Après un retour au plus haut niveau de bien belle manière, et juste avant sa victoire dans le Grand Prix du CSI 4* de Stockholm, le Brésilien Marlon MODOLO ZANOTELLI revient pour Jump’inside sur la reconstruction d’un piquet de chevaux solide et ses prochains objectifs.

Vous avez été un pilier du Brésil il y a quelques années, quel bilan tirez vous de ce grand succès dans votre jeune carrière ?

« Avant toute chose, il faut savoir que tout le monde autour de moi m’a beaucoup aidé, notamment mes parents, au début de ma carrière. Mon père m’aide encore beaucoup d’ailleurs sur les terrains de concours. J’ai également travaillé avec Ludo PHILIPPAERTS qui m’a appris beaucoup, les propriétaires aussi car finalement ce sont les chevaux qui font les cavaliers puisque les cavaliers, sans chevaux, ne sont rien. Tout le monde me supportait, donc c’était une grande motivation et je suis fier d’avoir eu ce parcours et d’en être arrivé là où j’en suis maintenant ! »

Vous avez ensuite eu une période plus creuse. Était-ce voulu, pour fonder une famille et voir la vie différemment, ou était-ce dû à une pénurie de chevaux ?

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« Je pense que c’était avant tout pour me consacrer à la famille, j’ai aussi démarré un business avec mon épouse, cela fait deux ans maintenant que nous avons commencé, et je ne m’attendais pas à avoir des résultats aussi rapides sur le sport de haut niveau. J’ai aussi eu la chance d’avoir une très bonne jument, Sirène de la Motte. Cette jument m’a tout de suite donné l’opportunité de concourir dans de grosses épreuves, en une période assez courte. Rock’n Roll Semilly que je monte depuis cinq ans, cheval que je connais par cœur et qui a propulsé ma carrière en participant notamment aux Jeux Panaméricains, a fait de très bons résultats cette année !
Je pense que ces deux chevaux là ont beaucoup apporté à ma carrière. »

Vous revenez maintenant en très grande forme, êtes vous toujours autant motivé ?

« Oui bien sûr, encore plus d’ailleurs ! Mes deux enfants me donnent évidemment une grande motivation, j’ai de bons chevaux comme Rock’n Roll, Sirène mais aussi Celena VDL, puis beaucoup de gens autour de moi qui me soutiennent et ça aide beaucoup ! Toute ma famille est derrière. Angelica AUGUSTSSON ZANOTELLI, ma femme, est toujours là pour m’aider, me pousser un peu et critiquer quand c’est nécessaire ! Donc tout ça est important pour moi. Je peux compter sur ma famille, avant tout, dans les bons comme dans les mauvais moments, mais aussi sur mes propriétaires, je suis très content de travailler avec eux, ce sont des gens de chevaux qui m’accompagnent au quotidien pour me trouver les meilleurs chevaux et aller courir les plus grosses épreuves. »

Quel type de business avez-vous monté avec votre femme, qui tourne elle aussi à haut niveau ?

« L’idée de notre business est de produire des chevaux dédiés au haut niveau, ça concerne la vente de chevaux bien sûr, car c’est nécessaire pour gagner sa vie ! Le commerce c’est aujourd’hui pour nous tourner vers le haut niveau, car c’est plus facile pour vendre lorsqu’il s’agit de bons chevaux ! Trouver de bons chevaux, les entraîner, leur donner une expérience suffisante, puis dès qu’ils sont prêts au haut niveau, il y a toujours de la demande. Donc on essaye de faire au mieux comme ça ! »

Vous êtes retombé bas dans le classement mondial, était-ce difficile de retrouver un rang qui donne accès aux concours plus facilement ?

« Je pense que le classement mondial est un système très correct, et tout dépend des chevaux que tu as. Personnellement, je ne pense pas trop au classement mondial. Au début de ma carrière sportive, j’étais focalisé là dessus, tandis qu’aujourd’hui, j’essaie de consacrer plus de temps à mes chevaux et à réfléchir au meilleur programme pour chaque cheval et chaque concours, les points et les classement mondiaux viennent naturellement ensuite, ce n’est pas mon centre d’intérêt premier. C’est sûr qu’on a besoin des points et de bons classements pour participer aux meilleurs concours mais si les chevaux sont prêts, nous pourrons aller sur les grands concours. J’ai la grande chance de faire partie de l’équipe de Laura KRAUT dans la Global Champions League, Rome Gladiators, et c’est vrai que ça m’a beaucoup aidé étant donné qu’il y a beaucoup d’argent et de points à gagner dans ces épreuves ci, donc je ne me stresse pas trop pour le classement mondial, du moment ou j’ai quatre à cinq très bons chevaux de Grands Prix, je peux penser au Top Ten, mais je préfère faire en sorte pour le moment de faire progresser mes chevaux, et faire de bons résultats quand ils sont prêts. »

Dernière question, Où avez-vous appris à parler si bien le français ?!

« J’étais à Waterloo en Belgique, et avant chez Ludo PHILIPPAERTS, il y avait beaucoup de français et brésiliens, donc j’entendais beaucoup parler français autour de moi, et il est vrai que pour nous brésiliens, c’est plutôt facile d’apprendre le français car ce sont les mêmes façons d’écrire et d’apprendre le vocabulaire, et même si ce n’est des fois pas correct, les gens me comprennent bien ! »

Propos recueillis par Morgan FROMENT.