Tom DELLENBACH. Si ce nom ne vous est pas encore familier, vous allez sûrement souvent entendre parler de ce cavalier originaire d’Alsace. Sacré récemment Champion de France dans la catégorie As Junior à Auvers, Tom DELLENBACH n’est pas encore majeur mais fait déjà preuve d’une détermination sans faille. Le cavalier s’était rendu au pôle hippique de Lorraine du 20 au 23 juillet pour courir le Grand National de Rosières-aux-Salines et où l’équipe de Jump’inside est partie à la rencontre de ce jeune homme très talentueux.

Tout d’abord présentes toi !

« Je suis originaire d’Obernai, près de Strasbourg en Alsace. J’ai actuellement dix-sept ans et je vais rentrer en septembre prochain en terminale scientifique dans un lycée classique. Je gère en effet mes chevaux en dehors de mes heures de cours. J’aimerais l’an prochain prendre une année sabbatique afin de partir monter dans une grosse écurie à l’étranger. La Belgique ou l’Allemagne sont deux destinations qui me font rêver et me permettraient de prendre de l’expérience et surtout faire un point sur mon projet professionnel. Cela me permettra de voir si je veux vraiment diriger ma carrière dans le domaine de l’équitation ou bien au contraire ne pas en faire mon métier. Si cette dernière hypothèse se présente, je reprendrai alors mes études. Grâce à mon Bac scientifique j’aurais toujours des portes ouvertes et je m’orienterai alors dans le domaine de l’économie.

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Contrairement à la majorité des autres cavaliers de mon âge je n’ai pas participé aux circuits poney, mais j’ai tout de même couru un peu en Children. Ensuite, j’ai commencé assez rapidement les épreuves nationales jusqu’à cette année où je suis vraiment intégré dans l’équipe des Juniors. A la maison, dans les écuries de mon père, je travaille sur le plat avec un dresseur et il m’aide beaucoup. A l’obstacle je travaille plus en autonomie et avec mon père qui a été cavalier amateur. »

Comment est composé ton piquet de chevaux ?

« Nous avons au total une trentaine de chevaux à la maison en prenant en compte les jeunes et ceux qui sont au débourrage. Nous faisons également un peu d’élevage avec notre haras, la Haras de Sainte Odile. Mon piquet à proprement parler est lui constitué d’une dizaine de chevaux de concours. Mon cheval de tête est Varenne d’Hof Ten Bos avec lequel je participe à des épreuves jusqu’à 1.45m. C’est avec lui que j’ai couru les championnats de France à Fontainebleau. Nous nous sommes classés quatrième du Grand Prix 2* de Dijon en octobre dernier. Je courais les épreuves 1.40m avec lui depuis près d’un an et je voulais essayer de courir des épreuves plus importantes. Nous avons donc essayé et même si au début cela s’est moins bien passé, nous sommes finalement parvenus à nous classer dans le Grand Prix. Maintenant je peux dire que je joue le jeu avec lui et je peux viser un classement dans les épreuves de cette catégorie-là.

Je compte aussi beaucoup sur Brussel, la jument avec qui je suis sacré champion de France As Junior à Auvers. Elle a dix ans et je l’ai lancé sur les grosses épreuves cette année où nous sommes classés sur les épreuves 1.40m. Elle a actuellement moins d’expérience, mais je pense qu’elle sera meilleure que Varenne pour l’avenir. Je peux également compter sur Opaline de Chanay avec qui j’ai participé à mes premières épreuves à 1.50m. Elle a beaucoup d’expérience et est inarrêtable ! Ensuite, j’ai plusieurs montures pour courir les épreuves à 1.35m et ceux qui sont encore en apprentissage dans la catégorie des jeunes chevaux. »

Tu as été sacré Champion de France des As Junior en juillet dernier, peux-tu revenir sur ce titre ?

« Dans mon programme, Varenne était prévu pour sauter les championnats mais j’ai finalement emmené Brussel. En effet, je voulais donner de l’expérience à ma jument et plus axer Varenne sur les plus grosses épreuves comme le Grand National. La jument a parfaitement répondu présente. Honnêtement je ne pensais pas obtenir ce titre même si je savais qu’elle allait se donner à cent-pour-cent. J’ai réussi à bien gérer la chasse en terminant deuxième sans prendre tous les risques et ensuite elle a su aligner les sans-faute jusqu’au dernier jour. Elle était même presque plus en forme sur la dernière étape que pour la première ! Je fais déjà partie du groupe France, mais avec un titre en plus c’est toujours plaisant et cela pourra m’apporter beaucoup en prouvant aux sélectionneurs le bon état de forme de mes chevaux. »

Quels sont tes objectifs à long terme ?

« Si mon année sabbatique se passe bien, je souhaiterais être cavalier pour une grosse écurie ou bien voir ce que je peux faire moi-même de mon côté. Dans tous les cas, je ne pense pas rester là où je suis en ce moment, c’est-à-dire dans les écuries familiales. »

Quel cavalier admires-tu le plus ?

« Constant VAN PAESSCHEN sans hésiter ! En plus d’être un ami, c’est un cavalier que j’admire beaucoup. C’est vraiment un modèle pour moi et ce depuis que je suis tout petit. Si je devais choisir un cavalier chez qui aller aujourd’hui ça serait naturellement chez lui. J’essaye de m’en inspirer le plus possible même si malheureusement je ne me rends pas assez souvent dans ses écuries pour prendre exemple et m’y entraîner. Pour la petite histoire, Varenne d’Hof Ten Bos vient de chez eux ! »

Peux-tu revenir sur ton concours au Grand National de Rosières-aux-Salines ?

« Le concours de Rosières-aux-Salines c’est un peu comme à la maison. Nos écuries sont vraiment proches et je viens ici depuis mes débuts en compétition. Il s’agit du gros terrain de concours qui se situe dans le nord-est de la France. Il y a des infrastructures vraiment superbes avec un manège ce qui nous permet de sortir les chevaux l’hiver. C’est vraiment un avantage de disposer de tels concours comme cela. Nous pouvons comparer le site à celui de Mâcon où beaucoup de compétitions sont organisées chaque année avec notamment le Winter Tour. Le fait que le circuit du Grand National s’arrête ici permet de proposer de belles épreuves que nous avons moins l’habitude d’avoir ici en Lorraine. Nous ne pouvons pas faire de critique négative sur le concours, l’organisation est top et nous sommes vraiment bien accueillis. »

Propos recueillis par Théo CAVIEZEL et Raphaël GARBOUJ.

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