Pas encore âgée de dix-huit ans, Axelle BOREL compte assurément parmi la relève tricolore. Avec une participation à un championnat d’Europe et un grand nombre de Coupes des Nations, la Briochine compte déjà un palmarès impressionnant. Il lui reste à confirmer dans les catégories supérieures, mais toujours accompagnée de son père, Saik BOREL, c’est un travail auquel elle s’attelle pour y parvenir. Nul doute que la talentueuse bretonne y parviendra.

Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Axelle BOREL, j’ai dix-sept-ans et je monte avec mon père qui tient un centre équestre à Saint-Brieuc. J’ai commencé à monter avec ma mère. J’étais très jeune et rapidement j’ai aimé la compétition. J’ai fait mes premiers concours à shetland vers quatre ans et demi, depuis je n’ai jamais arrêté. J’ai tout de même essayé quelques sports mais je n’ai jamais accroché. »

Quel est ton rôle au sein de l’entreprise familiale ?

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« Je m’occupe des chevaux et puis j’ai passé l’APB, un diplôme pour donner quelques cours shetland pour pouvoir aider. Je suis tout de même plus centrée sur les jeunes chevaux et mes chevaux de concours. »

Arrives-tu as allier les études et l’équitation ?

« Je suis en ES, je n’ai pas d’horaire aménagé. Je suis au lycée comme tout le monde, c’est vrai que ce n’est pas le plus facile, ça demande de l’organisation. J’ai toujours allié sport et école donc ça se fait bien. Après mon bac je vais continuer les études, ce n’est pas encore défini à cent pour cent mais je pense faire une école de commerce pour rester dans les chevaux par la suite. Je pense aller à Rennes qui n’est pas trop loin de chez moi, on est en pleine réflexion pour le moment pour voir comment s’organiser, afin que je puisse continuer de monter. Je parle du commerce, du droit, il y a beaucoup de choses qui m’intéressent mais c’est vrai que ma priorité c’est de rester avec les chevaux. »

Est-ce que parfois tu n’as pas envie d’être plus tranquille, de vivre comme les autres filles de ton âge ?

« J’ai toujours aimé travailler avec mes chevaux et puis mes amis je les retrouve en concours le week-end donc ce n’est pas un problème. »

Tu es toujours présente sur le circuit poney, c’est important pour toi de monter à poney jusqu’au dernier moment ?

« On avait loué Vaisko un an, on vient de le récupérer mais c’est vrai que pour moi l’optique n’est pas de rester à poney. Je le remets en route pour mon petit frère. Je vais le remettre sur les Grands Prix parce que mon frère n’a jamais fait des épreuves de ce niveau. La finalité n’est pas du tout de retourner à poney. Pour moi c’est fini les années poneys. »

axelle borel vaisko des chenaux
Axelle Borel et son gris, Vaisko des Chenaux ©Marie-Juliette Michel

Est-ce que tu as des nouvelles de Ptichouan à nous transmettre ?

« Ptichouan m’appartient toujours, je l’ai confiée à une amie qui monte au centre équestre avec mon père. Je m’en occupe quand elle est n’est pas là, j’ai la chance qu’elle s’en occupe vraiment très bien. Je le vois tous les jours, c’est vrai que j’ai eu de la chance parce que c’est mon poney de cœur et qu’il ne m’a pas quitté. C’est quelque chose que j’ai demandé à mon père car c’est un poney qui a de la valeur et avec mon amie ça se passe très bien. »

As-tu trouvé une différence entre les épreuves poneys et cheval ?

« Avec mon papa, on a toujours essayé de ne pas monter différemment que ça soit à poney ou à cheval. J’ai eu des poneys qui ont toujours eu de grandes amplitudes donc pour moi ça ne m’a pas vraiment changée. Ce sont des univers différents mais je n’ai pas fait beaucoup de poney donc on a toujours fait en sorte que ma monte ne soit pas différente. La transition s’est faite relativement facilement entre les deux. »

Tu as participé à de nombreux CSIO ces dernières années, quelle sensation cela te fait de porter la veste bleue ?

