Une liste de départs de Grand Prix sans Jérôme GUERY serait aujourd’hui surprenante, mais ce n’était pas le cas il y a quatre ans. Non-issu d’une famille de cavaliers, l’actuel numéro quatre belge a dû se faire un nom en débutant sa carrière en tant que formateur de jeune chevaux, avec un seul objectif : les voir atteindre le haut niveau. Depuis 2015, et grâce à un certain Papillon Z (retraité depuis), c’est lui qui s’est envolé vers le haut niveau qui lui réussit aujourd’hui si bien. Apprenez-en davantage sur ce crack cavalier au sourire et à la détermination sans faille, qui s’est littéralement livré juste avant le Grand Prix de Madrid !

Comment avez-Vous débuté à cheval, vous qui n’êtes pas issu du milieu ?

« J’ai commencé à monter à poney dans un club à côté de chez moi puis je suis rapidement passé à cheval. J’ai eu la chance d’avoir ma mère qui m’a toujours soutenu dans ce sport. Elle m’a offert mon premier poney à l’âge de douze ans et mon premier cheval à l’âge de quatorze ans. Lorsque j’ai eu dix-huit ans, j’ai décidé de vivre des chevaux et dès que j’ai eu mon bac, je me suis lancé pleinement là-dedans. Mes parents étaient d’accord pour que je m’accorde une année afin de voir si ça me plaisait vraiment, et puis au final je n’ai jamais arrêté ! J’ai commencé par travailler deux ans pour le Haras des Hayettes, avant de me mettre à mon compte en louant des écuries et en m’associant à des éleveurs pour former leurs chevaux. Aujourd’hui cela fait dix-huit ans que je suis à mon compte et c’est vraiment chouette car j’ai pu atteindre le haut niveau depuis maintenant quelques années.« 

Lorsque vous avez été sacré champion de Belgique Junior à dix-huit ans, Le haut niveau était déjà dans un coin de votre tête ?

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« J’étais avant tout un passionné. Je ne m’attendais pas vraiment à décrocher ce titre car j’avais vendu mon cheval avant de récupérer, deux mois avant l’échéance, la monture avec laquelle j’ai été sacré. On ne s’attend pas vraiment à avoir un titre avec un cheval qu’on monte au pied levé ! Ne venant pas d’une famille issue du milieu du cheval, je ne pensais pas avoir une carrière dans ce domaine-là même si je l’espérais fortement. Je me suis donné la peine de réussir en faisant les démarches, en allant à l’étranger… Pouvoir vivre de sa passion est vraiment un rêve que tout le monde peut faire et j’encourage donc toutes les personnes à se donner les moyens pour y arriver. Si l’on vient déjà du milieu, certes c’est plus facile, mais si on travaille tous les jours, qu’on croit en ce que l’on fait et que l’on est passionné, généralement la vie nous donne ce dont nous avons besoin.« 

Ce titre vous a-t-il ouvert des portes ?

« Une fois que je me suis mis à mon compte, j’ai décidé de travailler en collaboration avec les éleveurs. L’idée était de travailler en association avec les bons éleveurs belges à l’image de Luc HENRY de l’élevage Hero, avec lequel j’ai débuté. J’ai ensuite travaillé avec l’élevage Sitte, l’élevage du Seigneur et maintenant je travaille avec l’élevage de Mariposa, d’où vient la crack Flora de Mariposa. En s’associant à de très bons éleveurs, on a plus de chance de détecter les futurs cracks pour pouvoir les former et les emmener au haut niveau. Aujourd’hui j’achète de temps en temps des chevaux dans lesquels je fonde des espoirs, mais à l’époque je n’avais pas les moyens donc j’ai tout de suite commencé avec les jeunes chevaux. Pour bien se construire il faut être patient car les chevaux demandent beaucoup de temps. Heureusement, l’équitation est un sport que l’on peut pratiquer durant de nombreuses années donc on a davantage de temps qu’un autre sportif pour y arriver. Pour ma part j’ai touché au haut niveau plusieurs fois mais cela fait maintenant trois ans que j’y suis vraiment présent et que je fais partie des trente meilleurs mondiaux, mais avant cela je faisais un concours 5* et puis je repartais sur des plus petits niveaux. Aujourd’hui j’ai trente-huit ans et j’espère que ce n’est que le début d’une longue carrière à haut niveau ! Je pense que même si on n’atteint pas le haut niveau jeune et que l’on continue sur sa lancée en étant consciencieux et travailleur, il y a moyen d’y arriver.« 

Vous avez débuté de grands cracks comme Tic Tac du Seigneur, Mozart des Hayettes ou encore Hugo Gesmeray, qu’est-ce que ça fait de les voir évoluer ensuite au haut niveau ?

