A l’occasion du Grand National de Cluny, l’équipe de Jump’Inside a pu rencontrer l’équipe en charge de l’organisation du concours, regroupée au sein d’une même association : Cluny Jump.  Ces passionnés de saut d’obstacles nous ont raconté le concours vu de l’intérieur. 

Cluny Jump, qu’est-ce que c’est ?

« Le concours de Cluny existe depuis 1978 mais depuis le début du Grand National FFE, le concours est devenu une étape de ce circuit. Nous y participons parce qu’on avait l’habitude d’organiser des Pro 1 et Pro élite et que nous avions l’équipe pour se lancer dans ce beau circuit national. »

Comment se compose votre équipe ?

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« Nous sommes une association, créée par la loi 1901. Nous existons depuis 1978 et parmi nous il reste aujourd’hui encore quelques membres fondateurs. Depuis l’arrivée du circuit du Grand National FFE, quelques jeunes sont venus nous rejoindre. Ils prennent de plus en plus les manettes et relaient de plus en plus l’équipe d’origine. »

Est ce que l’association ne vit aujourd’hui que de cet événement ou organise-t-elle d’autres concours le restant de l’année ?

« Avant nous organisions en effet plusieurs concours et notamment des concours jeunes chevaux. Mais il se trouve que ces derniers deviennent difficiles à équilibrer compte tenu de la démographie équine. Il y a quelques années lorsque nous organisions des concours jeunes chevaux sur le site, nous arrivions à avoir à peu près mille partants. Maintenant on tombe à cinq ou six cents. Ici à Cluny, il faut savoir que les organisateurs de concours louent les installations à Equivallée qui en est le propriétaire. »

Ce concours est-il voué à rester une étape du Grand National dans les années à venir ?

« Nous, nous serons toujours candidats en tout cas. Maintenant c’est à la Fédération française d’Équitation de donner son accord. Je ne suis pas très inquiet mais officiellement, nous devons tout de même candidater tous les ans. »

Selon vous, qu’est ce qui rend l’étape de Cluny différente des autres étapes du Grand National ?

« C’est assez difficile de se tresser une couronne mais ce qui reste rare à Cluny, c’est que nous restons une association. Beaucoup de concours sont maintenant organisés par des structures professionnelles. Nous nous essayons de combiner le côté convivial et amical de l’association sans nous départir de l’aspect professionnel. Être une étape du Grand National, c’est quelque chose d’exigeant et cela demande un niveau de qualité important. Je pense que nous faisons tout pour l’avoir. »

Le circuit du Grand National existe depuis dix ans, comment l’avez-vous vu évoluer ?

« A mon sens, le circuit du Grand National a amené beaucoup de progrès dans le monde du saut d’obstacles en France. Si l’on voit le contexte dans lequel il a été conçu, la France n’était alors pas en très bonne position sur le plan du CSO, c’était juste avant les Jeux Olympiques de Pékin où la France n’a pas été sélectionnée. L’équipe tournait alors en deuxième division. Nous n’étions pas dans la meilleure des situations. Aujourd’hui le niveau est vraiment remonté avec cette médaille d’or par équipe à Rio en apothéose. Maintenant je crois que l’on a trois Français dans les douze premiers de la Ranking list. Nous sommes redevenus l’une des très grandes nations du saut d’obstacles. C’est dû au talent des cavaliers et à la qualité de leurs chevaux mais je pense que le Grand National y a aidé.   Lorsque le circuit s’est monté, tout le monde disait « mais c’est idiot, des épreuves à 1.50m il n’y a pas cinquante chevaux qui peuvent sauter ça ». Et maintenant, 80 couples sont au départ du Grand Prix, en sachant que tout le monde n’est pas là. Cela a créé un vivier pour renouveler l’équipe de France.  Certains de nos meilleurs cavaliers comme Olivier ROBERT ou Mathieu BILLOT sortent maintenant en Coupe du Monde. »

Propos recueillis par Charlotte MARICHAL.

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