Gérante de ses propres écuries, quatrième par équipe aux championnats d’Europe en 2015, lauréate du Longines Star Awards 2015 de la Fédération Equestre Internationale et réserviste aux Jeux Olympiques de Rio à seulement vingt et un ans, Jessica MENDOZA a montré qu’elle était un maillon fort de l’équipe britannique. Présente aux CSIO de Dublin début août, elle a accepté de nous accorder de son temps afin de faire un point sur sa carrière.

Pouvez-vous parler un peu de vos écuries ?

« Je suis basée aux Pays-Bas tout simplement car c’est le centre de l’Europe. Les concours ne sont pas trop éloignés et c’est le meilleur type d’endroit pour mes chevaux. Je gère mes écuries seule mais j’ai pour l’instant un élève ainsi que de la place pour d’autres si cela est nécessaire. »

Comment faites-vous pour gérer tout cela à un si jeune âge ?

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« Je suppose qu’il est nécessaire de commencer jeune afin de mettre en place un système qui fonctionne et comme gérer mes propres écuries est quelque chose que j’ai toujours voulu faire, tout s’est fait de façon assez fluide. J’ai toujours voulu avoir mes propres écuries et pouvoir faire les choses à ma façon : il est agréable pour moi de faire suivre à mes chevaux un programme que j’ai moi-même élaboré plutôt que de leur faire suivre celui d’un autre. Aider les gens est également quelque chose que j’aime faire et lorsqu’il s’agit d’enseigner, à partir du moment où vous travaillez avec la bonne personne il est plutôt agréable d’entraîner quelqu’un et de voir cette personne progresser et évoluer. »

Comment vont vos chevaux ?

« Toy Boy est mon cheval de tête à présent. Il n’a que neuf ans et Dublin était sa première participation à une Coupe des Nations de niveau 5*. Il a très bien sauté en première manche donc je suis très contente de lui. J’ai également un cheval que je suis en train de préparer nommé Horst van de Mispelaere : il a dix ans et je suis impatiente de voir ce que le futur nous réserve à tous les deux. J’ai aussi Sam de Bacon qui commence à revenir sur les terrains suite à une blessure et il sera probablement mon deuxième cheval de Grand Prix. Constance quant à elle saute dans des épreuves à 1.50.-1.55m en ce moment, je la monte donc en tant que second cheval, ou cheval principal dans des concours 3* et 4*. »

Comment travaillez-vous vos chevaux ?

« Mes chevaux sautent normalement deux à trois fois par semaine, le reste du travail se fait sur le plat afin de les garder en forme. Un groom m’accompagne en concours et deux restent à la maison, mais je m’occupe moi-même de mes chevaux quand il s’agit de les monter. »

Quelles étaient vos impressions lors du CSIO de Dublin ?

« J’étais très contente, je n’y étais jamais allée auparavant et la piste est l’une des meilleures sur lesquelles j’ai pu monter. Toy Boy a été extraordinaire dans ce grand terrain : il a fait un sans-faute le premier jour et n’a fait tomber qu’une barre lors de la première manche de la Coupe des Nations. La deuxième manche n’a pas été extraordinaire pour nous mais je pense que le parcours était un peu gros pour lui. De plus, comme il n’a que neuf ans je vais prendre mon temps avec lui. »

La Grande-Bretagne a présenté vingt-quatre différents couples cette année en Coupe des Nations, pensez-vous que cette décision a été prise suite à la place en deuxième division ?

« Oui, je pense qu’en ce moment la Grande-Bretagne n’a pas les couples de cavaliers et chevaux les plus forts.  Nous avons les cavaliers et nous avons seulement besoin d’avoir les chevaux : il est nécessaire pour nous de trouver des propriétaires et j’espère que cette année nous motivera vraiment pour faire cela. Nous devons retrouver ces combinaisons gagnantes de cavaliers et chevaux et revenir là où nous étions auparavant au haut niveau. »

Comment avez-vous vécu les Jeux Olympiques de Rio en tant que réserviste ?

« C’était une superbe expérience, je logeais au village olympique et j’ai vécu toute l’expérience olympique même si je n’ai pas participé à la compétition en elle-même. J’étais une athlète olympique et faisais les mêmes choses que les cavaliers membres de l’équipe officielle. Tout était fait de sorte que je sois traitée comme si j’allais sauter les épreuves : mon cheval était dans les mêmes écuries, nous participions aux mêmes entraînements et nous vivions les mêmes choses. Je n’avais cependant pas de pression parce que je ne concourais pas, mais je pense que j’aurais été très stressée si cela avait été le cas. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.

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