« Former des jeunes chevaux était à la base mon travail, donc les voir ensuite percer au plus haut niveau est une satisfaction. Ce qui est important aussi c’est d’analyser ce que l’on a ressenti sur ces chevaux-là pour pouvoir le reporter sur d’autres chevaux. J’ai très vite senti qu’un cheval comme Tic Tac, comme Hugo ou encore comme Mozart, comme tous les jeunes chevaux exceptionnels que j’ai montés, qu’ils étaient différents des autres. Donc il faut bien enregistrer la sensation qu’on a avec ces chevaux-là et essayer de les retrouver sur les autres jeunes chevaux qu’on a.« 

Ben MAHER Tic Tac du Seigneur JO RIO 2016
Ben MAHER et son olympique Tic Tac du Seigneur, débuté par Jérôme GUERY © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Pouvez-vous revenir sur votre premier CSI 5* et sur votre première sélection avec l’équipe Belge ?

« Mon premier CSI 5* c’était justement lors d’une sélection avec l’équipe belge, en 2009 pour le CSIO de Gijón. Je suis quelqu’un qui adore l’esprit d’équipe, j’adore monter pour mon pays. C’est quelque chose de spécial qui prend une autre dimension et qui met en évidence une certaine reconnaissance lorsque l’on est appelé pour courir ces concours-là. Monter pour son pays devant le monde entier est vraiment un super moment. Après il y a une autre forme de stress, de pression qui se met en place car l’enjeu n’est pas le même que lorsque l’on court un Grand Prix pour soi-même.« 

Vous avez été propulsé au très haut niveau grâce à Papillon Z qui a eu de nombreux cavaliers, pouvez-vous revenir sur cette arrivée dans vos écuries ?

« Quand j’ai récupéré Papillon, je ne pensais pas du tout que ça allait aussi bien fonctionner entre nous. Au début je ne voulais même pas le prendre car passer après un cavalier comme Gregory WATHELET n’est pas forcément évident. Gregory ne voulait plus le monter car leurs dernières sorties ne se passaient plus aussi bien qu’à leurs débuts. Je connaissais aussi le propriétaire de Papillon car j’avais vendu un de mes chevaux à sa fille, donc j’ai accepté de le prendre. Finalement il est arrivé à un point nommé dans mes écuries car j’avais vendu Curtis 72, le propre frère de Barron, à Lucy DAVIS juste après notre troisième place dans le Grand Prix de Lummen en 2014. Ça a toujours été comme ça, j’ai formé des chevaux et dès qu’ils faisaient une grande performance je les vendais. J’ai dû construire mes écuries, prendre en charge divers coûts, donc je devais avoir une entrée d’argent. Ce sport coûte cher donc j’ai toujours tablé sur la formation puis le commerce. 

Je ne sais pas comment expliquer la sensation que j’avais avec lui dès le début, mais je sentais qu’il se passait quelque chose. Je dois dire aussi que Papillon est arrivé lorsque toutes mes infrastructures étaient construites, j’avais donc une certaine stabilité et pour être bon dans ce que je fais, j’ai besoin d’avoir une certaine forme de stabilité, de sécurité. Si on a des dettes, des problèmes divers et variés alors on monte différemment, moins sereinement. A ce moment-là j’étais donc plus concentré sur le sport. » 

Que vous a apporté Papillon Z dans votre carrière ?

« Seulement deux mois après l’avoir récupéré, nous remportions le Grand Prix 5* de Lummen puis dans la foulée celui de Knokke (vidéo) et le CSI 4* de Mons ! C’est également lui qui m’a permis d’obtenir ma qualification pour le Jeux Olympiques, le rêve de tous cavaliers… C’est vraiment incroyable ce qui s’est passé avec Papillon, c’est une relation tellement particulière et c’est ce qui fait la beauté de notre sport, cette relation que l’on peut avoir avec un autre être vivant. Grâce à lui, j’ai pu accéder au très haut niveau et ça m’a complètement propulsé dans le classement mondial. J’avais en effet un cheval pour faire du CSI 5* et ça a tiré toute mon écurie vers le haut.

