), mais j’étais entouré de cavaliers qui sont tous plus impressionnants les uns que les autres : Jos LANSINK, Philippe LE JEUNE et Dirk DEMEERSMAN. Pour nous belges, c’était vraiment les piliers depuis de nombreuses années. Je suis arrivé assez jeune parmi eux : j’étais le « pas vers la nouvelle génération ». »

2012 : « Pour un athlète, être sélectionné aux Jeux Olympiques de Londres ne s’oublie pas. Je n’aime pas me donner des objectifs trop précis car on peut finir déçu. Six mois avant, mon cheval s’était blessé, j’ai cru que les JO allaient me passer sous le nez. Donc pouvoir le faire avec Citizenguard Cadjanine Z et construire ce cheval en peu de temps a été une grande satisfaction pour mon équipe et moi. Je savais que je ne courrais pas pour une médaille mais pouvoir accéder à la finale a été un moment particulier ! »

2013 : « On ne met pas souvent les concours nationaux en avant, ils ont perdu de la valeur mais mon meilleur souvenir cette année restera mon sacre de Champion de Belgique Senior avec Sea Coast Forlap. Ce cheval était une machine à sans-faute ! »

grégory wathelet forlap
Sea Coast Forlap, le cheval qui a marqué Grégory WATHELET © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

2014 : « J’ai eu de belles victoires cette année-ci mais j’ai plutôt envie de parler de la vente de mon cheval Sea Coast Forlap. Il est le cheval d’une vie, je ne saurais dire pourquoi mais c’est comme ça. Sans prendre en compte ses victoires, il a une telle personnalité ! C’est un cheval attachant ! Je n’avais trouvé personne pour investir alors j’ai été obligé de suivre l’idée de base qui était de le commercialiser. Ce n’était pas le premier cheval à partir de mes écuries mais son départ a été terriblement difficile. »

2015 : « En 2015, je suis devenu vice-champion d’Europe à Aix-la-Chapelle avec Conrad de Hus. Ce cheval a été une révélation autant toute l’année qu’à ce championnat. »

2016 : « Pour cette année-ci, j’ai deux souvenirs qui me resteront gravés ! En janvier, je me suis installé dans ma nouvelle écurie. J’ai racheté la ferme de mes parents située à Clavier, en Belgique. Autant pour ma famille que moi, revenir chez moi a été quelque chose de spécial. Depuis plusieurs années, je travaillais sur ce projet. C’était le pas supplémentaire à mon système autant pour l’élevage, le haut niveau et l’entrainement.

En fin d’année, on a pu racheter Sea Coast Forlap, ça a été un cadeau du ciel de ma propriétaire. Lorsque j’ai été le chercher, ça a été le plus beau jour de ma vie ! »

2017 : « Cette année-ci j’ai remporté la plus belle victoire de ma carrière : le Grand Prix 5* d’Aix-la-Chapelle avec Corée ; Celle-ci a été davantage incroyable que mon titre de vice-champion d’Europe en 2015. Dire que j’ai gagné ce Grand Prix qui était très compliqué, gros et très exigeant ! Quand je regarde le tableau des victoires en arrivant à Aix-la-Chapelle et que je vois mon nom à côté des grands cavaliers, je me dis « Je l’ai fait et là on ne peut pas me l’enlever » ! Mais j’ai aussi vécu le pire moment de ma carrière : la perte de Sea Coast Forlap. C’est d’ailleurs la seule fois où j’ai pensé tout arrêter. »

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Sea Coast Forlap s’éteint en 2017, un véritable coup dur pour Grégory WATHELET © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

2018 : « Je ne peux pas vous donner un bon souvenir car 2018 a été ma pire année. J’aurai du avoir un bon piquet de chevaux de Grand Prix mais beaucoup de mes chevaux comme MJT Nevados S, Corée ou encore Iron Man Van de Padenborre se sont blessés. Rien n’allait comme ça aurait dû même si j’ai eu quelques victoires comme Shanghai. »

2019 : « Nous l’attendions depuis longtemps cette victoire ! La Belgique est championne d’Europe par équipe à Rotterdam (équipe composée de Jos VERLOOY, Pieter DEVOS et Jérome GUERY, ndrl). Je suis un cavalier avec un bon esprit d’équipe. J’ai vu la nouvelle génération belge arriver et, depuis quelques années, je sentais qu’on pouvait faire quelque chose de bien. Nous avons eu du mal, il nous manquait ce petit quelque chose. Alors, remporter ce championnat a été incroyable d’autant plus que c’était notre premier titre par équipe ! »

En route pour 2020 : « J’aimerais bien faire parti du voyage des Jeux Olympiques de Tokyo ! Mais je pars du principe que les plans prévus en début d’année sont souvent loin de la réalité. Alors, j’avance comme je peux. Mais il est sûr qu’un programme est mis en place pour MJT Nevados S en vue de Tokyo. »

La dernière décennie de Thierry POMEL
La dernière décennie de Thierry ROZIER
La dernière décennie de Kévin STAUT
La dernière décennie de Filippo BOLOGNI

Propos recueillis par Léa TCHILINGUIRIAN. Photo à la Une : © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE