Après trois victoires d’affilées dans la Coupe des Nations Poney de Fontainebleau, les attentes étaient grandes derrière l’équipe nouvellement composée d’Olivier BOST. Les jeunes cavalières et leurs montures n’ont pas démérité puisque la France s’est de nouveau imposée lors de l’édition 2018 du BIP. 🇨🇵 Jump’inside a eu l’occasion de rencontrer deux nouveaux membres de cette équipe de France très prometteuse : découvrez avec nous Louna GARO et Ilona MEZZADRI !

Pouvez-vous vous présenter ?

Louna GARO : « J’ai commencé à monter quatre ans, je montais à shetland et mes parents ont une écurie, du coup je monte chez eux. J’ai commencé la compétition quand j’avais six ans avec une petite ponette shetland qui s’appelait Rose sur de la Poney 4. »

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Ilona MEZZADRI : « J’ai débuté l’équitation à l’âge de six ans à shetland au Haras de Jardy. Ensuite j’ai commencé les compétitions à shetland par équipe. On avait un bon esprit d’équipe et on voulait tous gagner, c’est ce qui m’a amené à faire de la compétition. Ensuite on a cherché un autre club pour passer à double poney et je suis arrivée dans les Ecuries de la Clémenterie dans le 78, où j’ai débuté dans les épreuves Poney Elite et As Poney 2. J’ai fait une saison d’As Poney 1, une saison de Grand Prix et là c’est ma deuxième saison de Grand Prix avec Callas de Rezidal Z. Avant je faisais de la danse, je n’étais pas très artistique et n’aimais pas trop donc j’ai dit que je voulais tester le cheval et c’est comme ça que c’est arrivé. Personne dans ma famille ne fait de l’équitation. »

Pouvez-vous nous parler de vos poneys de tête ?

L.G : « J’ai eu Alto de Fougnard quand il avait cinq ans, il en a huit maintenant. Il n’avait rien fait : il faisait du dressage avant et ça ne m’a pas du tout intéressé d’en faire avec. J’ai gagné les cinq ans C avec et depuis il est vraiment super. Il est d’ailleurs la copropriété d’André BONNEAU, l’organisateur du BIP. André l’a acheté aux ventes des Herbiers et comme il n’avait pas de camion, il a demandé à papa et maman de le ramener à la maison. Au final, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas de cavalier non plus donc comme il me connaissait depuis longtemps il me l’a laissé. On ne devait pas aller si loin, il devait être vendu à la fin de ces cinq ans et puis on s’est vraiment rendu compte que le poney avait une qualité très très bonne. Il a des origines très bonnes aussi : il est étalon et commence à reproduire. On a commencé les Grands Prix depuis le milieu de l’année dernière donc de gagner la Coupe des Nations ici au BIP c’est magnifique.

Il a un bon équilibre, est généreux, respectueux. Sinon il est entier et c’est vraiment une qualité parce qu’il est très gentil. »

Louna Garo Alto de Fougnard
Louna GARO et Alto de Fougnard lors de la Coupe des Nations

I.M : « J’ai fait un essai avec Callas qui au début était un peu compliquée, on va se le dire. C’est une jument qui est assez sensible et quand elle ne connaît pas elle assez compliquée. Je me suis mise avec, j’ai débuté en épreuves chevaux pour être hors du monde des poneys et après j’ai fait des As Poney 1 et des Grands Prix.

Elle a beaucoup de points forts, elle est très généreuse, dans le sang, elle a un très bon équilibre. Après elle peut être de temps en temps un peu chaude, ce qui fait que des fois j’ai un peu de mal à avoir le contrôle mais sinon elle est extraordinaire. »

Vos parents vous soutiennent-ils ?

