Ces derniers mois, le Japon fait parler de lui dans le monde du saut d’obstacles et cela grâce à une personne en particulier : Karen POLLE. Gagnante d’un Grand Prix 5* à Wellington cet hiver mais plus récemment troisième du Grand Prix de Versailles et sélectionnée pour le CSIO 5* de La Baule, la jeune femme de vingt-quatre ans commence à capitaliser quelques belles lignes sur son palmarès. Son histoire est aussi liée à celle d’un cheval  en particulier : With Wings. Jump’inside est parti à la rencontre de cette nouvelle pépite, travailleuse et bien décidée à poursuivre sa belle lancée.

Comment as-tu commencé à monter à cheval ? Est-ce que tes parents évoluaient dans ce milieu ?

« Personne ne monte à cheval dans ma famille. En montant à cheval pour la première fois, je ne savais même pas que le saut d’obstacles était un sport. Il y avait de petites écuries à côté de la maison de campagne de mes parents. Quand j’y allais je voyais des personnes monter à cheval et j’avais vraiment envie d’essayer. Un jour, j’ai demandé à mon père si je pouvais prendre une leçon et c’est comme cela que j’ai commencé. »

A quel moment t’es tu tourné vers le haut niveau et vers une carrière de cavalière professionnelle ?

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« J’ai toujours voulu continuer de monter à cheval mais le moment où j’ai vraiment commencé à me dire que je pouvais faire quelque chose de bien c’était lorsque j’ai remporté le Championnat Junior aux Etats-Unis à dix-huit ans, c’était ma première grande victoire. Je me suis dis que si je travaillais très dur, cela pouvait marcher. »

Ta carrière semble avoir vraiment décollé depuis que tu as With Wings, comment l’as tu rencontré ? Parle-nous de lui.

« Je l’ai trouvé quand il avait sept ans en Floride, à Wellington. Je me suit tout de suite dit que j’aimerais le monter. Il représente vraiment le cheval parfait à mes yeux. Il est brave, attentif, très respectueux avec beaucoup de moyens. Je pense qu’il veut toujours gagner, il fait toujours bien son job. Son mental le rend encore meilleur. En fait, il n’a pas vraiment de défaut. Je pense que mon meilleur souvenir avec lui reste notre double victoire dans la qualificative du Grand Prix et le Grand Prix à Wellington cet hiver. Il n’aurait pas pu être meilleur cette semaine là. Je suis vraiment fière de ce que nous avons fait, cela représente beaucoup pour moi. »

Tu as eu la chance d’être entraînée par de grands cavaliers comme Scott BRASH et Ian MILLAR. Qu’est ce qu’ils t’ont apporté ?

« J’ai travaillé avec Scott durant l’hiver à Wellington alors qu’il était en tournée. J’ai énormément appris avec lui mais il était difficile de faire perdurer notre collaboration à temps plein parce que je n’étais pas basée en Europe. Mais c’est resté un souvenir incroyable de travailler avec lui, j’ai été très chanceuse ! Ian MILLAR m’a aidée à Calgary plusieurs fois. C’était aussi fantastique de travailler avec lui, surtout que je pense que c’est l’un des meilleurs. En tout cas, les deux m’ont aidé à améliorer mon équitation et m’ont donné des conseils que je continue d’appliquer aujourd’hui. Ian m’a aidé à rendre mon équitation plus lisse parce que j’essayais toujours d’en faire trop. Scott m’a appris la manière dont il faut sauter un parcours, en me montrant qu’il faut monter obstacle par obstacle. Il s’agit de donner de l’attention aux détails. Mais il a aussi une très bonne façon de préparer ses chevaux et d’organiser leurs programmes. C’était très intéressant pour moi. »

Maintenant tu travailles avec Rodrigo PESSOA, explique-nous un peu comment cela se passe.

« Cela a commencé en octobre l’année passée au Longines Masters de Los Angeles à l’occasion du CSI 5*. C’était la première fois que nous échangions ensemble. Au début il était là seulement quand mon entraîneur ne pouvait pas venir. Finalement j’ai saisi l’opportunité de travailler avec lui et maintenant mes chevaux sont dans ses écuries en Belgique. Il me fait travailler sur le plat et nous sautons une fois avant les concours. Pendant les concours il est aussi là, nous faisons la reconnaissance ensemble, etc. »

Revenons un moment sur ton incroyable début de saison. Tu as été performante à Wellington cet hiver puis tu as fini troisième du Grand Prix de Versailles et tu as été à la Baule… Raconte nous !

« Et bien je n’aurais pas pu rêver mieux ! Je suis très heureuse d’arriver à être régulière à ce niveau là. J’espère vraiment que je vais continuer comme ça parce que c’est génial de se donner du mal comme cela à la maison et de réussir en concours. C’est un super sentiment. Après cela je vais aller à Rome mais pas avec Wings, je vais prendre deux autres chevaux. Après nous irons à Calgary pour cinq semaines. »

Tu te consacres donc uniquement aux chevaux maintenant ?

« A l’heure d’aujourd’hui, ce que je préfère faire c’est sauter des Grands Prix ! Bon je ne pense pas être la seule à dire ça (rires). J’ai été diplômée de l’université de Yale donc je peux maintenant me consacrer à plein temps à l’équitation et puis j’ai plusieurs bons chevaux maintenant. »

Les sports équestres connaissent un essor incroyable en Asie ces derniers temps. Toi qui possède la nationalité japonaise, quel regard portes-tu sur cette évolution ?

« Je n’ai jamais vraiment concouru là-bas malheureusement. J’espère pouvoir faire quelques compétitions. Je connais d’autres cavaliers japonais, la plupart d’entre eux sont basés en Europe justement. Je pense vraiment que si l’on veut être compétitif à haut niveau, on doit aller en Europe ou en Amérique du Nord où le niveau de préparation des chevaux est élevé. »

Quels sont tes objectifs sur le long terme ?

« Je pense que tous les cavaliers rêvent des Jeux Olympiques ou des championnats du Monde ! J’essaye vraiment d’y croire et je travaille dur pour cela. »

Quels cavaliers t’inspirent au quotidien ? As-tu un modèle particulier ?

« C’est une question dure, parce que j’en ai beaucoup. Rodrigo en fait partie bien sûr. J’ai énormément de respect pour tout ce qu’il a accompli dans sa carrière. Il a pratiquement tout fait et tout gagné ! Mais il y a vraiment beaucoup de cavaliers sur qui je prends exemple. J’admire aussi beaucoup Scott BRASH mais aussi Jeroen DUBBELDAM, il est champion olympique, champion du monde et champion d’Europe quand même, c’est incroyable ! Comme beaucoup, je rêve aussi de monter comme Marcus EHNING (rires). »

Quel cheval de haut niveau rêverais-tu de monter ?

« Que l’on soit bien d’accord, mon cheval préféré reste Wings ! Mais si je devais vraiment en choisir un autre, ce serait la jument de Luciana DINIZ, Fit For Fun. »

Propos recueillis par Charlotte MARICHAL.

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