Si pour beaucoup la fin de l’année rime avec vacances de Noël, fêtes, ski, Nouvel An, le monde équestre lui ne s’arrête pas. Le mois de décembre est en, effet, chargé entre les concours de Paris et Londres en passant par Genève mais, aussi l’étape Coupe du Monde de Malines. Il n’y a donc pas de repos pour certains cavaliers. D’un côté, Patrice DELAVEAU a décidé de s’arrêter début décembre après La Corogne, de l’autre, Olivier PHILIPPAERTS a terminé à domicile en Belgique, à Malines. Rencontre avec deux cavaliers aux fins d’années différentes.

Que pensez-vous des concours de fin d’année ? Que faites-vous personnellement ?

Patrice DELAVEAU : « S’il y en a toujours eu et qu’il y a du monde pour les faire, c’est donc que ça marche et qu’il y a des gens que ça intéresse. Aujourd’hui, il y a tellement de cavaliers qui veulent faire des concours et des concours dans tous les sens qu’il en faut pour tout le monde. En général, dans mon cas, j’arrête après le concours de Genève ou La Corogne. Cette année, c’était La Corogne.  Je fais rarement les concours de Londres et Malines. Je les ai déjà courus mais, personnellement, je n’aime pas trop faire de concours pendant cette période. Ce repos pendant un mois avant la fin de l’année, c’est pour les chevaux mais aussi pour tout le personnel, les grooms. C’est important qu’ils aient aussi des congés, ce n’est pas toujours facile à gérer. Je pense que c’est bien que tout le monde ait un petit peu de tranquillité. »

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Olivier PHILIPPAERTS : « Malines existe depuis trente-six ans,et terminer l’année ici est un moment clé de la saison. Je pense que pour les cavaliers, c’est le moment parfait pour tenter de gagner une épreuve. Ce que je veux dire c’est que l’on a toujours été habitués à avoir cela comme ça. Noël et le Nouvel An peuvent être des périodes un peu plus tranquilles. Mais, pour nous, le repos vient toujours après Malines. Donc, on veut bien finir avec Malines et ensuite on prendra des vacances. J’ai toujours autant de motivation  parce que je suis Belge donc Malines est très important. Je suis toujours très motivé quand je viens. Si c’était un autre concours, pas en Belgique, cela aurait été différent. »

Arrivez-vous à équilibrer le travail des chevaux et les moments de repos et de fêtes de fin d’année ?

Patrice DELAVEAU : « Je reprends le concours à Bâle le week-end du 12 janvier. La période de repos pour les chevaux n’est pas telle ou telle période, c’est un peu selon la forme qu’ils ont tout au long de l’année.  Maintenant, il y a tellement de concours qu’il n’y a plus tellement de saison. En fait, si on a beaucoup de chevaux on ne s’arrête plus. Donc, il faut arriver à donner aussi du temps de repos aux chevaux bien sûr mais, ce n’est forcément à cette époque en particulier. Cela peut être au mois de juillet, d’août, ou de septembre, peu importe.

Dans ces moments de fin d’année, nous n’avons pas tellement de repos. J’en profite pour mettre des grooms en vacances donc, en fait,  on doit rester à la maison pour sortir des chevaux et travailler. Ce n’est pas vraiment du repos, il y a juste moins de déplacements et on ne sort pas en concours. On n’a pas trop le temps pour décompresser mais,  cela reste une période où il y a un peu de répit pour tous. On en profite souvent pour prendre quelques jours en famille à la montagne ou au soleil. »

Olivier PHILIPPAERTS : « Quand vous avez des chevaux qui viennent à un concours, vous devez toujours vous entraîner de façon convenable. Nous avons toujours un peu moins de temps à passer à la maison avec nos familles. On veut vraiment faire de bonnes choses à Malines donc, on doit prendre le temps de s’entraîner. »

L’ambiance durant ces concours est-elle particulière ou différente par rapport aux autres concours ?

Patrice DELAVEAU : « Oui c’est vrai qu’à Londres, c’est un concours très festif, avec des spectacles de Noël. C’est un très beau concours, c’est un peu comme un spectacle, c’est vrai. Après, Malines cela fait longtemps que je l’ai fait, je ne peux pas vraiment dire. »

Olivier PHILIPPAERTS : « Sûrement,  parce que beaucoup de personnes viennent de chez elles et n’ont pas besoin d’aller au travail. Donc tous les jours, il y a beaucoup de personnes qui viennent voir les cavaliers et je pense que c’est pour ça que le public de Malines est très spécial pour nous. D’autant plus que nous sommes à la maison. »

Quel bilan faites-vous de cette saison ? Que peut-on vous souhaiter pour 2017 ?

Patrice DELAVEAU : « Franchement, je n’ai pas eu une très bonne année 2016 donc, je suis bien content que cette année se termine. Malheureusement je n’ai pas eu de très très grandes victoires cette année donc on va l’oublier et j’espère que 2017 sera meilleure que 2016. »

Olivier PHILIPPAERTS : « Le moment qui m’a le plus marqué était sans aucun doute à Genève, il y a quelques semaines. C’était un gros Grand Prix et il n’y en a que trois comme celui-ci dans l’année :  Aix-la-Chapelle, Calgary et Genève. Être aussi près de le remporter était génial. Cela aurait été vraiment vraiment superbe si j’avais gagné ce Grand Prix à Genève. Mais j’ai terminé deuxième, ce qui est aussi très bien. Donc, bien-sûr, je vais devoir m’entraîner pour remporter les trois dans ma vie. J’ai remporté Calgary (il gagne avec H&M Cabrio van de Heffinck le Grand Prix de Calgary en 2012, devenant le plus jeune cavalier à le remporter à l’âge de dix-neuf ans, ndlr.), je suis deuxième dans celui-ci donc, j’espère pouvoir encore faire mieux une prochaine fois. J’espère avoir encore de meilleurs chevaux et qu’ils restent toujours en aussi bonne forme. Je veux  progresser dans le classement mondial et rester dans le meilleur du haut niveau. H&M Cabrio van de Heffinck devrait également revenir après le Nouvel An, donc, j’espère que l’année prochaine, il reviendra dans le beau sport. »

Si, à Noël, on avait pu vous offrir une victoire ou un cheval, qu’auriez-vous voulu ?

Patrice DELAVEAU : « Un cheval de Grand Prix, bien sûr. »

Olivier PHILIPPAERTS : « La Coupe du Monde, définitivement, l’épreuve qualificative pour la Coupe du Monde. C’est le point culminant du week-end, et c’est l’épreuve que nous voulons tous gagner :  le Grand Prix et l’étape Coupe du Monde. Ce sont les deux épreuves que nous voulons gagner (il finit d’ailleurs troisième du Grand Prix avec H&M Challenge van de Bgijnakker Z, ndlr.). Je suis très heureux avec le cheval que j’ai. Je monte H&M Legend of Love, c’est le meilleur cheval que j’ai jamais eu. Donc j’aimerais avoir celui-là. »

Au mois prochain pour la « Question du mois » !

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.

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