L.G : « Ils me suivent vraiment tout le temps, après c’est un peu compliqué à l’étranger vu qu’ils ont beaucoup de propriétaires à la maison mais sinon oui ils me suivent tout le temps. »

I.M : « Mes parents me suivent à tous les concours et ils ont été piqués ! Ce que je veux dire c’est qu’avant ils avaient peur des chevaux et maintenant… »

Comment gérez-vous les compétitions avec les cours ?

L.G : « Je ne suis pas en sport études, je suis en troisième et j’ai le brevet à la fin de l’année. En fait j’ai un emploi du temps aménagé, c’est-à-dire que j’ai quatre matières au CNED et je les travaille le lundi après-midi où je ne monte pas. Les autres jours je finis à midi et ça me laisse tous mes après-midis de libres. Je fais ce système depuis le début de l’année et ça va très bien, ça me convient. »

I.M : « Ma mère m’aide beaucoup pour ce qui est à la maison, pour le travail, et aussi aux écuries elle m’aide pour les chevaux. Je suis en école publique, normale, je n’ai pas d’horaires aménagés. Je viens monter le mardi, le mercredi et le vendredi de temps en temps et après en concours le week-end. »

Pensiez-vous arriver à ce niveau ?

L.G : « Non pas du tout parce que quand on a commencé ça m’ennuyait un peu de travailler toute seule dans la carrière et donc c’est pour ça qu’après j’ai été mise dans un club pour faire des jeux. Au final ça m’énervait et je faisais tomber tout le monde parce que je partais au galop et donc mes parents m’ont remis chez moi. C’est quand ils ont acheté Tarzan, mon premier poney de Grand Prix, qu’il y a vraiment eu un déclic et c’est là que j’ai vraiment commencé à faire les Grands Prix et aimer la compétition. »

I.M : « Non jamais je pensais en arriver là. »

Ilona Mezzadri Callas de Rezidal Z
Ilona MEZZADRI et Callas de Rezidal Z au BIP

Comment se passent les choses avec l’équipe de France ?

L.G : « On aborde ça différemment des tours individuels, et puis en plus on est une équipe nouvelle à poney. Il n’y a pas de transmission avec les cavaliers de l’ancienne génération, même si après je les connais. On a eu du coaching mental au stage fédéral à Lamotte juste avant le BIP, un coach est tout le temps là mais je ne suis jamais stressée en général, du coup c’est vrai que tout se passe bien. »

I.M : « On monte ensemble et il y a un très bon esprit d’équipe, on s’entend tous très bien, pas de jalousie. On fait les reconnaissances avec Olivier BOST, il est souvent avec nous, et après on aussi d’autres personnes comme Betrand POISSON qui nous aide sur le plat, on est bien encadrés.  De mon côté je n’ai pas personnellement de contact avec les anciens membres de l’équipe poney. »

Quels cavaliers admirez-vous ?

L.G : « Il y a deux ans j’étais dans les tribunes pendant la Coupe des Nations et je rêvais d’être à la place de Nina MALLEVAEY et franchement c’est vraiment un exemple pour moi, tout comme Rose DE BALANDA, Sara BRIONNE aussi, c’est vraiment une cavalière que j’admire. A cheval : Steve GUERDAT, j’adore, c’est vraiment mon cavalier préféré. »

I.M : « A cheval, Lorenzo DE LUCA et pour sa fixité et sa rapidité au sol, Marcus EHNING. »

Quels sont vos objectifs pour cette année ?

L.G : « Pour l’instant on va continuer cette année sur les poneys et je suis déjà sur le circuit junior à cheval. Mon objectif c’est comme tout le monde je pense, arriver au plus haut niveau à cheval. »

I.M : « On vit au jour même, je ne sais pas, on verra par la suite. Je verrai au fur et à mesure, si ça se passe bien. Une bonne performance au championnat de France me fera plaisir, tout ce qui viendra après ça sera en plus. »

Ilona Mezzadri Louna Garo Léane Desmeure
Ilona MEZZADRI, Louna GARO et Léane DESMEURE

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.