Mathilde MONTGINOUX est une jeune cavalière de CSO qui vient d’être récemment sacrée championne de France des cavalières à Fontainebleau en juin dernier. En plus de sa carrière sportive, elle suit son compagnon Maxime LIVIO, un des meilleurs cavaliers de complet au monde, sur les plus grosses échéances internationales. L’équipe de Jump’inside est partie à la rencontre de cette athlète lors du Grand National FFE de Rosières-aux-Salines où elle participe au circuit en représentant les couleurs de notre partenaire Cavaletic.

Tout d’abord, présentes toi !

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« J’ai vingt-cinq ans, je suis issue d’une famille de cavaliers donc ça m’a permis d’évoluer facilement dans ce milieu-là. J’ai commencé à monter à cheval avec mes oncles. Mon père a monté de nombreuses années chez Michel ROBERT donc j’ai eu la chance d’être dans ses écuries étant plus jeune. Ensuite j’ai travaillé quelques années toute seule avant de rejoindre le pôle France de Saumur pour me former dans le CSO. C’est là que j’ai rencontré mon compagnon, Maxime LIVIO, qui lui évolue en concours complet. Nous sommes maintenant installés dans la région de Saumur à une dizaine de kilomètres du Cadre Noir où nous avons nos propres écuries. »

Comment s’organise une écurie lorsque deux disciplines sont mélangées ?

« Bien que Maxime sorte en CCE et moi en CSO, nous avons une structure unique où nous travaillons tous ensemble et disposons d’une équipe très dynamique sans qui les résultats ne seraient pas là. Nous nous complétons donc bien. L’équipe de CCE nous apporte son expertise sur le plat et pour le coup, mon équipe de CSO leur apportons pour le saut et je trouve cela très important et intéressant. En face des écuries, nous disposons également une structure sport-études qui est gérée par une personne qui s’est associée à nous. »

Tu t’investis beaucoup dans la carrière de Maxime, comment gères-tu cela ?

« Avec Maxime on se connaît très bien, je pense que nous sommes assez complémentaires même si ce n’est pas forcément évident tous les jours. Nous nous faisons confiance et j’essaye de l’accompagner sur les gros concours en gérant des éléments autours pour qu’il se concentre uniquement sur l’échéance en question. Il y a aussi bien évidemment notre équipe aux écuries qui agit pour cela et c’est cette globalité qui permet d’avoir ces performances-là.« 

Est-ce que le concours complet est une discipline qui te donne envie ? Et inversement avec le CSO pour Maxime ?

« Maxime a déjà évolué sur des épreuves cotées à 1.45m, d’ailleurs lorsque je me suis cassé la jambe, c’est lui qui sortait Tomtom et Pepito en concours. Il aime beaucoup sortir en CSO, après il faut avoir les chevaux pour le faire et le temps car le calendrier est bien chargé ! A l’inverse j’aimerais bien faire un peu  de CCE. J’en ai déjà fait mais à chaque fois je tombais en CSO sur 1.10m (rires) ! J’ai une jument de cinq ans, Cybelle de Leyrel, qui a gagné à Saumur mais cela reste des épreuves jeunes chevaux et j’aimerais bien que ce soit plus construit. Quand Maxime ne pouvait pas monter (mis à pieds suite à l’affaire de dopage des JEM de Caen en 2014, ndlr.), il me laissait quelques chevaux mais il n’y avait pas d’évolution, ce n’est pas comme si c’était un cheval avec lequel je m’entraînais tous les jours. Peut-être que lorsque Maxime aura un cheval déclassé, je pourrai faire de belles épreuves en complet. »

Peux-tu nous parler de tes chevaux ?

« Mon piquet est toujours constitué de cinq à six chevaux de CSO et je trouve que ce nombre correspond bien à ce que je veux faire. Mon cheval de tête aujourd’hui c’est Tomtom Floreval, un hongre de dix ans qui a beaucoup de qualités et énormément de puissance. Il m’a offert en juin dernier mon titre de championne des cavalières à Fontainebleau. Mon deuxième cheval, Pepito Landais, appartient à l’IFCE et il s’est malheureusement blessé l’année dernière, mais il va revenir en fin de saison. J’ai également une jument de huit ans, Veracruz d’Aubigny, qui a beaucoup de qualité. Elle a aussi dû être arrêtée à cause d’une infection pulmonaire, pathologie très rare chez les chevaux. Elle fait son retour à la compétition ici à Rosières-aux-Salines. »

T’attendais-tu à décrocher le titre de Championne des Cavalières ?

