Vendredi dernier, Mark MCAULEY remportait sûrement la plus belle victoire de sa carrière en s’adjugeant le Grand Prix Longines du CSI 5* de Lyon. Deux jours plus tard, il se classait également cinquième du Grand Prix Coupe du monde, toujours aux rênes de son petit cheval gris Miebello. Totalisant vingt-deux points, le pilote irlandais semble sérieusement lancé dans la course à la qualification pour la finale de la Coupe du Monde de Paris Bercy. Après une saison empreinte de réussite et récompensée par une place de réserviste lors des championnats d’Europe de Göteborg cet été, Mark MCAULEY s’est donc posé avec Jump’inside pour nous parler de sa saison, ses chevaux, ses objectifs et son système. Une rencontre réalisée aux côtés de sa compagne Charlotte MORDASINI, cavalière suédoise réserviste lors des Jeux Olympiques de Rio 2016. A lire absolument !

MARK, tu as eu du succès ces derniers mois avec Miebello, notamment depuis le CSI 4* de Bourg-en-Bresse, explique nous comment s’est formé le couple avec lui ?

Mark MCAULEY : « J’ai commencé à monter Miebello parce que Charlotte est tombée et s’est blessée, je l’ai donc remplacée. »

Comment gères-tu son programme ?

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MM : « Je suis en lien avec ma fédération afin de voir quels concours je peux faire. Ici à Lyon j’ai bénéficié d’une invitation. L’hiver ce n’est pas toujours facile d’accéder aux CSI 5*, ils sont moins nombreux que l’été. Le circuit de la Coupe du Monde est quand même un objectif cet hiver. Miebello est un petit cheval très pratique, très élastique, les lignes avec des contrats de foulées ne sont pas un problème pour lui, les indoors lui conviennent bien. »

Miebello : rapide, agile et souple, le parfait cheval d’indoor © Scoopdyga / Pierre COSTABADIE

Pour toi qui commenceS à aborder le très haut niveau, arrives-tu à te faire ta place parmi l’équipe d’Irlande ?

MM : « Ce n’est pas facile. J’ai bien commencé sur le circuit de la Coupe du Monde à Oslo en étant septième du Grand Prix, j’ai donc gagné dix points. A Helsinki j’ai fait deux fautes, ce n’était pas très bien. J’aimerais beaucoup prendre des points dimanche (entretien réalisé samedi 4 octobre 2017) comme ça je pourrais obtenir d’autres sélections. »

En plus de Miebello, as-tu d’autres chevaux capables de sauter des Grands Prix de CSI 5* ?

MM : « Oui j’ai un cheval de neuf ans, Utchan de Belheme. Il a participé à beaucoup de Coupes des Nations pour l’Irlande cette année qu’il a très bien faites, c’est un très bon cheval. Je pense que je vais le laisser tranquille cet hiver pour tenter d’obtenir ma sélection pour les championnats du Monde l’an prochain. Nous avons aussi quatre ou cinq huit ans qui sont très prometteurs dont Jasco vd Bisschop que je monterai ce soir dans les Equita’Masters. Il était sans-faute dans le Grand Prix à Helsinki, il n’a pas beaucoup d’expérience mais je pense qu’il est très bon. »

Utchan de Belheme © Scoopdyga.com / Pierre SCOSTABADIE

Tu as commencé à te faire remarquer il y a quelques mois mais nous te connaissons assez peu. Quel a été ton parcours jusqu’à maintenant?

MM : « Jusqu’il y a trois ans, j’étais en Italie et je montais pour une propriétaire italienne. Quand je suis parti de là-bas, j’ai commencé à monter un business centré sur la compétition avec Charlotte. Nous avons acheté quelques jeunes chevaux et nous avons pris trois ans pour les amener à haut niveau. Maintenant, mais surtout l’année prochaine, nous devrions profiter d’un piquet assez important, je pense que nous avons bien investi ! »

Cet été tu étais le cinquième cavalier de l’équipe irlandaise lors des championnats d’Europe de Göteborg. Qu’est ce que cette expérience t’a apporté ?

MM : « C’était très bien, on a passé une semaine avant les championnats chez Rodrigo PESSOA, notre chef d’équipe. On a beaucoup travaillé en équipe. Avant l’Irlande ne fonctionnait pas comme ça, c’était un peu chacun pour soi. Rodrigo nous a tous rassemblé et ça c’était vraiment bénéfique. Je n’ai pas encore couru de championnat, par conséquent le fait d’être là-bas m’a permis de voir un peu comment cela fonctionnait. Cela devrait m’aider dans le futur.

