Le Jumping Clash Challenge est le nouveau format de compétition proposé par Daniel ENTRECANALES et Pablo MARQUEZ GALOBARDES. La première édition s’est tenue au CSI 2* de Madrid la semaine dernière. Le but est d’opposer deux cavaliers dans un « match », le gagnant se qualifiant pour la seconde étape jusqu’à ce qu’il ne reste un seul vainqueur (Pour plus de détails, une vidéo explicative est disponible ici).

Jérôme GUERY et Marie DEMONTE étaient à Madrid où ils ont pu participer au Jumping Clash Challenge. Ils nous donnent leurs avis sur cette nouvelle épreuve dans « la question du mois ».

Que pensez vous de ce nouveau format d’épreuve, le Jumping Clash Challenge ? Que peut-il apporter de nouveau ?

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Jérôme GUERY : « Je trouve que c’est un nouveau système intéressant, bon comme toutes les nouvelles choses mises en place il faut se laisser le temps de s’y adapter. Ces derniers temps, les sports équestres essayent vraiment d’innover et de proposer des choses plus attractives pour le grand public et pour la télévision. Je pense que le Jumping Clash Challenge est un concept intéressant par rapport à tout ce que l’on a vu ces dernières années et ce pour plusieurs raisons. Déjà il y a moins de partants, hormis dans la première qualificative, c’est donc une épreuve beaucoup plus courte. Deuxièmement, elle est plus attractive parce que l’on a un « vainqueur » toutes les cinq minutes lorsque l’un des deux cavaliers passe à l’étape supérieure. Le concept des clash entre deux cavaliers est assez simple à comprendre  et assez sympa pour le public. Parfois nos épreuves sont assez longues et le spectateur doit garder l’œil sur les résultats pour savoir qui est en tête, qui est deuxième, troisième… Ce n’est pas le cas ici. Maintenant je pense que dans l’absolu, cela ne va pas changer vraiment pour nous. L’important, c’était que l’on puisse courir des parcours assez techniques  sur des tracés de type Grand Prix. J’avais un peu peur qu’ils réduisent cela à des tracés de Barème A au chrono mais ils sont restés sur des parcours difficiles. Ce qui compte ce n’est pas la vitesse c’est d’abord le sans-faute. Les organisateurs ne sont pas partis dans la dérive des épreuves de vitesse. Personnellement je pense qu’à partir du moment où l’on fait un bon parcours et que l’on est sans faute on passe au stade d’après. Donc pour les cavaliers cela reste quelque chose de très similaire à ce que l’on a déjà si ce n’est que l’on est en match avec le cavalier suivant. Si l’on fait quatre points et que le cavalier d’après aussi, on peut éventuellement passer en seconde manche. Évidemment, on peut avoir un peu plus de chance en fonction de l’adversaire de l’on a en face de nous. Mais si l’on tombe sur quelqu’un de très très fort on a un peu moins de chances de passer. C’est le sport! »

Marie DEMONTE : « Pour résumer, ils prennent déjà les huit meilleurs de la computer list, ceux-là sont qualifiés d’office. Les non-qualifiés doivent sauter 1m45 dès le premier jour et faire sans-faute. Lorsque nous passons au deuxième tour, il y a tirage au sort, ce qui nous permet de connaitre le nom de notre adversaire. Il faut bien dire que dans cette épreuve, le but est uniquement d’obtenir un meilleur résultat que le cavalier adverse. Ce que je ne trouve pas fair-play, c’est que les leaders passent après nous. Il y aurait peut-être un peu plus de suspens si ce n’était pas le cas. C’est plus facile de passer après nous et de se dire « il a fait quatre points je peux faire un tour tranquille ». Par exemple, Valentine BELOOUSSOFF. Elle s’est faite éliminer après un bon sans-faute. L’autre cavalier a pu tourner un peu plus serré et voilà. Je trouverais ça plus juste s’ils passaient avant nous le deuxième jour. Ensuite il y a la finale, elle suit le même système. Les parcours restent assez courts puisqu’un même cheval peut sauter trois parcours le même week-end. C’est une épreuve très originale, très sympa à monter. Il y a une bonne ambiance. Nous avons quand même besoin d’un Grand Prix en parallèle, ce n’est pas le Jumping Clash Challenge qui va le remplacer, sinon en se faisant éliminer on resterait sur notre faim (rires). Il font les choses bien. A Madrid on est tous allés se faire prendre en photos. Ils affichent nos profils en piste en face à face, comme pour un combat. C’est un vrai match! Je pense que le public lambda qui ne connait pas trop le concours va vraiment accrocher. »

Quels types de chevaux comptez vous présenter dans ces épreuves ? Est-ce que vous destinez ces épreuves à vos chevaux en formation ou directement à vos chevaux de Grand Prix ?

Jérôme GUERY : « Cela va dépendre des concurrents présents. Si le concept se développe à l’avenir, nous allons vraiment tenir compte des cavaliers qui viennent et surtout des chevaux qu’ils emmènent. Nous allons faire notre programme en fonction des engagés. J’ai entendu dire qu’Anvers organiserait le prochain Jumping Clash. Cela va donc se faire sur un 5* et les dotations vont augmenter ce qui va attirer les meilleurs cavaliers et leurs meilleurs chevaux. Nous risquons de voir une épreuve encore plus attrayante et plus sympa. Pour en revenir à la question, je pense que la finale doit se courir avec un cheval de Grand Prix, ça c’est sûr! Ce n’est pas un cheval de vitesse qui va gagner un Jumping Clash. Le concept n’est pas de proposer des épreuves de vitesse. Il faut rester dans un niveau assez sérieux pour que les chevaux de vitesse ne passent pas au profit des bons chevaux de Grand prix.« 

Marie DEMONTE :  »Il faut de bons chevaux, des chevaux rapides. Du côté des leaders il y a un tel niveau! La finale est dotée à 50 000 euros donc ils ne vont pas engager un mauvais cheval. Nous sommes donc obligés d’amener l’un de nos meilleurs chevaux voire même le meilleur pour cette épreuve. »

Est ce que cette nouvelle épreuve n’est pas trop compliquée à intégrer dans votre week-end de concours ? Ne surcharge-t-elle pas trop les chevaux ?

Jérôme GUERY : « Comme pour tous les nouveaux concepts et notamment comme pour la Global Champions League de Jan TOPS, nous devons imaginer un programme différent. Quand nous décidons de prendre part à cette compétition nous pouvons décider de prendre un cheval supplémentaire ou choisir de se concentrer sur cette compétition là plutôt qu’une autre. Le point positif de ce concept, c’est aussi que nous avons la possibilité de changer de cheval entre chaque parcours. Nous pouvons donc courir la première étape avec un cheval, la deuxième avec un autre et puis la finale avec  le cheval du premier jour par exemple.Le même cheval n’est pas obligé de faire les trois manches. C’est quelque chose de nouveau qui doit encore un tout petit peu s’améliorer mais par rapport à toutes les nouveautés du milieu je pense que c’est quelque chose d’intéressant. « 

Marie DEMONTE : « Non pas vraiment. Pour commencer nous avons toujours une chance d’être éliminé avant, ce qui nous laisse le temps d’engager le cheval dans le Grand Prix. Quand on amène deux chevaux, ils sont souvent capables de sauter 1m45. Mais je pense quand même que c’est le meilleur cheval qui sautera le Jumping Clash, il faut quand même arriver à battre nos adversaires ! »

Au mois prochain pour la « Question du mois » !

Propos recueillis par Charlotte MARICHAL.

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