Plus discret ces derniers temps même si toujours bien sur les CSI 5*, le Français Roger-Yves BOST, toujours d’une décontraction et d’une simplicité olympiennes, tire le bilan de sa période de transition. Le retour de Sangria du Coty et cette volonté d’accrocher une qualification pour les prochains JO, voilà ce qui motive à présent le champion d’Europe et champion Olympique.

Après une année de transition, comment vas-tu ?

« Je vais bien, mes chevaux sont en forme, Sangria a recommencé les concours à Oliva et était très bien ! Elle va sauter au CSI 5* de Doha dans deux semaines, accompagnée par Vino qui est en constante amélioration et qui commence à être très bien dans les grosses épreuves. J’ai aussi Talitha qui peut faire des belles épreuves et est très polyvalente, Vladimir lui a fait des coliques et reviendra donc en mai, c’est un peu embêtant car il était très bien fin 2018 et pouvait classer 1.55m, mais ça va, tout va bien ! »

Comment s’est déroulée ta saison précédente ?

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« J’ai fait le Global Champions Tour toute l’année dernière, sans grands classements car mes chevaux n’étaient pas vraiment prêts pour faire toutes les grosses épreuves, mais je suis resté dans le coup. Ce qu’il faut c’est toujours être là, se donner à fond pour être tout de suite au niveau quand on retrouve le bon cheval en bonne forme. Si on quitte un peu le haut niveau, on peut vite trouver tout énorme et dur quand on y revient, il faut donc quand même rester dans le coup. »

Est-ce que ces périodes de transition sont plus propices à la réflexion, remise en cause de son système, etc ?

« Je ne pense vraiment pas à ce moment où j’arrêterai. J’ai eu plusieurs chevaux blessés en même temps l’année dernière, il faut que je refasse des chevaux, ce que j’ai essayé de faire tout 2018. Notre système est je pense bien huilé maintenant, on cherche surtout des chevaux un peu partout. J’ai des gens qui sont prêts à m’aider pour investir, on en essaie beaucoup, mais ce n’est pas facile à trouver ! Je suis exigeant et ne veux pas de chevaux intermédiaires, on recherche toujours le meilleur et je suis toujours autant motivé pour ça. J’ai un contrat de deux ans avec mon équipe de la Global Champions League, Hubside, on travaille ensemble et on essaie de préparer l’avenir proche.

Je n’ai plus beaucoup d’années de concours à faire, même si j’espère en faire encore quelques-unes, j’ai moins le temps qu’avant… C’est donc plus dur de penser à un avenir plus ou moins lointain en formant de très jeunes chevaux, même si j’adore ça et je le fais toujours. J’aime bien les former et les amener dans les grosses épreuves, c’est vraiment mon plaisir. »

Y-a t’il moins de bons chevaux qu’avant sur le marché ?

« Je dirais qu’il y a beaucoup de bons chevaux disponibles, mais ils ne sont plus forcément chez les cavaliers expérimentés comme nous. Il y a des très bons circuits maintenant, comme le Grand National, les CSI 2 et 3*, les cavaliers qui auparavant nous confiaient leurs chevaux prometteurs pour qu’ils s’aguerrissent sur les grosses épreuves, peuvent les garder et se faire plaisir sur de beaux concours plus accessibles. Ils se font la main et prennent de l’expérience avec leurs cracks, qui ne sont donc plus dans nos boxes ! La roue tourne, mais on est encore là (rires). »

Comment se dessine cette saison 2019 ?

« Je me suis servi du concours d’Oliva pour préparer ma saison, j’y étais avec mon fils Nicolas. Il a aligné les sans-faute, j’étais vraiment content, et on voit notamment sortir du lot une huit ans par Chacco Blue, Bluemuch des Baleines, qui a tous les moyens pour faire les grosses épreuves. L’objectif était de remettre tous les chevaux en route et axer la plupart du programme de la saison autour du championnat annuel.

C’était le dernier parcours de cette tournée à Oliva ?? ! Le GP***1m50 avec Tesway de la Batia , malheureusement un petit 4pts nous prive du barrage mais nous offre une 14eme place ? très satisfaisante compte tenu du niveau de l’épreuve et des cavaliers présents !

Publiée par BOSTY Team sur Lundi 28 janvier 2019

Je prépare Sangria pour les prochains championnats d’Europe, c’est un très gros objectif de se rendre là-bas et d’obtenir notre qualification pour les Jeux Olympiques l’année d’après. La jument fera quelques étapes du Global Champions Tour pour la remettre dans le niveau du CSI 5* mais elle ne fera pas que ça. On verra tout ça avec l’entraîneur national, mais je sais qu’elle tient tout un championnat comme elle l’a prouvé à Göteborg et Bercy. Il faut aussi que j’obtienne quelques performances individuelles pour remonter dans le classement mondial, car je suis tombé un peu loin ! Mais la qualification pour les JO, c’est la priorité des priorités ! En 2007 à Manheim on était passés à côté de notre qualification pour les JO de Pékin, alors que j’avais Idéal de la Loge en pleine forme, c’était un coup, vraiment pas agréable. On va faire en sorte que ça ne recommence pas, le staff fédéral et Sophie DUBOURG sont à fond pour ça, maintenant il faut des couples en forme. Comme dit Kévin (STAUT, ndlr), ça ne va pas être facile mais il faut qu’on se batte. »

Propos recueillis à Hong Kong par Théo CAVIEZEL.
Crédit photo à la Une : Pierre COSTABADIE / Scoopdyga.com