Si la Belgique brille à haut niveau depuis de très nombreuses années et compte sûrement sur l’une des équipes les plus jeunes au niveau senior, cette nation de cheval semble avoir trouvé un puits sans fond pour assurer la relève. Boy-Adrian VAN GELDEREN fait partie de ces (très nombreux) jeunes et talentueux cavaliers belges. Rencontre !

Peux-tu te présenter ?

« Je m’appelle Boy-Adrian VAN GELDEREN, j’ai vingt-trois ans et monte pour la Belgique. Je suis basé à Wuustwezel, à un quart d’heure d’Anvers en Belgique. Là-bas, j’ai mes propres écuries avec mes parents, où je m’entraîne tous les jours. J’ai commencé l’équitation à l’âge de onze ans, plutôt en loisir, mais j’ai toujours eu la motivation et vraiment voulu faire de mon mieux dans chaque sport que je pratique, et donc j’ai décidé de devenir professionnel. Depuis, j’essaie de faire du mieux possible en la matière. »

Est-ce que tes parents te soutiennent depuis que tu as commencé dans ce sport ?

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« Mes parents ne viennent pas du milieu équestre, ils étaient tous les deux dans le milieu des affaires. Ils aiment les chevaux, mais ils ne montaient pas jusqu’à ce que je décide de devenir professionnel. Ils me soutiennent depuis et c’est vraiment agréable. »

Cela a-t-il été compliqué pour toi de progresser sans venir du milieu ?

« Je pense que c’est en effet plus difficile parce que personne ne vous connaît et vous devez vous faire un nom. Donc quand vous commencez, ce n’est pas très facile. Mais d’un autre côté, cela vous rend extrêmement fier quand tout fonctionne parce que vous avez passé du temps à vous construire et ça, ce n’est pas une chose pour laquelle mes parents auraient pu m’aider. Tout cela me rend d’autant plus fier. »

Avec qui t’entraines-tu ?

« Mon entraîneur est Albert VOORN et à vrai dire, il me suit depuis très tôt dans ma carrière. Pour mes parents, qui ne sont pas investis dans le sport, il a toujours été important d’être entourés de bons professionnels. De ce fait depuis le début, j’ai toujours été entouré par des bonnes personnes et je pense que c’est ce qui m’a permis d’arriver là où j’en suis aujourd’hui. »

Peux-tu nous parler de ton cheval de tête, que tu connais depuis longtemps maintenant ?

« Il s’appelle Be Cool et je l’ai acheté quand il avait cinq ans. J’ai tout de suite vu beaucoup de talent en lui, mais, évidemment, à cinq ans, il était encore un peu vert. Nous avons eu quelques hauts et quelques bas, mais il a toujours été un super sauteur. J’ai eu beaucoup de bons moments avec lui jusqu’à présent et il est devenu un peu comme un membre de la famille, donc il est vraiment spécial pour moi. J’avais déjà pu monter pas mal de chevaux avant et même si j’étais assez jeune, il m’a tout de suite donné un sentiment particulier dès que j’ai sauté avec lui. Sur le plat il était loin d’être le plus agréable à monter, il galopait dans tous les sens, était fort mais j’ai oublié tout ça dès que l’on a commencé à sauter parce que les sensations sont vraiment bonnes une fois en selle. »

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Boy-Adrian Van Gelderen et Be Cool © Marie-Juliette Michel / Jump’inside

Tu as participé à quatre championnats d’Europe (Juniors et Jeunes cavaliers), parle-nous de cette expérience.

« Vous travaillez toute l’année pour les championnats d’Europe et personnellement, j’aime monter pour mon pays et les Coupes des Nations. Quand tout se passe bien pour tout le monde dans un championnat, ramener une médaille, il n’y a rien de mieux ! En 2014, lors de mes premiers championnats, j’avais vraiment eu une très bonne année et j’avais déjà gagné quelques concours importants. C’était ma dernière année en tant que junior et j’avais gagné au niveau national. Participer à un championnat a toujours été mon objectif, mais sans que cela ne m’aveugle, parce que je voulais vraiment aller aux championnats uniquement si j’étais prêt et que j’avais une chance de faire un bon résultat. J’ai été prêt dès la première année, mais j’ai eu un peu de malchance, notamment parce que mon cheval s’est légèrement blessé pendant une balade en main. Ça a été un peu compliqué et je voulais vraiment une revanche l’année suivante, où nous avons d’ailleurs gagné l’or en équipe en Jeunes cavaliers. J’ai personnellement eu un bon résultat puisque j’ai fini dixième en individuel.

C’est toujours un honneur de monter pour la Belgique, que ce soit aujourd’hui ou bien quand je montais dans les Jeunes cavaliers et Juniors. Je pense que les seniors font aussi de très bonnes choses, élèvent de très bons chevaux et nous avons d’excellents cavaliers. Nous sommes un pays de cheval très fort et je suis vraiment fier d’en faire partie. »

À un si jeune âge, comment arrives-tu à gérer la pression lors des championnats ?

« Les gens disent toujours que je monte mieux quand je suis sous pression et je pense que c’est vrai parce que je suis toujours le dernier cavalier de l’équipe à partir et au final, pour moi, c’est vraiment plus simple. Quand on monte en équipe, si on gagne, ce n’est pas uniquement parce que moi je fais un tour sans-faute, mais parce que nous l’avons tous fait. Mais ce n’est pas toujours aussi simple, parce que si je n’arrive pas à suivre et que je fais une faute, c’est uniquement de ma responsabilité, et ensuite nous perdons ensemble. Comme je vois les choses en noir et blanc, c’est assez facile pour moi d’être un cavalier pilier. »

Tu as également participé aux championnats du monde des jeunes chevaux de Lanaken, est-ce un aspect du sport qui t’intéresse ?