Depuis quelque temps nous avons décidé avec son propriétaire de le déclasser pour lui offrir une retraite en douceur. Bien qu’il soit en grande forme, nous avons fait ce choix car c’est un cheval qui a beaucoup donné et nous n’avions pas envie de l’utiliser pour des épreuves intermédiaires, il ne mérite pas ça, c’est un cheval de Grand Prix. Il nous a tellement donné que nous devons le remercier de cette façon-là, en lui offrant une retraite bien méritée. C’est une histoire vraiment magnifique et qui n’est pas prête de se terminer car j’ai la chance de pouvoir le garder à la maison jusqu’à la fin de ses jours. Je n’oublierai jamais son caractère atypique et sa rage de victoire, ce cheval-là a vraiment changé ma carrière et m’a permis de vivre des moments incroyables. Je ne peux pas dire que c’est un crack comme Hickstead, Baloubet du Rouet ou comme d’autres chevaux exceptionnels, mais pour moi c’était mon crack.« 

Les Jeux Olympiques de Rio étaient justement votre premier grand championnat, pouvez-vous revenir sur cette échéance ?

« J’avais déjà participé à plusieurs championnats en Juniors, en nationaux avec les seniors, où j’ai eu des résultats sans pour autant obtenir de sélections pour les grandes échéances car j’étais bon mais pas incontournable. J’ai réussi à me qualifier pour les Jeux Olympiques donc c’était un moment très fort, un de mes rêves allait se réaliser. Honnêtement je ne pensais pas vraiment avoir l’occasion de me rendre à Rio. Il n’y avait que six couples hors pays qualifiés qui pouvaient s’y rendre donc la place était chère. C’est justement Gregory WATHELET qui m’avait dit que j’avais mes chances de me qualifier car lui regardait justement toutes les possibilités. Au regard de mes résultats avec Papillon, il m’avait dit que j’étais pas mal placé et que je pouvais avoir une chance d’y aller. J’ai donc écouté ses conseils en sortant davantage Papillon en compétition, et comme nous avons eu d’autres bons résultats au cours de la saison, j’ai pu obtenir ma place.

Mes premiers Jeux Olympiques resteront un souvenir inoubliable. J’avais pris la décision d’y aller avec Grand Cru car Papillon avait donné énormément pour obtenir ma qualification, et je sentais que ce championnat allait être trop éprouvant pour lui. Je savais également que Grand Cru n’était pas prêt pour faire un podium mais il avait tout le potentiel et les qualités pour réaliser ce championnat. Il a parfaitement répondu présent puisque nous sommes allés jusqu’en finale après de belles prestations de sa part. Cette expérience reste un moment formidable, inoubliable et elle est source de motivation pour les prochains Jeux Olympiques. Lorsque l’on y a goûté, on a envie d’y retourner même si les objectifs seront différents. Mon prochain gros objectif est donc les Jeux Olympiques de Tokyo et je vais former un cheval pour pouvoir être prêt à disputer cette échéance et décrocher une médaille, en équipes ou en individuel.« 

Vous avez accusé un grand turnover dans vos écuries avec notamment la vente de votre cheval de tête Grand Cru, comment allez-vous rebondir ?

« Il est vrai qu’il y a eu du mouvement dernièrement dans mes écuries où j’ai perdu dans un premier temps Alicante. Cette perte a été une grande déception pour moi puisque c’est le propriétaire qui me l’a retiré. C’est la loi de notre sport, lorsque les chevaux appartiennent à des propriétaires nous n’avons pas le plein pouvoir. J’essaye toujours d’avoir des parts dans les chevaux que je monte pour les sécuriser au minimum. Maintenant Alicante évolue bien avec Piergiorgio BUCCI donc c’est plutôt chouette pour le cheval. Quant à Grand Cru van de Rozenberg, j’en étais le propriétaire avec un ami et nous avions toujours décidé de le vendre après les Jeux Olympiques alors que nous avions reçu de belles offres depuis longtemps. Il avait douze ans donc c’était le bon moment pour le vendre. Pour pouvoir investir de nouveau et pouvoir former les chevaux du futur, il faut bien de temps en temps vendre des chevaux. J’essaye de toujours avoir une vision à long terme sur la formation des chevaux et sur les concours. Si je veux arriver avec un cheval prêt pour les prochains Jeux Olympiques, il faut que je forme ce cheval dès maintenant en espérant faire les championnats d’Europe l’an prochain avec pour le tester et arriver compétitif à Tokyo. Je planifie donc les choses très à l’avance, et en février dernier c’était le moment de vendre Grand Cru pour reconstruire un nouveau piquet. J’ai eu aussi beaucoup d’arrivées avec des chevaux plus jeunes et moins expérimentés, qui ne demandent qu’à prendre de l’expérience.

