Cela ne fait même pas six mois que Jérôme GUERY et Quel Homme de Hus sont associés pour le haut niveau, et pourtant la paire semble s’être bien trouvée ayant déjà remporté le Grand Prix du Longines Global Champions Tour de Mexico, et se classant ce week-end sixième dans celui de Madrid. Jump’inside a fait le point avec le cavalier belge sur ce début d’année en fanfare.

Quel a été votre ressenti lors de votre victoire au Mexique avec Quel Homme de Hus, que vous ne connaissiez que depuis peu de temps ?

« C’était une victoire vraiment magnifique, elle est très spéciale parce que ce cheval m’a été confié par l’un de mes meilleurs amis, Gaëtan DECROIX. Il est tombé malade et m’a demandé de le monter. Il me l’a confié juste avant le Sunshine Tour donc je l’avais monté là-bas juste avant Mexico où il a d’ailleurs gagné le Grand Prix avec moi, puis on est parti au Mexique pour voir un peu comment il se comportait sur le niveau 5*. Dès le deuxième jour, il était cinquième de la grosse épreuve et gagne le Grand Prix le lendemain (voir vidéo). C’était vraiment une très très belle victoire : chaleureuse pour lui et pour moi, et le cheval a vraiment montré qu’il était exceptionnel et hors du commun. »

Quelles sont ses plus grosses qualités ?

« Quel Homme a toujours été très bon, avec Gaëtan il faisait déjà sans-faute, maintenant il avait un peu la réputation d’être un cheval lent et c’est vraiment la chose qui a changé un petit peu avec ma monte : j’ai amélioré sa rapidité et ses courbes. Il est toujours resté aussi respectueux comme il l’était avant, c’est un cheval avec énormément de force, énormément de respect et avec un très très bon galop et une très bonne bouche. Je crois que je n’ai jamais eu la chance de monter un aussi bon cheval. »

L’aviez-vous déjà repéré avant de le monter ?

« Oui bien sûr, je savais déjà que c’était un très bon cheval, mais je ne pensais pas qu’il était exceptionnel à ce point-là. C’est vraiment en se découvrant tous les deux que je me suis rendu compte que c’était plus qu’un bon cheval : il est un cheval hors du commun. »

Quel est le plan pour le reste de l’année ?

« Le cheval va rester dans mes écuries, ça c’était quelque chose qu’on avait défini avec Gaëtan, c’est un cheval de CSI 5* et il n’avait pas accès à ces concours-là. Pour lui et pour moi, c’est très positif que ce cheval reste dans ce niveau de concours. Je vois vraiment Quel Homme comme un cheval qui peut sauter partout, mais c’est sûr que les meilleurs terrains où il va vraiment s’exprimer sont les terrains en herbe ou les grands terrains en sable. Je peux vraiment jouer de son action pour faire de bons résultats. Il a donc recommencé ici à Madrid après Miami, ensuite je vais à Rome où il va faire sa première Coupe des nations à ce niveau parce que le sélectionneur aimerait vraiment le voir dans cette épreuve.

Après, on va faire un programme, mais si tout se passe bien, c’est vraiment un cheval pour les championnats. Mon objectif évidemment est d’essayer de l’amener au mieux pour espérer aller aux Championnats d’Europe, qualifier la Belgique aux Jeux Olympiques et aller aux Jeux l’année prochaine. Je pense que si le cheval reste dans mes écuries et que tout se passe bien, c’est vraiment un cheval pour ces évènements-là. Mon objectif à court terme est donc les Championnats d’Europe et à long terme les Jeux Olympiques. »

Où placez-vous les Play-Offs à Prague dans ce programme ?

« C’est sûr que les Play-Offs sont vraiment un objectif pour nous les Monaco Aces et j’ai la chance d’y aller déjà pour la finale individuelle, maintenant le but est d’essayer de faire un bon résultat d’équipe. Les Play-Offs sont vraiment l’objectif final de cette saison du Global Champions Tour et l’objectif indoor. Je ne cours pas vraiment les Coupes du monde, je vais essayer de me concentrer pour avoir des chevaux en forme pour les Play-Offs de Prague. »

Allez-vous préparer Quel Homme pour des parcours sur des plus petites pistes indoor dans ce cas ?

« Je pense que le cheval est bon aussi bien en indoor qu’en outdoor, mais il est certain que pour le voir s’exprimer, c’est mieux de le voir sur des grands terrains parce que c’est un cheval avec une grande action. Mais après Mexico nous étions à Miami qui est un tout autre concept : c’est une toute petite piste et il était à nouveau sans-faute. C’est vraiment un cheval spécial mais qui s’exprime beaucoup plus sur les grands terrains. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL. Photo à la Une : © Stefano Grasso / LGCT