Une participation aux Jeux Olympiques de Londres en 2012, deux aux Jeux Equestres Mondiaux dont une onzième place à Lexington en 2010, c’est avec fierté et succès que Billy TWOMEY a représenté les couleurs irlandaises. Un an et demi après le départ à la retraite de sa magnifique Tinka’s Serenade, nous l’avons rencontré afin de faire un point sur sa carrière.

Comment travaillez-vous vos chevaux ?

« Je les travaille de façon assez simple, je cherche seulement à les garder frais et en bonne santé. Je veux que mes chevaux soient heureux et je ne les fais pas trop travailler, il ne sert à rien de les faire travailler inutilement vous savez. Lorsque je sors en compétition, le but est qu’ils soient au meilleur de leur forme. Nous ne nous compliquons pas les choses pour rien car tout dépend de chaque cheval. Par exemple, certains chevaux ont besoin d’être plus travaillés et de plus sortir, alors que d’autres auront besoin de plus de repos pour rester frais. Tout dépend vraiment de chaque cheval individuellement, on ne peut pas dire qu’il y ait une unique routine appliquée à tous mes chevaux. D’ailleurs, je les prépare de la même façon quel que soit le type de concours auquel je participe. Cela n’importe pas que ce soit un concours national ou local juste en face de chez moi, ou bien un 5* tel que celui de Dublin. Les enjeux auront beau être différents, la préparation elle reste la même. »

Pouvez-vous faire un point sur votre saison ?

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« Ma saison a été plutôt correcte jusque là. Pour le moment on ne peut pas dire que j’ai un piquet de chevaux extraordinaires qui me permettent de faire du 5* toutes les semaines. J’ai beaucoup de bons jeunes chevaux qui seront bientôt prêts pour le haut niveau : de très bons huit ans que je dois préparer et j’espère me retrouver dans les plus grosses compétitions l’année prochaine. »

Vous avez quand même fait de belles performances au CSI de Windsor, n’est-ce pas ?

« J’ai cependant réalisé un très bon concours au CSI 4* de Windsor. Il arrive qu’il y ait des concours où vous ne réalisez que des classements, et Windsor a été l’un de ces concours pour moi, j’ai été très chanceux là-bas. Avoir autant de classements et de victoires est quelque chose d’excellent au niveau de la confiance en soi ainsi que pour toutes les personnes qui sont investies dans l’équipe. Beaucoup de personnes s’impliquent pour que les chevaux soient au meilleur de leur forme lorsqu’ils entrent en piste, et faire de bons résultats est vraiment une grande satisfaction et récompense pour tous les gens concernés. »

Pouvez-vous nous parler de ces jeunes chevaux ?

« Les jeunes chevaux que j’ai sont assez diversifies au niveau de l’âge, certains à la maison ont même quatre ans. Mais habituellement je les acquiers à six ou sept ans, puis les prépare et les travaille pendant un an ou deux afin de les amener à un niveau qui leur permette de concourir sur les Grands Prix. J’ai d’ailleurs une cavalière qui m’aide à travailler ces chevaux, Louise SAYWELL. Avec un peu de chance, peut-être qu’une super star se trouve dans nos écuries !

Quand on y pense, tous les très bons chevaux que j’ai pu monter, Je T’aime Flamenco ou Tinka’s Serenade, étaient présents chez moi dès leur plus jeune âge. Avec mon équipe nous avons travaillé ensemble et les avons fait évoluer et amené jusqu’aux Grands Prix 5*, et voir cela est vraiment une belle récompense quand autant d’énergie et de temps sont investis. »

Un mot sur Ardcolum Duke et Diaghilev ?

« Ardcolum Duke a été pendant de longues années un cheval incroyable pour moi : il gagne pratiquement à tous les concours auxquels il se rend. Soit, il n’est pas un cheval de Grand Prix, mais c’est un cheval gagnant sur des épreuves à 1.45m-1.50m.

Diaghilev est également un cheval qui m’est très utile, et ce à qu’importe le niveau ou l’épreuve, que ce soit dans un derby, un concours 5*, un Grand Prix, une Coupe des Nations. Il est très utile et polyvalent, je peux vraiment le monter dans tout type d’épreuve, même dans des puissances ! Il est très versatile. »

Comment va Tin Tin, que l’on n’a plus vu sous votre selle depuis Windsor ?

« Il va toujours bien, il est un peu plus âgé aujourd’hui mais il est chez moi. Ma cavalière Louise SAYWELL l’a d’ailleurs monté en championnat national en Grande-Bretagne il y a peu et il a fait une très bonne compétition, il est toujours en forme. »

Nous avons vu Romanov partir à la retraite cette année, un cheval que vous avez d’ailleurs monté. Un mot sur lui ?

« Je n’en suis en fait pas réellement le propriétaire même s’il est enregistré sous mon nom, mais je l’avais acheté pour la famille ALLEN et je l’avais en effet à la base. C’était un superbe cheval pour Bertram, il a fait son travail et il a été extraordinaire, un excellent maître d’école pour apprendre ! Ils ont été très chanceux d’avoir Romanov, en fait, nous l’avons tous été. »

Vous venez au Dublin Horse Show depuis des années, que pensez-vous du concours aujourd’hui ?

« C’est un superbe concours. Il y a énormément de soutien de la part de notre public local et je peux également voir ma famille lorsque je rentre ici en Irlande, chez moi. Je suis toujours très motive à faire de bons résultats ici. »

Quels sont vos objectifs pour la deuxième partie de l’année ?

« J’ai toujours l’objectif de retrouver le sport au plus haut niveau, mais il faut se rappeler que nous faisons un travail où nos limites sont également celles de notre cheval, il y a un moment où nous sommes aussi bons que lui l’est. C’est un peu comme de la Formule 1 en quelque sorte, tant que vous n’avez pas une voiture rapide, il est difficile de gagner. Tout se résume donc à produire le prochain cheval, le trouver et le garder afin de rester ou retourner au haut niveau, et cela a toujours été un objectif pour moi.

Je compte travailler mes jeunes chevaux de huit ans pour qu’ils commencent des plus gros concours l’année prochaine, donc peut-être que je me rendrai à quelques 2* et 3*. Pour l’instant il est donc un peu tôt pour penser au circuit Coupe du Monde. Je n’ai pas encore de chevaux qui seraient prêts pour concourir à ce niveau, donc je participerai à des concours différents durant l’hiver. »

Propos recueillis par Marie-Juliette MICHEL.

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