Nous étions partis à sa rencontre en 2017. Beaucoup de choses ont depuis changé pour la Japonaise Karen POLLE, qui s’est durablement installée à haut niveau. Lors de notre rencontre aux Longines Masters de New-York il y a quelques semaines, elle n’a pas caché son excitation face aux Jeux Olympiques, qui auront lieu dans son pays en 2020.

Les prochains Jeux Olympiques auront lieu dans votre pays, est-ce que vous y pensez souvent ?

« Tous les jours. Et plusieurs fois par jour même (rires). Ce serait un rêve d’avoir la chance d’y participer. Cela me rend un peu nerveuse, car j’espère vraiment pouvoir atteindre cet objectif. Je vais continuer à travailler très dur chaque jour, et j’espère que quand le jour J arrivera, la fédération japonaise me choisira. J’ai terminé l’école il y a juste deux ans, depuis je suis concentrée sur les chevaux uniquement et la préparation pour l’échéance de ma vie, les Jeux Olympiques de Tokyo. J’espère vraiment que l’on y arrivera. »

Quels chevaux prépares-tu pour cette échéance ?

Publicité

« Pour le moment, je prépare mon meilleur cheval, With Wings. C’est un cheval incroyable et il aura dix -ept ans l’année prochaine. C’est donc dur de savoir dès maintenant s’il sera en mesure de s’y rendre. J’adorerais pouvoir y aller avec lui mais je ne veux pas le pousser. Il sera peut-être un peu vieux, nous verrons.

J’ai aussi Sari, qui a onze ans. Je l’ai eu il y a un an, et on commence vraiment à se bien connaitre depuis nos débuts en Floride. Elle a terminé sans aucune faute dans presque tous les Grands Prix de cette tournée hivernale. J’ai hâte de voir la suite, peut-être qu’elle aussi sera prête.

J’ai enfin un autre cheval de Grand Prix, Kino, qui a également onze ans et qui serait éventuellement une possibilité. Au niveau des jeunes chevaux, je n’en ai aucun de très jeune. Ma nouvelle jument, qui est arrivée il y a quelques semaines, a neuf ans. Elle n’est pas très jeune mais très verte, elle était poulinière et n’a pas beaucoup d’expérience. Je pense qu’elle sera une bonne monture pour le futur. »

Quelle est l’équipe japonaise actuelle, qui pourrait se rendre aux JO ?

« Taizo SUGITANI, Eiken SATO qui a fait une pause mais qui est maintenant de retour, Daisuke FUKUSHIMA, Koki SAITO… Donc nous avons de bons cavaliers très motivés pour l’année prochaine ! »

Vous voyez-vous régulièrement ? Comment êtes-vous entourés ?

« Paul SCHOCKEMOHLE est notre team manager et Wim SCHRODER est notre chef d’équipe. Ils travaillent tous les deux pour nous superviser et nous aider. Ils font du très bon travail pour nous aider à nous entrainer et à trouver des chevaux. Et bien évidemment, pour commencer à se préparer pour l’année prochaine et les Jeux Olympiques.

Mes coéquipiers sont tous en Europe, donc ils se voient souvent. Je ne les vois pas autant car je suis aux États-Unis mais quand je suis en Europe pour l’été je les vois. Nous avions un très bon esprit d’équipe l’année dernière pendant les Jeux Équestres Mondiaux à Tryon. C’était très sympa de passer une semaine tous ensemble, et ce fut une très belle expérience. »

Quelle est la place des sports équestres en Asie ?

« Je pense que le sport commence à évoluer. Il y a de plus en plus de personnes qui font du saut d’obstacles au Japon en tout cas. Le monde des courses est aussi très important dans ce pays qui est le mien, donc il y a de toute façon un grand intérêt pour les chevaux. Des compétions comme les Longines Masters de Hong Kong, par exemple, aident aussi forcément à démocratiser notre sport à travers le continent asiatique. Cela ne peut aller que dans le bon sens. »

Nous allons donc voir de plus en plus de cavaliers japonais à haut niveau !

« Oui, je le pense. D’autant plus au vu du grand investissement que l’équipe japonaise met en place pour Tokyo. Ce n’est pas tous les jours que nous aurons les Jeux Olympiques à la maison ! Je pense que vous verrez de plus en plus de Japonais accéder au niveau CSI 5*, et j’espère que plus de jeunes cavaliers pourront venir en Europe pour s’entrainer et se créer des opportunités. »

Pourquoi es-tu la plupart du temps aux États-Unis ?

« J’ai grandi ici, c’est un peu comme chez moi. J’aime être ici. J’adore aussi l’Europe, les compétitions y sont géniales, mais j’habite officiellement aux États-Unis et c’est là que sont tous mes souvenirs. Ce que j’adore faire, c’est commencer la saison en Floride, puis aller à New-York et enfin à Calgary, juste avant de partir en Europe où je suis stationnée aux Pays-Bas avec mes entraineurs. »

Es-tu dans une optique d’investir dans de très jeunes montures ?

« Pour le moment, vu que l’on est très proches des Jeux Olympique de Tokyo, je n’ai pas de jeunes chevaux et me concentre sur mes chevaux de tête pour mon objectif principal. Je n’ai pas de chevaux en dessous de neuf ans. Pour sûr, je prendrai après les JO du temps pour les plus jeunes, afin de préparer la relève. »

Propos recueillis par Eva LAUMOND. Photo à la Une : © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE