Seul Espagnol qualifié pour la finale Coupe du monde, Eduardo ÁLVAREZ AZNAR n’a cependant pas fait le déplacement en Suède pour faire partie des figurants. En tête du classement général avant la manche finale, celui qui terminait l’an passé sixième à Paris avec son fidèle Rokfeller de Pleville Bois Margot, troisième du Grand Prix du Saut Hermès la semaine dernière ou encore troisième au Grand Prix Coupe du monde de Bordeaux, fera tout pour que le drapeau rouge et jaune demeure en haut du classement. Rencontre avec l’un des piliers de l’équipe espagnole qui nous fait un point sur sa saison et ses objectifs.

Rokfeller de Pleville Bois Margot est incroyable, parlez-nous un peu de lui.

« Rokfeller de Pleville Bois Margot est un cheval qui a beaucoup d’expérience, nous nous connaissons bien et cela fait cinq ans que nous sommes ensemble. Il est le cheval que je prends toujours pour les grosses échéances, les championnats et pour être honnête, il est au meilleur de sa forme ! C’est un super cheval, il a été extraordinaire à Bordeaux qui était un concours important pour moi puisqu’il me manquait quelques points pour la finale, et nous avons quand même réussi à nous qualifier. Je suis très content de lui et de tout ce qu’il a pu faire pour moi. Il est en très grande forme et montre qu’il saute très bien. J’ai eu de la chance parce qu’il n’y a pas eu beaucoup de sans-fautes au barrage et j’ai pu terminer dans le top trois de ce Grand Prix ! »

Vous avez aussi Seringat avec qui vous réalisez de très belles choses.

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« Seringat est un cheval français que vous connaissez bien en France puisqu’il a été monté par Pénélope LEPREVOST. Il est ensuite venu chez moi avant d’aller chez Cian O’CONNOR et Geir GULLIKSEN, avant de revenir sous ma selle. C’est un cheval avec qui je m’entends bien et nous faisons de très bons résultats ensemble. C’est un cheval spécial, nous nous entendons bien et tout se passe bien avec lui en ce moment ! »

Avez-vous donc une préférence pour les chevaux français ?

« J’ai deux chevaux français qui sont ceux que j’utilise pour sauter les Grands Prix et Coupes des nations : ce sont mes deux chevaux de tête. Les Français produisent de très bons chevaux, vous avez une grande tradition d’élevage et j’ai vraiment de la chance d’avoir ces deux-là avec moi. »

Eduardo Alvarez Aznar rockfeller de pleville
Eduardo Alvarez Aznar et Rokfeller de Pleville Bois Margot © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Comment travaillez-vous vos chevaux ?

« Les chevaux que j’ai actuellement ont beaucoup d’expérience, Rokfeller a déjà quatorze ans, Seringat en a treize tout comme Fidux. Je n’ai donc pas besoin de beaucoup les travailler, je n’ai qu’à les maintenir en forme, les garder tranquilles et heureux. En compétition, ils savent exactement ce qu’ils doivent faire, ils sont très compétitifs. J’ai aussi des jeunes chevaux comme Ilero, Delirius del Sol, Vaillant de Belle Vue ou encore Kansas vd Withoeve, que je suis allé monter à Séville et que je vais préparer en cette première moitié de l’année pour qu’ils soient ensuite prêts à concourir pour le reste de la saison à plus haut niveau. »

Votre équipe de la Global Champions League, Madrid in Motion, a remporté la finale à Prague en décembre dernier. Comment était-ce ?

« Nous savions que nous avions une équipe forte avec des cavaliers comme Maikel etEric VAN DER VLEUTEN, Marc HOUTZAGER, avec des chevaux très sûrs et très performants avec de l’expérience en championnats. Au final, nous avons eu de très bons résultats chaque jour et nous avons pu gagner à Prague. Nous étions très heureux de cela, et comme c’était la première fois que cette finale avait lieu avec autant d’argent et autant d’enjeu, c’est d’autant plus une satisfaction supplémentaire d’être les premiers à la remporter. »

Que pensez-vous de ce type de circuit ?

« C’est un format très intéressant, d’autant plus qu’il n’y a que trois cavaliers et donc tous les résultats comptent. Cependant les sensations que tu ressens quand tu représentes ton pays, monter pour le drapeau espagnol est quelque chose d’autre, de totalement différent ! J’aime les deux, mais je préfère représenter mon pays, l’Espagne, et j’espère pouvoir continuer à le faire. »

Super Cup Prague maikel van der vleuten eduardo alvarez aznar marc houtzager
Victoire des Madrid in Motions lors de la finale de la Global Champions League © SCOOPDYGA – DYGA Laurent

Comment voyez-vous la qualification espagnole pour les Jeux Olympiques ?

« Il va être assez compliqué pour l’Espagne de se qualifier en équipe pour les Jeux Olympiques de Tokyo, mais ça l’avait aussi été pour les Jeux de Rio et nous avions finalement réussi à le faire. Je pense que nous avons suffisamment de bons cavaliers, peut-être que le seul défaut est qu’en ce moment nous n’avons peut-être pas quatre chevaux assez bons pour pouvoir faire un bon classement, mais j’espère que d’ici août nous en aurons pour nous qualifier à Rotterdam. Mon objectif est la finale Coupe du monde de Göteborg et ensuite ce sera d’essayer de nous qualifier pour Tokyo lors des Championnats d’Europe de Rotterdam. »

Comment l’équitation est-elle vue en Espagne ?

 « Il y a de très bons cavaliers en Espagne tels que Sergio ALVAREZ MOYA, Manuel FERNANDEZ SARO, Pilar LUCRECIA CORDÓN, et nous avons eu la chance par le passé de nous qualifier pour les derniers Jeux Olympiques. En Espagne, il n’y pas une tradition équestre aussi importante qu’en France mais peu à peu, de plus en plus de personnes pratiquent le sport en loisir et on voit davantage d’évènements à l’image du Global Champions Tour de Madrid, la Madrid Horse Week, la Coupe du monde de La Corogne… Les compétitions sont aussi de plus en plus diffusées à la télévision et je pense qu’avec le temps, il deviendra plus facile de trouver des sponsors et propriétaires pour concourir au plus haut niveau, et voir plus des personnes s’y intéresser. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.
Crédit photo à la Une (Eduardo ALVAREZ-AZNAR) : Marie-Juliette MICHEL / Jump’inside