Connaissez-vous Zoé DARNANVILLE ? Cette jeune cavalière s’illustre maintenant à cheval depuis quatre ans. Avant cela, la Française est passée par le circuit poney, notamment avec Phierté des Auges, touchant du bout des doigts le haut niveau avec plusieurs participations à des CSIP et championnats de France As Poney Elite Excellence. Cette année, Zoé DARNANVILLE s’est notamment classée dixième du CSIU25 de La Baule, deuxième du Grand Prix au CSI 1* de Canteleu et septième du Grand Prix de Lorient, en étant pourtant la seule cavalière classée à n’avoir jamais couru de CSI 5*. De bon augure pour la suite ! Rencontre avec cette cavalière ambitieuse.

PEUX-TU te présenter ? Par qui ES-TU entourée au quotidien et comment fonctionne TON système ?

« Je m’appelle Zoé DARNANVILLE, j’ai vingt-et-un ans et je suis encore en Jeunes Cavaliers jusqu’en décembre de cette année. J’ai eu cinq chevaux cette année dont des jeunes, j’en ai retiré car maintenant je travaille chez mon père le matin, dans le commerce, et l’après-midi je monte mes chevaux. Je travaille avec Ulrich BERBEN qui est installé à cinq minutes de la maison : c’est un très bon cavalier sur le plat qui vient sur les concours avec moi pour me faire sauter. Je travaille d’ailleurs énormément sur le plat et saute très peu. Sur les concours, je connais très bien Alexandra LEDERMANN qui me donne régulièrement des conseils. »

TU Es passée par les poneys, JUSQU’AUX GRANDS PRIX avant de passer à cheval, quelle différence fais-tu entre le monde du poney et du cheval ?

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« Je suis passée à cheval trop tard, à dix-sept ans, et je n’ai pas été très bien entourée dès le départ donc je n’ai pas pu passer de poney à junior directement. De plus, je n’ai pas eu non plus les chevaux prêts pour courir ces épreuves. Ce n’est que durant la deuxième année en Jeunes Cavaliers que j’ai commencé à être performante. Le monde du poney et du cheval sont deux mondes totalement à part, la marche est vraiment haute. J’ai eu la chance de tourner à haut niveau à poney, et je suis tombée de haut lorsque je suis arrivée à cheval et que j’ai commencé par faire une épreuve à 1m avec Amelon Van De Bosrand. Mais je n’ai jamais abandonné, une fois que l’on a goûté à la veste de l’équipe de France, je pense que c’est dur de s’en séparer. Je n’avais qu’une idée en tête qui était de faire les Jeunes Cavaliers, donc j’ai tout fait pour accélérer les choses de la meilleure façon possible, mais il est certain qu’il y a une vraie différence. Cependant le monde du poney a vraiment évolué : il y a maintenant de « vrais » poneys qui sont de plus en plus compétitifs, beaucoup plus de sport et de très jolis concours. Le monde du poney est une très belle étape pour un cavalier mais il ne faut pas passer à cheval trop tardivement sinon on se prend vraiment une claque. »

Peux-tu nous parler de ton piquet de chevaux à l’heure actuelle ?

« Actuellement j’ai Amelon Van De Bosrand qui est un cheval que j’ai acheté il y a cinq ans. A l’époque, il n’avait fait que trois épreuves à 1.20m et il est donc un cheval sur qui j’ai tout fait. C’est mon cheval de tête, il est très facile à monter, très bien dressé, et toujours à l’écoute du cavalier : il est formidable ! J’apprends beaucoup avec lui, nous prenons tous les deux de l’expérience à un bon niveau. J’ai également un autre cheval de sept ans que j’ai acheté il y a un an et qui est super : il s’appelle Ambassadeur des Tess. C’est un bon cheval qui, je pense, sera la relève d’Amelon mais pour l’instant il est encore jeune dans sa tête. Il n’est pas beaucoup sorti en concours mais c’est un cheval en qui je place beaucoup d’espoirs. Ensuite j’ai deux jeunes chevaux qui sont chez mon coach, avec qui j’ai fait les cinq ans cette année, ce qui s’est d’ailleurs très bien passé. J’espère continuer avec eux et faire les six ans cette saison car il est vrai que c’est avec les jeunes chevaux que l’on apprend beaucoup. Cette expérience me formera davantage et me permettra d’acquérir de l’expérience. »

zoé darnanville cavalière

Saint-Lô, un concours IMPORTANT en tant que CAVALIère Normande ?

« Je suis très contente de faire le CSI 3* du Meeting d’Automne et de représenter la Normandie ! Je ne m’attendais pas à participer à ce concours mais je pense que mon résultat à Lorient m’a aidé de ce côté-là. Je tiens à dire que lorsque j’ai vu les engagés, je me suis demandée si j’avais vraiment ma place parmi eux. Cependant je suis très contente que Thierry POMMEL m’ait fait rentrer sur ce concours-là, Saint-Lô est toujours un très beau concours, très bien organisé avec de très bonnes pistes et d’excellents chefs de piste. »

Quels sont tes Objectifs pour 2018 ? et à plus long terme ?

« Pour la saison prochaine j’aimerais devenir plus régulière sur 1.40m – 1.45m, bien tourner sur les CSI 3*, peut-être plus. En fin de saison je ferai mon premier CSI 4*, ce dont je suis ravie ! Je sais que j’ai encore beaucoup de choses à prouver, je suis jeune et il y a énormément de Jeunes Cavaliers très performants à ce niveau. Il faudra donc que je montre que j’ai ma place sur ce niveau d’épreuves et je ferai tout pour y arriver. A long terme mon rêve est de participer aux Jeux Olympiques, mais surtout, ce serait d’obtenir une médaille. Je parlais tout à l’heure d’Alexandra LEDERMANN parce que je suis vraiment fan d’elle. Elle est la dernière cavalière française à avoir eu une médaille olympique en individuel et je rêve un jour de pouvoir prendre sa place ! Pour l’instant ce n’est qu’un rêve mais je ferai tout pour m’en approcher le plus possible. Je suis d’autant plus motivée que Paris est dorénavant ville hôte pour les Jeux de 2024 et ce serait vraiment magnifique de remporter une médaille à domicile ! Je reste malgré tout réaliste : il faut un bon piquet de chevaux, de bons sponsors et très bien s’entourer. Ce projet olympique n’est qu’un rêve pour le moment mais je vais travailler très dur pour y arriver car les places sont chères. J’apprécie d’ailleurs vraiment que l’on ait aujourd’hui la chance d’avoir des sélectionneurs qui sont très à l’écoute et qui nous laissent beaucoup d’opportunités pour accéder au haut niveau : c’est maintenant à nous de saisir notre chance. »

Seule cavalière classée dans le grand prix du grand national à lorient à ne jamais avoir couru de CSI 5*, quelle sensation CELA procure-t-il ?

« J’étais très contente, je ne m’y attendais pas ! J’ai beaucoup travaillé pour réussir mais je suis certaine que je pourrai reproduire ce scénario, c’est à moi de mettre toutes les chances de mon côté. Je me souviens d’ailleurs que lors de la reconnaissance, tout le monde recomptait ses foulées sur une ligne très compliquée, et je me suis moi-même demandée si j’en étais capable. Au final j’ai réussi et si j’ai pu me classer parmi des cavaliers de niveau 5*, c’est que j’ai peut-être ma place à haut niveau. Il suffit juste de travailler, mais j’ai encore toutes mes preuves à faire. »

ON VOIT QU’Alexandra ledermann est une cavalière que tu admires. si tu devais nous citer un cavalier, QUEL NOM NOUS DONNERAIS-TU ?

« Du côté des cavaliers, j’adore Patrice DELAVEAU qui a un peu la même orientation qu’Alexandra LEDERMANN. J’aime beaucoup nos cavaliers français en général : nous avons vraiment une bonne équipe. Du côté des cavaliers étrangers, j’adore Marcus ENHING évidemment ! Mais il faut savoir que j’admire un peu chaque cavalier, j’estime que chacun a sa petite technique et chaque technique est bonne à retenir. J’adore regarder les Grands Prix, tout analyser et bien observer, il n’y a que du bon a prendre. Mais il est vrai que j’admire particulièrement Patrice, Marcus et Alexandra, sans oublier Kevin STAUT… »

Propos recueillis par Alice BONNEMAINS.

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