Vous vous êtes installés tous les deux en Haute-Savoie, pourquoi ce choix ?

Charlotte MORDASINI : « En fait, nous sommes installés chez ma famille, dans les écuries de mes grands-parents, ils sont là-bas depuis quarante ans. »

MM « Nous sommes dans une place centrale parce que la France est un pays de chevaux, c’est aussi bien pour cela. Il y a beaucoup de jeunes chevaux en France alors c’est aussi pratique pour nous, je pense que c’est parfait. »

Comment sont organisées vos écuries, sont-elles destinées à la compétition, au commerce… ?

MM : « Il y a deux parties, une partie élevage et une partie sport/commerce. Notre objectif est maintenant le sport de haut niveau, mais pour pouvoir avoir le piquet nécessaire pour sauter ce genre d’épreuves, il faut aussi vendre des chevaux pour en acheter d’autres. On ne peut pas garder un cheval jusqu’à ses seize ans, il faut les vendre dès que l’on a une belle offre. Le monde est plein de chevaux, il faut toujours tourner !« 

Vous serez bientôt trois dans la famille, d’un point de vue sportif est-ce que cela va changer quelque chose pour vous ?

MM :« Nous sommes très heureux. Notre vie va changer mais d’un point de vue sportif, tout devrait rester pareil. »

CM : « Quand il ira à l’école, ce sera peut-être plus compliqué (rires). Mais pour le moment nous voulons continuer d’évoluer sportivement !« 

Charlotte tu t’es blessée il y a quelques mois… Comment vas-tu  ?

CM « Je montais il y a quelques semaines encore, mais sans objectif précis c’est un peu moins motivant et c’était un peu inconfortable, mais j’ai prévu de recommencer dès que possible et j’ai déjà réservé ma place pour la tournée d’Oliva au mois d’avril (rires). Il n’y a pas de doutes là dessus, je vais très vite me remettre à cheval ! Cette année j’ai vendu mes deux meilleurs chevaux aux Etats Unis (Tiny Toon Semilly et Romane du Theil, ndlr) dans le but de me refaire un piquet, d’acheter des jeunes et de recommencer avec des jeunes. »

Romane du Theil et Charlotte MORDASINI, réservistes pour la Suède aux JO de Rio en 2016 ©Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Tu concours maintenant pour la Suède, tu n’as pas de regrets ?

CM « Au contraire ! Plus le temps passe et plus je me rends compte que c’était la meilleure chose à faire. J’avais quelques connexions avec des cavaliers suédois, cette décision ne sortait pas de nulle part d’autant plus que ma famille est suédoise. Il y avait une logique derrière tout ça. Ils ont été super sympas avec moi et j’ai très vite été à l’aise. Il y a de très bons cavaliers là bas, mais ils ne sont pas si nombreux que cela donc il sont toujours contents de voir débarquer quelqu’un de neuf dans l’équipe, motivé, avec de bons chevaux. Je ne reviendrai pas en arrière c’est sûr ! »

Comment vis-tu les victoires de Mark à pied, est-ce que cela n’est pas un peu frustrant  ?

CM « C’est motivant ! Que le cheval performe avec lui ou moi, cela me fait tout autant plaisir. Le plus important est que le cheval fasse les meilleures performances possibles. Quand je vois Mark partir sur des barrages comme ça, je ne peux que m’en inspirer. Pour le cheval c’est bénéfique, il forme un couple très fusionnel avec Mark, il y a eu un déclic dès le début. Il l’a récupéré suite à ma blessure et il a continué de le monter quand je suis tombée enceinte mais nous nous sommes vite rendus compte qu’il formait un couple avec lui, même si nous avions fait de superbes parcours ensemble, c’est tout de même autre chose avec Mark ! C’était inéluctable. Il a intégré son piquet et il va y rester je pense ! »

Comptabilisant 22 points après Lyon, Mark et Miebello pourraient être l’un des couples favoris lors de la finale de Paris-Bercy © Scoopdyga.com / Pierre COSTABADIE

Quelle va être la suite de votre programme maintenant ?

MM « Pour le moment je n’en sais rien. Cela va dépendre de mes résultats à Lyon. J’aimerais bien participer aux étapes de la Coupe du Monde de Madrid et Malines »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL.

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