« J’ai mon meilleur cheval depuis qu’il a cinq ans. En fait, je monte de jeunes chevaux puisque nous achetons des jeunes et les formons pour les amener au plus haut niveau. Je n’ai monté à Lanaken que trois fois : il y a quelques années avec mon meilleur cheval pour la finale des sept ans, en 2017 où j’ai monté pour un client et l’année dernière.

J’ai quelques sept et huit ans très intéressants qui sont en train d’arriver et quelques plus jeunes. Bien sûr il est encore un peu trop tôt pour dire quoi que ce soit mais je pense que j’ai quelques bons jeunes et je suis assez excité. »

Tu as aussi fait partie de la Rolex Academy il y a quelques années, comment était-ce ?

« C’était il y a maintenant trois ans. C’était une excellente expérience et j’ai pu beaucoup apprendre. Nous avions des cours et plein d’autres choses. J’ai eu la chance de monter sur quelques gros concours et ils m’ont été d’une grande aide depuis.

J’étais dans un programme qui m’a permis de monter avec Marcus EHNING, ce qui était une expérience incroyable. Lui et moi sommes différents, je n’ai pas vraiment la même monte que Marcus parce qu’il a une monte plutôt allemande, tandis que j’ai une monte plutôt américaine. Malgré tout, j’ai vraiment appris avec les jeunes chevaux : leur accorder une attention plus importante, à être plus strict et même encore maintenant, j’ai toujours une grande admiration pour lui. Je trouve que c’est un cavalier fantastique, même si nous n’avons pas le même style de monte. Je crois que l’on peut apprendre de tout le monde. J’ai eu énormément de chance d’avoir pu m’entraîner avec lui. »

Pourquoi penses-tu avoir une monte plus américaine qu’européenne alors que tu t’es toujours entraîné en Belgique ?

« C’est parce que c’est la façon où je me sens le plus à l’aise. Chaque cavalier devrait monter de la façon qu’il juge la meilleure pour lui. Mon entraîneur a également ce genre de monte et cela a toujours été, pour moi, un ressenti plutôt naturel de monter de cette façon, avec une assise légère et toujours en avant. Je ne suis pas vraiment le genre de personne qui s’allonge sur l’encolure lorsqu’elle monte ! Différentes façons de monter sont possibles et chaque cavalier devrait les essayer pour trouver celle qui lui convient le mieux. »

boy-adrian van gelderan be cool rotterdam 2018
Boy-Adrian Van Gelderen et Be Cool © Marie-Juliette Michel / Jump’inside

À côté de l’équitation, étudies-tu ?

« J’ai terminé le lycée et la formation pour être moniteur et enseignant équestre, donc je peux enseigner partout dans le monde. Maintenant, j’ai juste des cours à côté qui se rapportent au monde des affaires mais liés à l’agriculture. C’est vraiment quelque chose à mi-chemin entre les écuries et la gestion administrative. Je n’étudie pas vraiment à temps plein mais c’est quelque chose que j’aime, que ce soit pour moi, pour ne pas régresser ou pour continuer à apprendre des choses. Je n’y connais pas grand-chose en business de l’agriculture et finalement je vais travailler dans ce milieu, donc c’est important, à mon sens, d’apprendre des choses dans ce domaine. »

Enseigner est donc aussi quelque chose qui t’intéresse ?

« Cela m’intéresse vraiment beaucoup. J’aime beaucoup concourir mais j’aime aussi entrainer des personnes, donc je m’y concentre un peu plus aux écuries et nous avons une véritable écurie d’entraînement. A présent, nous avons quelques clients qui s’entraînent pleinement avec moi et ils font aussi quelques concours. C’est quelque chose que j’aime beaucoup et qui me motive vraiment. »

Est-ce que le fait que tu sois jeune peut être un frein dans le coaching ?

« Dans un sens, oui, parce que c’est plus compliqué pour certaines personnes de vous prendre au sérieux à cause de votre jeune âge. Mais je pense qu’avec l’équitation, les personnes qui viennent vers vous connaissent votre façon de monter, ils vous apprécient pour diverses raisons, donc ce n’est pas comme d’aller à l’école et de dire ‘voilà la façon d’enseigner’. Ils viennent vers vous pour une raison, parce qu’ils aiment quelque chose en vous et nous pouvons leur montrer comment le faire, la façon dont on veut l’expliquer et je n’ai jamais réellement eu ce problème en soi au final. »

De toutes tes expériences, quel est ton meilleur souvenir ?

« Je pense que mon meilleur souvenir a été de gagner la médaille d’or au championnat d’Europe de Wiener Neustadt. Mon meilleur ami était présent, dans mon équipe, nous y sommes allés ensemble et c’était mon premier championnat en tant que Jeunes cavalier et j’ai fait un double sans-faute. Nous avons gagné avec un score total de zéro, donc c’est quelque chose que tu n’oublies pas ! »

Comment vois-tu le futur ?

« Où je me vois … ? J’espère que je continuerai de monter quelques gros concours et de gagner des CSI 5*. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL et traduits par Marine SARRY.

Crédit photo à la une : Marie-Juliette MICHEL / Jump’inside.