Que l’on soit le cavalier du dimanche ou le cavalier professionnel, le poney est bien souvent la première monture que l’on chevauche. Si certains décident de continuer à poney en loisir ou en concours, pour la plupart le passage à cheval est presque obligatoire. Axelle BOREL, cavalière habituée des podiums lors de cette saison en As Poney Élite, ainsi que Daphné RATZEL, double médaillée de bronze en équipe aux championnats d’Europe poneys  en saut d’obstacles avec Iago Lavergne en 2004 et 2006 nous livrent leurs impressions quant à leur transition à cheval.

La transition de poney à cheval est-elle une simple formalité ou une étape difficile ?

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Axelle BOREL : « J’ai eu la chance d’avoir des chevaux d’expérience pour commencer en Children et pour continuer à me former, donc la transition s’est super bien faite. Je n’ai pas eu d’appréhensions particulières, j’ai eu de la facilité grâce à Ptichouan Delphinière qui a une très grande amplitude donc cela ne m’a pas trop changé. Parce que j’ai monté les deux très jeune, il a été facile pour moi de m’habituer aux différents contrats de foulées et distances. Cependant, s’adapter aux écarts d’amplitudes pour garder un maximum de précisions dans mes abords, ou dans mes contrats de foulées, reste une des plus grosses difficultés. Sur des périodes où je prépare certaines échéances, et privilégie de monter plus à poney qu’à cheval (ou l’inverse), cela me demande des efforts supplémentaires pour me réadapter ! Mais cela se fait très bien ! Je ne trouve qu’il y ait spécialement de différence entre le circuit poney et le circuit cheval : je retrouve plus ou moins les mêmes personnes et j’aime y retrouver mes amis.

Je préfère monter à cheval, j’aime bien les gros chevaux, forts et puissants! Je n’ai pas vraiment considéré monter mes poneys dans des circuits chevaux. Les bons poneys ont leur place en circuit poney ! Mon âge fait que c’est la fin des Grand Prix Poney pour moi l’année prochaine, il y a un temps pour tout. Cependant, mes deux poneys actuels Tango de May et Vaisko des Chenaux sont à vendre, et je vais continuer à les former au mieux cette année, ce qui signifie aussi qu’il m’arrive parfois de les sortir sur des épreuves chevaux pour des raisons d’organisation par exemple. Après, il me reste encore un peu de temps pour profiter des poneys, je n’ai pas non plus encore 18 ans, et sans parler des Grand Prix As Élite, je suis amenée à former, valoriser et sortir des poneys plus jeunes en épreuves poneys. Et puis j’ai toujours mon premier poney, Ptichouan, avec nous avons été médaillés d’or à Lamotte l’année dernière en As Poney 1, que je compte garder. Il arrivera sûrement que je le coure en épreuves chevaux. Il l’a toujours fait et ce ne sera que pour le plaisir.

Au final, je pense que cela a été un avantage de pouvoir monter chevaux et poneys depuis que je suis jeune. Il faut s’adapter à chaque fois, avoir une équitation très classique, cela multiplie les expériences mais j’essaie d’avoir la même équitation à cheval et à poney. En tournant à poney et à cheval le plus difficile c’est de s’habituer aux différentes amplitudes en très peu de temps. Le plus simple : le même objectif, que se soit à poney ou à cheval, être compétitive et avoir des résultats ! »

Daphné RATZEL : « Pour ma part la transition poney/cheval s’est faite assez naturellement puisque je montais déjà des chevaux en parallèle des poneys. Nous avions pu acquérir une jument de 7 ans l’année précédent ma dernière saison à poney, je n’avais donc pas d’appréhensions particulières. Je dirais que mon équitation a évolué plutôt que changé. J’ai continué avec l’objectif de progresser avec les chevaux plutôt que de changer ma manière de monter. Les modifications des distances n’ont pas été un réel problème dans la mesure où j’ai pu prendre mon temps pour m’habituer aux chevaux en parallèle de mes années poney. Concernant les sensations, étant assez grande, c’est naturellement à cheval que le sentiment a vite été meilleur. La grosse différence entre les concours poneys et chevaux est principalement la baisse de l’implication des familles. Même si celles ci restent très présentes dans les compétitions Junior et Jeunes Cavaliers.

Mon passage à cheval s’est fait en corrélation avec le début de mes études. Mes parents n’ayant pas de lien avec le milieu équestre, il a donc été difficile de continuer à participer aux compétitions qui permettent de rester dans la course pour les sélections en équipe de France Junior et Jeunes Cavaliers. Nous avons alors choisi d’acquérir des jeunes chevaux à faire évoluer que nous avons commercialisé par la suite. Étant donné mon implication dans les études il n’était pas question de continuer de monter des poneys en parallèle des chevaux.

Aujourd’hui j’ai un regard assez extérieur du monde poney mais il me semble qu’il s’est énormément professionnalisé avec par exemple l’importance des finales jeunes poneys, le vœu de modernisation de l’élevage ou encore le circuit coupe du monde qui vient d’être lancé. »

Au mois prochain pour la « Question du mois » !

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.

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