Arrivé au CSI de Dinard en tant qu’outsider, c’est avec pas moins de quatre victoires que Wilm VERMEIR repart chez lui en Belgique. Vainqueur de deux épreuves réservées aux jeunes chevaux de sept ans dont le Grand Prix du Haras des M mais aussi de deux épreuves 5*, celle d’ouverture et le célèbre derby de Dinard, il aura marqué le week-end. Rencontre avec un cavalier qui réalise une superbe saison 2017.

Parlez-nous un peu de vous et de vos écuries

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« Ma famille est dans le monde du cheval et j’ai toujours monté depuis que je suis très jeune. J’ai un frère (Bert VERMEIR, ndlr.) qui a eu un accident avec son poney quand il était plus jeune et qui depuis éprouve des difficultés pour marcher. Il a continué dans l’équitation et a remporté une médaille de bronze aux Jeux Paralympiques en dressage en 2004. Ma femme et moi avons une fille et nous serions très heureux de la voir monter à cheval mais cela reste sa décision et elle choisira elle-même. Nous verrons ce qui se passera car elle n’a que six ans et il est donc compliqué de savoir ce qu’elle fera pour l’instant.

Je suis basé à quarante kilomètres d’Anvers et nous avons une écurie équipée de vingt-cinq boxes et travaillons avec quatre personnes. Pour le moment nous avons beaucoup de chevaux ayant entre huit et douze ans mais l’âge n’est pas ce qui importe car nous ne gardons que les meilleurs. Cela signifie donc que ce que nous avons est ce que nous trouvons de mieux à cet âge. »

Que recherchez-vous dans les chevaux ?

« Je suis un cavalier qui a besoin de chevaux qui sont vraiment dans le sang et d’ailleurs j’aime particulièrement lorsqu’ils font attention quand ils sautent. »

Comment préparez-vous vos chevaux en prévision d’un concours ?

« Nous ne les préparons pas d’une façon spécifique pour les concours parce que nous n’avons pas besoin de le faire. Les chevaux sont d’une telle qualité et compétitifs que la seule chose dont je dois me préoccuper est de faire attention pour bien les préserver afin qu’ils puissant faire du beau sport pendant de nombreuses années, il faut vraiment prendre le temps de bien faire les choses. En tant que cavalier, je ne sais pas si je suis bon mais ce que je sais c’est que je le suis lorsqu’il s’agit de choisir un cheval. Je l’ai toujours été, ayant travaillé pendant de nombreuses années dans des écuries de commerce je sais ce que qu’est un bon cheval. »

Pouvez-vous nous parler du sept ans que vous avez monté ici ?

« Kiarado a gagné deux épreuves ici mais il fau tsavoir qu’il gagne aussi beaucoup en Belgique. Il y a trois semaines par exemple il était premier, deuxième et troisième à Knokke donc c’est un cheval très rapide qui fait de très bonnes choses. Je ne sais pas exactement jusqu’où nous irons ensemble et quel futur il aura mais il est très soigneux et est un vrai guerrier. Il suffit de jeter un oeil à ses résultats qui ne mentent pas : il est toujours sans-faute et gagne constamment.  J’espère bien sûr le monter dans de plus grosses épreuves dans le futur, mais j’ai d’autres propriétaires et d’autres chevaux donc rien n’est certain pour le moment, peut-être que nous le vendrons un jour. »

Vous avez mentionné avoir pu vous entraîner chez Ludo PHILIPPAERTS, travaillez-vous avec lui ?

« Non, nous ne travaillons pas ensemble même si les PHILIPPAERTS sont de bons amis. Ce n’est qu’une simple coïncidence, mais le grand-père de ma femme était le propriétaire de Parco (Ndlr : cheval avec qui Ludo PHILIPPAERTS avait remporté des étapes des circuits Coupe du Monde et Coupe des Nations). Nous avons tout dans mes écuries dont une grande carrière en sable mais il manque un terrain herbe. Ludo en a justement un et comme nous avons de bonnes relations il me laisse m’entraîner chez lui pour préparer les derbys par exemple. »

Quelle est votre relation avec l’équipe belge ?

« Les choses se passent très bien pour moi cette année. Nous avons un nouveau chef d’équipe (Peter WEINBERG a succédé à Dirk DEMEERSMAN en janvier 2017, ndlr.) et il y a vraiment une bonne ambiance. Il n’y a aucun doute que je suis dans l’équipe mais c’est la première année que je concours réellement à un tel niveau et mon cheval, Iq vh Steent Je, n’a que neuf ans. 

Il faut se rappeler que la Belgique est en deuxième division de la Coupe des Nations cette année, mais j’ai fait partie de l’équipe qui était à Saint Gall, étape du circuit de la première division. Iq Van Het Steent Je a directement été propulsé là-bas pour sa première participation en Coupe des Nations mais cela veut dire que l’entraîneur croit en lui. Quand nous avons participé l’étape de deuxième division à Roesen nous étions le dernier couple belge à nous élancer mais nous n’avons pas eu à repartir car nous étions déjà en train de gagner. Partir en dernier est toujours la position impliquant le plus de pression, mais le fait que le coach ait déterminé cet ordre et particulièrement avec ce cheval montre qu’il croit réellement en nous.