Jérôme GUERY Garfield de Tiji des Templiers Barcelone 2017
Jérôme GUERY et son nouveau cheval de tête Garfield de Tiji des Templiers © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Et puis je peux bien évidemment compter sur Garfield de Tiji des Templiers qui est devenu mon cheval de tête après la vente de Grand Cru. En vendant Grand Cru je savais que j’allais pouvoir compter sur mon gros chat (rires !) et me maintenir ainsi en CSI 5*. Il a tout de suite pris sa place de leader à cœur. J’essaie de tout calculer et de bien réfléchir avant de prendre une décision. Après il y a les aléas de la vie qui font qu’on est obligé de composer comme par exemple avec la blessure d’un cheval ou autres, mais jusqu’à présent j’ai plutôt eu de la chance. Il y a tellement de compétitions maintenant que c’est difficile d’orchestrer une bonne gestion. On a envie de courir tous les concours 5* mais bien gérer ses chevaux si on veut qu’ils perdurent dans ce sport, c’est primordial.« 

Y a-t-il un de vos nouveaux chevaux qui sort du lot ?

« Avec un copropriétaire, nous avons décidé d’acquérir Celvin qui est un cheval de onze ans. Cet achat a été pensé dans le but d’avoir un autre cheval mature, en plus de Garfieldpour me permettre de rester dans le haut niveau. Il a participé à son premier gros concours au LGCT de Shanghai où il s’est très bien comporté dans le Grand Prix dominical. Nous pensons le garder durant toute cette saison avant de la vendre par la suite. A côté de cela j’ai plusieurs chevaux de neuf ans qui ont beaucoup de potentiel : Jupiter VG et Kel’Star du Vingt Ponts. Le premier terminait deuxième du Grand Prix du CSI 3* de Maubeuge. Il est encore jeune mais il a beaucoup de potentiel. Et pour le deuxième, je fonde énormément d’espoir en lui. Kel’Star est un fils de Kannan qui a moins d’expérience que Jupiter mais qui a encore plus de moyens. Je pense que c’est l’un des meilleurs chevaux que j’ai jamais monté ! Il faut encore le former et que tout aille dans le bon sens, mais sincèrement je pense qu’il ira très loin, il a énormément de potentiel. J’ai également acquis une jument qui va être elle aussi fantastique, sans parler des autres plus jeunes. J’ai actuellement un très beau piquet de chevaux, certes jeune mais avec beaucoup de qualité. »

Vous qui êtes très attaché aux épreuves par équipe, courir dans la Global Champions League avec des cavaliers d’autres nationalités doit-être excitant ?

« Simon DELESTRE, Julien EPAILLARD et Romain DUGUET avec qui je cours pour l’équipe des Monaco Aces, sont de très bons amis. La jeune Jeanne SADRAN (interviewée récemment) fait aussi équipe avec nous et va prendre beaucoup d’expérience. Monter ensemble était une chose qu’on n’aurait pas imaginée sans la Global Champions League. Nous avons fait nos Juniors ensemble et nous nous sommes jamais quittés. Nous avons vécu toute notre jeunesse ensemble où on a toujours été très proche. C’est grâce à Simon que j’ai pu intégrer l’équipe l’an passé et nous avons eu l’occasion de pouvoir recréer une équipe cette année. Avec Julien et Simon, nous avons tout de suite pensé à Romain lorsque nous avons eu l’opportunité de recréer une équipe cette année. Nous sommes une vraie bande d’amis qui concourrons ensemble, donc c’est très chouette de pouvoir vivre cela ! Courir avec eux est évidemment différent de courir sous les couleurs de l’équipe nationale, où les enjeux ne sont pas les mêmes. Il s’agit de deux types de concours différents, mais il y a toujours cette même émotion qui apparaît lorsque l’on monte pour les autres. Lorsque l’on monte un Grand Prix on monte pour soi, mais quand on monte dans une équipe on monte aussi pour les autres et ça on le ressent grandement. C’est ce qui rend la chose très amusante et excitante.« 

Vous portez les couleurs de la maison Hermès depuis peu, que représente cette marque française pour vous ?

« Je suis Belge mais je suis aussi francophone, donc j’ai toujours eu un lien fort avec la France. J’ai quasiment fait toutes mes armes en France en travaillant entre autres au Haras de Hayettes, j’ai plein d’amis français et j’aime ce pays. Je trouve que c’est un des pays où il y a les meilleurs concours du monde. Moi qui ai eu la chance de voyager partout, en France il y a une qualité de concours qui est assez incroyable avec des pistes fantastiques. On sent vraiment que la France est un pays du cheval et j’aime beaucoup venir en France où je me sens fort bien accueilli. C’est une des raisons pour laquelle j’ai donc accepté de porter les couleurs de la maison Hermès depuis maintenant un an et demi. Lorsqu’une marque comme Hermès vous approche, cela montre une certaine reconnaissance du niveau que vous avez et la reconnaissance du grand public. On peut être fier de représenter une marque aussi prestigieuse, historique et élégante que celle d’Hermès. Je suis très content de monter en selle Hermès en plus de pouvoir faire partie de cette très belle équipe où une belle relation s’est tout de suite créée.« 

On vous voit très présent sur les réseaux sociaux, qu’est ce que cela vous apporte ?

« Je pense qu’il faut vivre avec son temps et les réseaux sociaux font aujourd’hui partie de notre vie. J’aime beaucoup partager ce que je vis donc pouvoir partager mes expériences avec mes internautes, je trouve cela très chouette. Cela fait maintenant un peu plus de deux ans que j’ai fait appel à quelqu’un car ça demande quand même du temps, la communication est un travail à part entière. C’est un de mes amis qui travaillait pour un journal et qui m’a dit un jour qu’il voulait se mettre à son compte dans le domaine de la communication. Nous avons donc commencé ensemble et tout ce qui est posté sur mes réseaux sociaux fait l’objet d’une décision commune. C’est généralement lui qui le fait car je n’ai pas toujours le temps, mais j’aime bien aussi de temps en temps poster une petite photo.

Les chevaux que je monte appartiennent généralement à plusieurs personnes telles que des propriétaires, des éleveurs, des amis, donc partager des moments d’émotion avec eux rend la chose encore meilleure. Une victoire n’est plus belle que lorsqu’elle est partagée. Les chevaux touchent beaucoup de gens, mais tout le monde n’a pas la chance de voyage comme nous le faisons. Donc à travers mes réseaux sociaux, j’essaie de faire rêver celles et ceux qui ne peuvent pas vivre ce que l’on vit.« 

Quel est votre meilleur souvenir depuis vos débuts ?

« Les Jeux Olympiques de Rio restent un de mes meilleurs souvenirs. En fait c’est Rio et l’histoire de Rio. J’y suis allé grâce à Papillon, ensuite Grand Cru a pris le relais et a été exemplaire sur place, donc quand je parle de Rio c’est l’aboutissement du travail qui a été réalisé en amont. J’ai aussi deux très belles victoires qui m’ont beaucoup marqué : Le Grand Prix de Knokke avec Papillon car c’était un concours important pour moi, qui plus est en Belgique, et puis le Grand Prix de La Baule avec Grand Cru. Depuis que je suis petit, j’admire ce concours mythique que tout le monde connaît depuis des années… Pouvoir inscrire son nom sur le tableau de La Baule reste un de mes meilleurs souvenirs.« 

Jérôme GUERY Grand Cru van de Rozenberg JO RIO 2016
Jérôme GUERY et Grand Cru van de Rozenberg lors des JO de Rio © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Quelle est la suite de votre saison ?

« Je savais que cette année allait être une saison de transition même si j’ai beaucoup de chance d’avoir Garfield dans mes écuries. Je sais que je suis sur la liste pour les Championnats du Monde de Tryon, maintenant c’est au chef d’équipe de décider qui ira représenter la Belgique. Si j’avais gardé Grand Cru, j’avais 90% de chance d’y aller. Garfield a aussi sa place mais on verra au cours de la saison comment il se comporte. C’est une année de transition dans le sens où j’ai beaucoup de neuf ans et autres jeunes chevaux que je veux amener au haut niveau. Si on fait appel à moi en équipe nationale, je me déplacerai mais cette année j’ai aussi décidé de me concentrer davantage sur le circuit du Global Champions Tour. A plus long terme je vise les championnats d’Europe puis les Jeux Olympiques de Tokyo si on arrive à se qualifier.« 

Propos recueillis par Raphaël GARBOUJ.