« Je me suis rendu aux championnats avec des ambitions après avec le sport on ne sait pas trop ce qu’il peut se passer. Tomtom et moi étions prêts pour cette échéance. Nous faisons quatre points avec un chronomètre rapide dans la chasse ce qui nous a placé en embuscade. Après nous avons répété les parcours sans-faute et nous étions en phase tout du long. Je pense que c’est ça qui a fait la différence.« 

Que représente pour toi ce titre réservé uniquement pour les femmes ?

« Avant mon titre je ne me rendais pas forcément compte de l’importance qu’il pouvait avoir. C’est une fois sacrée championne que je me suis rendu compte qu’il avait une importance car tout le monde en parle. Pénélope LEPREVOST est passée par là comme beaucoup d’autres grandes cavalières. Dans l’esprit des gens c’est un championnat à part, mais important. Après je trouve qu’il y avait beaucoup de bonnes cavalières et de bons chevaux et même s’il y avait moins de concurrence avec l’absence des hommes, ce championnat reste très disputé. Je suis très contente de ce titre !« 

Quels sont tes objectifs à court et long terme ?

« Mon objectif principal est le circuit du Grand National qui est un très bon circuit aussi bien pour les chevaux que pour les cavaliers. Il nous prépare bien et nous emmène vers le haut niveau. Les épreuves à 1.50m ne sont pas forcément accessibles pour nous dans les concours internationaux. C’est aussi important pour nos partenaires. L’an dernier j’ai fait la tournée en Algérie à Mostaganem où ils proposaient un CSI 3*. Je souhaite vraiment y retourner cette année car c’est un super concours. En plus, ils vont monter en gamme donc c’est  formidable pour nous de se rendre dans ce genre d’événements. »

Le haut niveau te fait-il rêver ?

« Aujourd’hui je n’ai pas un piquet de chevaux qui me permet d’avoir ces ambitions-là, en plus tous les chevaux sont à vendre car le commerce c’est aussi notre métier. Si je vends une de mes montures, j’en trouverai d’autres pour les former, mais c’est vrai que j’aimerais vraiment aller le plus loin possible avec Tomtom Floreval car c’est le genre de cheval que l’on ne trouve pas tous les jours. Si le cheval est prêt et que nous sommes appelés pour faire une Coupe des Nations en deuxième division où aller dans un beau concours, ça serait super mais la priorité reste la santé de mes chevaux. Quand j’étais plus jeune, j’ai fait des erreurs en ne prenant pas forcément le temps et ça n’a pas été bénéfique. Quand j’étais sélectionné en juniors et jeunes cavaliers, mes chevaux se sont à chaque fois blessés avant d’espérer aller aux Championnats d’Europe.« 

Tu portes les couleurs de Cavaletic, une marque 100% éco-responsable. Est-ce que tu te reconnais également dans ces valeurs-là ?

« Je partage vraiment les mêmes valeurs que celles de Cavaletic. A mon sens des valeurs très importantes pour le monde d’aujourd’hui. Aux écuries nous faisons aussi attention à l’empreinte écologique puisque le père de Maxime travaille dans le domaine du développement durable. Nous avons des panneaux solaires sur le manège, des citernes qui nous permettent de récupérer l’eau de pluie. Le fait qu’une marque propose des produits entièrement éco-responsable dans le monde de l’équitation est une grande initiative et c’est vraiment dans cette direction qu’il faut se développer. Je suis fière de porter ses valeurs là, ça me plaît et c’est ce que l’on veut refléter en tous les cas.« 

Que penses-tu de cette première édition du Grand National  à Rosières-aux-Salines ?

« C’est un concours qui est très loin des écuries, mais le déplacement en vaut le coup. L’organisation est super, la piste est impeccable, la rivière à côté du concours est vraiment un plus pour le mental de nos chevaux, et le nôtre ! Le fait d’évoluer dans un pôle hippique amène une certaine dynamique qui se créer et je pense que c’est grâce à cela que le Grand National a décidé d’organiser une étape ici en Lorraine.« 

Propos recueillis par Raphaël GARBOUJ.

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