Comme je l’ai dit notre chef d’équipe croit vraiment en mon cheval, il se bat pour chaque opportunité et le fait pour tout cavalier belge. C’est vraiment un très bon entraîneur et il se bat pour que la Belgique et ses cavaliers aient une chance. »

Pouvez-nous en dire un peu plus au sujet de ce jeune cheval de neuf ans ?

« Iq vh Steent Je est mon propre cheval mais est une super star. Il n’a fait qu’une épreuve ici à Dinard pour le moment et il sautait aujourd’hui dans le Grand Prix. Je m’attends à beaucoup de belles choses de sa part l’année prochaine.

L’année dernière il n’avait que huit ans à Malines et il a couru le Grand Prix Coupe du Monde. Nous avons fait une barre sur le dernier qui était cependant de ma faute. Je me suis préoccupé du temps et j’ai perdu un peu le contrôle mais je pense que sans cela il aurait été sans-faute. Il n’avait que huit ans donc c’est vraiment un cheval avec du potentiel pour le futur.

Pour l’instant il n’est pas encore suffisamment expérimenté et n’a pas beaucoup couru. Je l’ai depuis longtemps et je ne le monte jamais avec comme objectif principal de gagner mais plutôt de chercher à le faire progresser. »

Pourquoi être venu à Dinard ?

« Il est vrai qu’il y avait beaucoup de 5* ce week-end, mais il faut savoir qu’il est aussi difficile pour moi d’avoir une place à ce niveau. Il était d’abord prévu que nous allions pendant deux semaines à Samorin car nous y étions l’année dernière et j’ai vraiment apprécié l’endroit. Cependant Pieter DEVOS n’allant pas à Ascona, on m’a proposé d’y aller à sa place. Nous devions normalement rentrer à la maison pour nous reposer mais nous avons contacté le chef d’équipe et la fédération belge afin de faire une demande pour Dinard et nous avons été acceptés directement. On pourrait en fait dire que c’est une coïncidence que je sois ici. »

Quel est votre ressenti du concours ?

« La piste en herbe rend de manière générale les parcours un peu plus difficiles à monter. Dans le cas de ma jument Gentiane de la Pomme cela importe peu que ce soit de l’herbe ou du sable, elle n’est pas compliquée à ce niveau-là ce qui la rend formidable. 

C’est une très bonne chose qu’il y ait des épreuves pour les jeunes chevaux. C’est assez difficile sinon car nous devons organiser nos plannings nous-même afin de travailler les jeunes. C’est aussi compliqué pour les organisateurs de faire cela mais ici tout se passe bien parce qu’il y a deux très bonnes pistes. Ce n’est pas grave que l’une soit en sable pour les jeunes chevaux et que les épreuves 5* soient sur herbe car les deux restent superbes. Cette organisation nous est vraiment bénéfique parce que cela nous permet de d’amener plus de chevaux. Participer à des concours internationaux coûte une certaine somme mais quand vous avez de si bons chevaux vous devez croire en eux et les amener en concours. »

Qu’attendiez-vous du Grand Prix Rolex ?

« Mon cheval a sauté de façon formidable à Ascona, il n’a fait que deux épreuves mais les deux plus grosses du concours 5*. Il s’est retrouvé deux fois troisième donc il a vraiment fait du bon travail. Sur l’herbe cependant il se comporte différemment, ce n’est pas qu’il est un peu moins sûr de lui mais il ne se concentre pas aussi bien que sur le sable. Il a tout de même fait une épreuve et je l’ai sorti les autres jours donc je pensais qu’il aurait été un peu plus détendu.  Comme je l’ai dit il n’a pas encore beaucoup d’expérience à ce niveau et on peut remarquer qu’aujourd’hui il en a manqué pour ce genre de terrain. »

Quels sont vos futurs projets ?

« Maintenant que je viens de remporter le derby de Dinard je verrai par la suite ce que je ferai du côté de ce genre d’épreuves, mais DM Jacqmotte est un cheval qui restera dans nos écuries. Il est très bon dans les derbys donc si une nouvelle opportunité se présente nous la saisirons sûrement. En Belgique il y a le derby de Lummen qui est assez difficile, mais je pense qu’il arriverait à le faire. Le prochain concours a lieu en Belgique puis nous irons à Valence ou Saint Moritz en Suisse. Nous aurons ensuite une pause d’environ deux semaines sans concours sans que cela n’ait trop de répercussions sur moi et mes chevaux. Mais nous n’oublions pas qu’il y a aussi le CSI de Bruxelles qui est également un 5*. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.

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