« C’est vrai que ça faisait quelque temps que je ne l’avais pas portée. La dernière fois c’était en children en 2015. J’ai eu la chance qu’on me confie un cheval, Sircinq qui m’a permis de retourner à haut niveau, cette fois-ci en juniors. Ça fait vraiment plaisir, la veste bleue, c’est quelque chose de fort. C’est symbolique et important donc je suis contente de pouvoir défendre les couleurs de la France. Avec Sircinq et mes deux autres chevaux, maintenant je vais essayer de bien progresser et d’aller vers les épreuves Jeunes Cavaliers. On est plus dans une optique de transition, plutôt que de rester centrer sur les juniors. C’est difficile les Jeunes Cavaliers et nous ne voulons pas que ça soit brutal pour les chevaux. Tout va bien donc on veut que ça reste comme ça pour tout le monde. »

Ta famille te suis-t-elle quand tu es en déplacement ?

« Mon papa vient avec moi, on est toujours ensemble. C’est quelque chose que l’on partage ensemble. Mon papa a fait du haut niveau donc c’est vrai qu’il connaît bien ce monde-là. Il est toujours avec moi et pour le moment je ne me vois pas aller en concours sans lui. On a toujours partagé ça, ça nous fait plaisir de faire des beaux concours ensemble. C’est mon coach mais c’est aussi lui qui a débuté mes chevaux, Roseau et Alouette, donc c’est important qu’il soit là. Sans lui, je ne ferai pas tout ce que je fais. Je suis déjà allé faire des stages chez d’autres cavaliers comme Albert VOORN et Olivier GUILLON mais ça n’a jamais duré très longtemps, je suis toujours revenu à la maison. »

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Ptichouan Delphinière, qui offrait à Axelle Borel le titre de championne de France en 2016 ©Marie-Juliette Michel

Quel a été le meilleur moment entre ton titre de championne de France et les championnats d’Europe ?

« C’est difficile de choisir. Le titre avec Ptichouan c’était beaucoup de travail. C’était la consécration d’une saison qui n’avait pas été toute rose. Le mois qui précédait le championnat j’avais encore eu des parcours difficiles. Avec Ptichouan, on a toujours une part de doute, d’un jour à l’autre tout peut changer s’il n’est pas de bonne humeur. C’est un poney qui est génial et aligner les quatre sans-faute c’était vraiment chouette. Terminer mes années poney avec lui de cette façon, je ne pouvait pas rêver mieux. Ce souvenir m’a vraiment marqué mais d’un autre côté le championnat d’Europe aussi, c’est trop compliqué de faire un choix. »

Tu participes au Grand National, que t’apportes ce circuit ?

« C’est vraiment une belle opportunité de faire partie d’une équipe du Grand National. Cette année j’ai la chance d’être avec Alexandra LEDERMANN et Louis BOUHANA, je suis plutôt bien entourée. Louis je le connaissais déjà mais j’ai rencontré Alexandra à Royan. Ils sont vraiment gentils avec moi. Ce circuit me permet de monter sur des belles pistes, de faire de belles épreuves. J’ai vraiment envie de commencer les Grands Prix 1.50m, le Grand National ça permet de monter sur des épreuves plus importantes en restant accessible à un bon nombre de cavaliers. »

Où te vois-tu dans dix ans ?

« C’est un peu le flou. J’hésite entre la vie équestre et autre chose, mais dans dix ans je veux vraiment être à haut niveau, sinon je pense que je changerais de voie. L’objectif c’est d’être à haut niveau. Ça me passionne, j’adore travailler pour ça. Là, on forme la relève de mes chevaux et c’est ce qui me plaît. C’est important d’avoir des jeunes pour le futur. Pour le moment j’ai Sircinq, Roseau et Alouette la propre sœur de Roseau qui a été arrêtée et recommencera début d’année prochaine. Roseau lui est un peu moins sorti cette saison, on a voulu le préserver. »

Propos recueillis par Alan CARARIC.