Lors du CSI 2* du Mans mi-octobre, Jump’inside est parti à la rencontre de Philippe ROZIER. C’est avec sa spontanéité habituelle et son franc parlé que le médaillé d’Or Olympique de Rio a pris le temps de répondre à nos questions… Entre deux épreuves et au détour des allées du Pôle Européen du Cheval, nous en apprenons plus sur ses objectifs, sur ses chevaux et sur ses ambitions concernant les grosses échéances de l’année 2018.

©Scoopdyga.com / Pierre Costabadie

la finale Coupe du Monde se déroulera à paris-bercy en 2018. un rendez-vous à ne pas manquer ?

« C’est un objectif prioritaire cette année avec Rahotep. Pourquoi ? Parce que c’est en France avant tout, c’est un endroit où j’ai monté pendant dix ans, j’ai adoré. J’ai été deuxième de la Coupe du Monde en 1987, j’étais jeune à l’époque (rires). Et puis il faut dire que j’ai un super cheval, je pense que quand tu n’as pas de cheval c’est différent, mais moi j’ai la chance d’en avoir un hors norme. »

Shériff de la Nutria*LM est arrivé récemment dans vos écuries. Quels sont vos objectifs avec ?

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« C’est un troisième cheval dans mon piquet, il sera destiné à gagner les épreuves intermédiaires : une bonne épreuve de vitesse 1.45m ou une petite épreuve à 1.50m. C’est le même calibre que Rêveur de Kergane. Ces deux chevaux me sont très utiles pour aller faire des vitesses ou des Derbies, tels que La Baule ou Dinard, sans oublier le Longines Speed Challenge de Paris… »

Rêveur de Kergane ©Scoopdyga.com / Pierre Costabadie

pouvez-vous faire un point sur votre collaboration avec la Laiterie de Montaigu ?

« Ça c’est fait tout simplement ! Madame  Caroline SABLEREAU m’a contacté, j’ai eu rendez-vous à la Laiterie. D’abord, la propriétaire m’a appelé pour savoir si j’étais intéressé pour monter Shériff. J’étais surpris ! En plus je suis très pote avec Julien EPAILLARD. Je l’ai appelé dans la foulée, et il m’a confirmé qu’il avait trop de chevaux dans son piquet. La preuve, Shériff n’était pas sorti en compétition depuis le CSI 5* de Dinard. »

Les Jeux Équestres Mondiaux de Tryon, vous y pensez ?

« Oui… Mais chaque chose en son temps. Il ne faut pas s’échauffer, à la fin il n’y en a pas dix de prêts. A l’arrivée il y en aura quatre ou cinq couples à la rigueur. On a du mal à en trouver cinq à la fin, ça a été le cas aux derniers championnats d’Europe. Regardez aux derniers Jeux Olympiques également, j’étais en réserve, il n’y avait pas de sixième. D’après mon expérience, on a jamais besoin de s’énerver trop tôt, ni trop vite. Concrètement le dernier mois, le plus important avec son cheval, il faut réaliser le bon programme. On tomberait vite dans le piège de courir après tous les Grands Prix bien dotés. C’est un choix. En ce qui me concerne, je ferais en sorte de faire tenir mon cheval le plus longtemps possible. »

Rahotep vous aidera donc à vous qualifier pour Paris-Bercy… Comment se passe les journées d’un tel champion ?

« C’est simple. Le matin, il va se balader. C’est vrai que nous avons de grandes promenades, on a la chance d’être à proximité de la grande forêt de Fontainebleau. Il ne fait pas de marcheur, il est très baladé. Rahotep est un bon vivant, ce n’est pas un cheval pour faire juste de la carrière et du boxe. »

On aimerait en savoir plus sur Unpulsion de la Hart ?

« Dans l’absolu Unpulsion a un meilleur potentiel que Rahotep, Philippe GUERDAT et mon  père (Marcel ROZIER) me l’ont répété plusieurs fois. Aujourd’hui le cheval n’a pas connu le même succès que le gris, puisque je l’ai récupéré après un amateur éclairé. Unpulsion est arrivé à la maison au début de son année de dix ans, contrairement à Rahotep que j’ai débuté dès son année de cinq ans. Depuis quelques temps le cheval ruait et avait mal, nous avons donc décidé de tenter quelque chose : la castration. Cela fait maintenant un mois qu’Unpulsion est hongre. Le concours du Mans a signé son retour en compétition, et il a très bien sauté. Si le cheval continue dans cette évolution il épaulera largement Rahotep et deviendra un cheval de Grands Prix à part entière. »

Propos recueillis par Jean-Baptiste ORGEBIN.

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